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 [There's a magic only two can tell]

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Emma Natwick
| Elève de 5° Année |
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Livre du Personnage
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MessageSujet: [There's a magic only two can tell]   Lun 31 Mar - 22:17

There's a magic only two can tell
In the dark night
Ultra violet is a wicked spell
The stars and planets taking shape
A stolen kiss has come to late




- Et maintenant, tu sais tout.


La voix calme, douce, posée, qui a filtré à travers ses lèvres. Il l’a utilisée comme il l’utilise toujours, mais Saska a senti un écho de regret qui vient lui confirmer que, malgré ce fantôme de sourire sur ses lèvres, l’esquisse n’est là que pour rendre compte de son incapacité à complètement sourire après avoir raconté ce qu’il lui a raconté. Là, là plus que jamais, dans le silence qui se crée entre eux, elle voudrait voir ses yeux dont la couleur lui paraît toujours insaisissable après les années, après les siècles. Mais les fines mèches noires lui retombent sur le front, jusqu’à recouvrir totalement son nez : elle ne peut pas les saisir. Elle sait qu’il ne voudrait pas les voir, et ce refus ne fait qu’accentuer son désir de croiser son regard, afin de lui faire comprendre avec ses yeux que, malgré ce bandage qui s’étale sur son cou et son épaule, malgré celui qui recouvre la totalité de son avant-bras gauche, malgré sa cheville tordue, elle ne lui en veut pas. Il n’en est pas responsable, et les dégâts auraient pu être pires, la douleur aurait pu durer plus longtemps avant qu’un petit quelque chose habituel ne l’empêche de mourir, s’il n’était pas intervenu, lui, pour faire disparaître cette chose noire. Il est assis sur le lit, en travers, tandis qu’elle s’est petit à petit levée. Elle a dû dormir longtemps, durant toute une journée : la nuit s’est transformée en crépuscule, à travers les lourds rideaux pourpres qui assombrissent la pièce. Elle n’a plus mal. La douleur physique est partie, et, même : il fut un temps où sa solitude, plus profonde, constituait la pire des souffrances. Désormais, elle a quelqu’un à attendre, et elle sait que ce quelqu’un partira si elle le lui demande. Même si elle l’aime. Même s’il l’aime.

Lentement, elle bascule ses jambes sur le bord du lit avant de les laisser dévaler, en prenant bien garde que sa cheville blessée ne touche pas le sol. Il faut qu’elle anticipe : elle n’arriverait pas à cacher une douleur aussi fulgurante, et lui n’a pas à croire qu’elle a mal à cause de lui. Assise, presque comme lui, les mains posées à sa gauche pour la soutenir à mesure qu’elle regarde sa silhouette, les pieds tendues et légèrement obliques par rapport au reste de son corps. Sa tête n’est pas tournée, mais elle sait que, derrière leur rideau de mèches sombres, il la regarde. Elle sourit, comme elle sourit d’habitude en face de lui. Il n’y a pas de malentendu à avoir.

Son sentiment n’a pas changé, après les années. Une totalité concerne celle d’une partie. Qu’il lui parle de sa famille, alors qu’il avait toujours l’air de revendiquer cette autonomie, lui provoque un sentiment confus. Malgré ses frères, elle n’a pas eu de sœur. Ou, du moins, dans sa vraie famille, il n’y en avait pas : elle n’a pas appris à aimer une sœur. Peut-être aurait-elle réagi comme lui, craignant de voir qu’elle se reposerait toujours sur elle et de ne pas être à la hauteur si elle affichait un quelconque attachement. Sa famille n’était pas noble, également. Et elle, à l’heure de sa mort, avait toujours ses deux parents en vie.

Lentement, son corps glisse à son tour pour quitter les draps. Elle a minutieusement calculé ce geste, et est retombée mollement sur ses genoux, tandis que ses cheveux, en retard sur sa progression, essayent de suivre le reste de son corps. Elle sait que la menace d’un éventuel départ pèse, si jamais il décide qu’il représente un danger pour elle. Mais pourtant, elle n’a pas mal. Elle est avec lui.

Lentement, ses deux mains se posent sur son genou gauche, à lui. Elle a envie de sentir son corps à travers ses vêtements. Elle a envie de lui faire comprendre qu’elle est sincère, qu’un « Tout va bien, je suis heureuse » veut dire qu’elle ne voudrait jamais le quitter, et qu’elle l’attendra toujours, dix-sept ans après sa mort.

Lentement, sa tête se dépose sur ses mains, bouge légèrement pour se caler contre elles et le sentir. Il est là, près d’elle, encore pour deux, dans cette vie. Elle ferme les yeux et sourit, même s’il ne peut pas la voir. La chaleur de son corps suffirait à chasser tous ses cauchemars.

