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 Fumée et rêves...[Libre]

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Lux Lysbon
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MessageSujet: Fumée et rêves...[Libre]   Mer 27 Fév - 16:41

Lux tira une longue bouffée de sa cigarette, avant de souffler la fumée vers le ciel, en faisant un rond avec sa bouche. Elle repoussa ses cheveux blonds derrière ses oreilles en regardant d'un air vaguement intéressé les nuages qui flottaient au-dessus de sa tête.
La jeune fille se trouvait assise, au pied d'un arbre, le dos appuyé contre le tronc, dans le parc de l'école. C'était un de ses lieux favoris : elle pouvait fumer tranquillement, sans risquer (ou presque) de se faire prendre.
Elle laissa la main qui ne tenait pas la cigarette traîner dans l'herbe, tout en fermant les yeux à demi. Puis, dans un sursaut de lucidité, elle se redressa un peu et fourra sa main dans la poche de son jean noir pour en retirer un papier tout froissé. Lux, tenant toujours sa clope de l'autre main, déplia le papier et le lissa maladroitement avec ses doigts engourdis. Puis elle se mit à le lire, pour ce qui lui parut être la centième fois depuis le début de la journée :

"Ma chérie,
J'espère que tout se passe bien à ton école, et que tu travailles d'une manière irréprochable. J'espère également pouvoir être fière de toi lorsque tu rentreras à la maison pour les vacances d'été."

Lux inspira une bouffée de fumée, sans la relâcher, et continua à lire. Le changement d'humeur qui était intervenu en elle ne se voyait presque pas, excepté si l'on remarquait sa bouche légèrement crispée.

"Ici, tout se passe bien, tes frères et soeurs ont tous fait d'excellents trimestres et ton père et moi sommes extrêmement satisfaits."

Toujours sans relâcher la fumée qu'elle maintenait dans sa bouche, Lux colla sa cigarette et inspira une autre bouffée.

"J'ai reçu une lettre de ton école m'informant que du tabac circulait dans l'établissement, et que les parents se devaient d'être vigilants. Je t'interdis de toucher à une de ces substances, et, si tu avais connaissance d'élèves qui en prendraient, j'espère de tout coeur que tu irais les dénoncer."

Une signature, et la lettre se finissait sur ces mots. C'en était trop ! Lux émit un petit rire ironique, expirant par là la fumée de sa clope. Sa mère croyait vraiment au Père Noël.
Elle allait replier le petit papier lorqu'elle s'aperçut que dans un coin, quelques mots avaient été griffonné d'une écriture précipitée :

"Maman croit vraiment au Père Noël. On t'embrasse tous. Mattew."

Lux sourit, le coeur soudain un peu plus léger. Mais elle n'eut pas le temps de se réjouir plus, car quelqu'un arriva sans qu'elle l'eut entendu...
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Ebony Brooks
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MessageSujet: Re: Fumée et rêves...[Libre]   Sam 1 Mar - 19:29

[Si, moi... ça ira ?]

Le parc... Elle le trouvait presque appréciable, aujourd'hui. Comme si elle se faisait enfin à l'Angleterre, peut-être. Ah, se faire à l'Angleterre... Ce n'était pas son plus gros problème, n'est-ce pas ? Peut-être qu'elle se faisait enfin à continuer à vivre comme avant, voilà tout. Sans ce poids bizarre qui la hantait depuis l'accident. Peut-être n'était-ce pas une mauvaise idée, de se choisir un avenir dans le professorat. Elle s'était plusieurs fois posé la question, depuis son arrivée, mais le besoin de se sentir utile, et aussi d'avoir un emploi du temps cadré, faisait de cette orientation quelque chose qu'elle considérait de plus en plus comme une réussite.

Autant dire qu'elle était bien. Sans compter que c'était un de ces jours de soleil, le genre de moments où l'on pouvait encore flaner dehors sans manteau, avec juste sa tunique de lin teintée d'orange qu'elle avait ce jour-là, accompagnée de la jupe de jean à la fois droite et large, et de ses chaussures-sabots à semelles de bois. Elle frissonait à peine, de ces frissons qu'on savourerait presque comme les derniers autorisés avant d'avoir à recourir aux vêtements chauds.

Et elle marchait dans ce parc, savourant l'automne Européen avec une curiosité nouvelle : elle qui rejetait jusque-là les changements radicaux de saison qu'on subissait au nord, elle se surprenait à apprécier presque cette saison dont elle n'avait pas l'habitude. Elle tangait sur ses chaussures et au gré des bourrasques. Une odeur de tabac. Pas de ces odeurs de tabac froid désagréables, non, une odeur de fumée chaude, qu'elle suivit plus ou moins consciemment. Elle n'était d'ailleurs pas vraiment consciente qu'elle la sentait, et se contentait de l'apprécier depuis un coin égaré de son cerveau.

Elle arriva près de l'arbre, et reconnut une élève au pied de celui-ci.

"Eh bien, deary, je ne savais pas qu'il était permis de fumer dans cette école."

C'était vrai, elle ne savait pas s'il était permis de le faire ou non. Elle se demanda vaguement si elle devrait prendre des mesures, en tant que professeur, c'était sûrement ce qu'on attendait d'elle, après tout. Elle ne tenait pas particulièrement à se faire mal voir du directeur... Cependant, elle ne pouvait guère en vouloir à la pauvre enfant, n'était pas en mesure de lui repprocher quoique ce soit, et elle aurait l'air maligne, si elle la dénonçait à une autorité supérieure et s'avérait qu'il n'y avait absolument aucun délit.