Lentement, elle sent une main frôler son dos pour finalement se poser contre son épaule, avec précaution, comme s’il avait peur de la briser. Ils sont réunis. Ils sont ensemble. Tout ira bien.


- Ce sont ces moments qui me manquent le plus, murmure-t-elle d’une voix qui imite, bien qu’en plus aiguë, étrangement la sienne, avec cette douceur insaisissable, comme si elle effleurait l’air de peur de faire du mal à un vieil ami.


Il comprendra. Parce qu’On-dal comprend toujours. Et elle sait que, tout comme elle, il pense à la même chose, à ce pommier, lors des premières années qu’ils ont partagées ensemble, sous ce même pommier qui avait marqué leur rencontre, celui où, lors des chauds après-midi d’été, sans que rien ne se soit encore passé entre eux, il posait sa tête sur ses genoux et qu’elle caressait ses cheveux, lentement, avec un sourire qu’elle aurait maintenant qualifiée de prémonitoire quand elle repensait aux années qu’elle avait passées depuis.

Dans cette obscurité, aucun des deux ne bougeaient, à mesure que le soleil parvenait vaillamment à faire passer ses derniers rayons dans la pièce obscure. Chacun d’eux savait que ce moment était l’un de ceux où, sans s’unir charnellement, il avait pleinement conscience de la présence de l’autre.
Comme pour beaucoup d’autres, par sa simplicité et sa franchise, le Silence avait toujours été plus doué qu’eux pour faire comprendre l’indicible.



In the moonlight
Carry on, keep romancing,
Carry on, carry on dancing


***



Samedi. Saska fut, ce matin-là, comme elle le vit rapidement sans réellement le remarquer, la dernière à se lever dans son dortoir. Elle avait encore l’impression d’être dans cette pièce sombre, près de lui, assez proche pour le touche, pour entendre son souffle régulier à défaut de battements de cœur, malgré la luminosité ambiante. Elle se souvenait. C’était l’essentiel. Et c’est ainsi que, un sourire léger mais qui irradiait de bonheur collé sur ses lèvres, Saska commença sa journée.

Mais, sans atteindre l’euphorie, elle réalisa néanmoins assez vite qu’elle n’avait pas pleine conscience de ses mouvements, sans vraiment s’en alarmer pour autant. Son pied gauche resta dans ses couvertures alors qu’elle tentait de se lever, et elle chut légèrement en emportant un drap avec elle, retombant bien plus violemment que dans son souvenir sur ses genoux. Elle n’estima pas la distance de ses vêtements dans l’armoire, et en laissa retomber une bonne pile qu’elle rangea négligemment, plus ou moins pliés, parmi leurs semblables. Le savon lui échappa plusieurs fois des mains lorsqu’elle prit sa douche, et elle mit dans un premier temps sa chemise blanche à l’envers. Quelque part, même les yeux ouverts, son esprit restait dans la chaleur douce de cette pièce sombre, là où il n’y avait plus à se soucier de rien à part la présence de l’autre. Même en sortant des dortoirs, elle aurait été bien incapable de dire qui elle venait de croiser sur son chemin.

Elle sentait son esprit plus léger que son corps, un peu comme une enfant qui vient de découvrir le premier baiser contre les lèvres de la personne qu’elle a apprise à aimer. Cet état allègre faisait doucement sourire une partie d’elle-même, plus adulte : d’une part, elle était submergée par une innocence et un bonheur tout enfantin, de l’autre, cette humeur rendait le monde plus flou et plus agréable. Elle avait l’impression qu’On-dal était là, à l’attendre à quelques mètres d’elle, même si la voix plus adulte parvenait à se faire entendre lorsqu’elle lui rappelait qu’il restait encore plusieurs mois avant leurs retrouvailles.

Ce fut probablement à cause de cet état que, en haut de l’escalier qui menait à tour d’astronomie – Saska ignorait pourquoi elle voulait s’y rendre, et doutait même de le vouloir réellement, mais ses pas l’avaient guidée là comme si elle devait s’y rendre, et ça n’était pas non plus comme si elle avait autre chose à faire ou la conscience suffisante pour estimer avoir autre chose à faire –, un de ses pieds (là plus que jamais, d’instinct, elle n’avait pas mis de chaussures) se posa sur l’extrémité de la jupe bleue pâle qu’elle avait enfilée. Sa main posée sur la rambarde ne lui procura pas le moindre appui. Une nouvelle fois, Saska chut, et, cette fois encore, sans réelle douleur. Elle était en haut des marches, avait été entraînée vers l’avant. Ses genoux se posèrent juste un peu précipitamment sur la pierre, son bras glissant le long des barres ornées qui finissaient l’escalier pour se poser à côté d’elle.

Elle se sentait, et sentait qu’elle respirait. C’était déjà mieux que de ne plus avoir conscience de soi.




In the moonlight
Carry on, keep romancing,
Carry on, carry on dancing




***
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