Elle choisit donc de sourire, pas spécialement à la jeune fille, plutôt au parc, à l'air, au soleil qui déclinait, à ce qui l'entourait, en somme.

"Tu en aurais une pour moi ?", demanda-t-elle au bout d'un moment.
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Lux Lysbon
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MessageSujet: Re: Fumée et rêves...[Libre]   Dim 2 Mar - 15:18

[C'est parfait, au contraire ! Merci =) ]

Lux fit une grimace en voyant que la personne qui approchait était un professeur. *ça tombe toujours sur moi*, pensa-t-elle dans un accès de mauvaise humeur. Comment avait-elle fait pour marcher aussi doucement, sans que Lux ne l'entende ? D'habitude, la jeune fille se vantait d'avoir toujours les sens en alerte, afin de repérer des éventuels bruits de pas. Pas cette fois. La lecture de la lettre l'avait désorientée, sans aucun doute. Elle rangea celle-ci dans sa poche et tenta aussi de dissimuler sa cigarette - qui se réduisait maintenant à un petit bout calciné - mais il était trop tard, la femme qui se trouvait devant elle l'avait vu, cela se voyait sur son visage. D'ailleurs, la prof' - qui était inconnue au bataillon - lui posa directement une question qui n'en était pas une :

Citation :
"Eh bien, deary, je ne savais pas qu'il était permis de fumer dans cette école."

Lux chercha tout d'abord un sens caché dans la phrase, un trait d'ironie, un humour mal placé, mais le ton sur lequel la femme avait parlé démontrait clairement que ce n'était pas ironique, et qu'elle se le demandait vraiment. Alors, après quelques secondes d'hésitation, Lux répondit :

"Moi non plus."

Tant pis si cette réponse était jugée trop insolente ; de toute façon, ça ne pouvait pas être pire. Et puis cette prof' ne semblait pas tout à fait comme ceux qu'elle avait l'habitude de côtoyer en cours. Sa pensée se confirma et sa surprise s'accrut lorsque la jeune femme lui dit :

Citation :
"Tu en aurais une pour moi ?"

Sous le coup de l'étonnement, Lux bougea légèrement et elle s'érafla la peau du dos contre le tronc d'arbre.

"Pardon ?" fit-elle, même si elle avait très bien compris.

Sans attendre la réponse, elle écrasa sa clope finie dans l'herbe, fouilla dans sa poche et en extirpa son paquet de cigarettes : elle en sortit deux, en tendit une à la prof' et garda l'autre pour elle. Décidément, cette femme commençait à lui plaire. Elle avait pour l'heure un sourire absent sur les lèvres, et Lux put l'observer à loisir. La peau noire, des vêtements confortables et colorés...En plus elle avait du goût. De plus en plus intéressée, Lux lui demanda :

"Je ne vous ai jamais vu à Poudlard. Vous êtes là depuis combien de temps ? Et vous enseignez quoi ?"

*Si elle est prof'*, pensa Lux qui commençait à en douter sérieusement. Elle alluma sa clope avec un briquet minuscule - la flemme de se servir de sa baguette magique xD - avant de le tendre à sa compagne. Lux se sentait étrangement sereine ici, malgré le fait qu'elle pouvait être punie à tout moment si la professeur décidait de le faire. Bah...cela devait bien arriver un jour. Elle avait peut-être trop joué avec le feu - sans mauvais jeu de mots. Cependant, une enseignante qui demandait une cigarette à une élève qu'elle avait surpris en train de fumer, si elle avait un tant soi peu de bon sens, ne la punirait pas. Mais nous étions à Poudlard. Et à Poudlard, tout était possible.
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Ebony Brooks
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MessageSujet: Re: Fumée et rêves...[Libre]   Dim 2 Mar - 21:11

Elle ne fit pas de commentaire aux diverses réactions de la jeune élève. Elle faillit répéter ce qu'elle avait dit, ayant eu peur d'avoir parlé trop bas, ou pas assez fort, lorsque l'autre lui demanda 'pardon ?', mais la gamine s'exécutait déjà. Apparemment, elle la surprenait. Au lieu d'y faire attention plus longtemps, elle se saisit de la cigarette qu'on lui tendait, et s'assit dans l'herbe, les jambes repliées sur le côté, près de la fille, non loin de l'arbre. Est-ce qu'elle la dérangeait ? Apparemment pas, puisque l'autre entama la conversation.

"Depuis la rentrée", expliqua Ebony avec un sourire. "Et ma matière, c'est la géographie magique. Tentant, hein ?"

Elle lâcha un sourire à cette remarque, elle avait l'habitude de ce à quoi elle devait s'attendre : il ne s'agissait certainement pas de la matière qui excitait le plus les élèves, en général. Dans l'absolu, ils pensaient que ça ne servait pas à grand'chose, pas autant que de connaître de bons sortilèges, ou les bases de la métamorphose. Bien sûr, elle ne pouvait guère les détromper là-dessus sinon que, lorsqu'on voulait, plus tard, travailler par exemple au ministère, beaucoup de postes exigeaient un bon ASPIC dans cette matière. Et puis, ils cherchaient toujours ça, l'utile. Alors que les connaissances, c'était bien aussi, sans chercher à toujours vouloir voir plus rien. Tu parles d'une hypocrisie, venant de la part d'une fille dont le but principal était de gagner assez d'argent pour acheter un jour une maison et le nécessaire qui allait avec, dont, bien sûr, une vie de classe moyenne supérieure, si possible. L'utile, elle le cherchait aussi. Enseignante en géographie, elle ne voyait pas vraiment ça comme une vocation, il fallait bien le dire. Finalement, les élèves n'avaient peut-être pas complètement tort.

Autre bouffée. Avale la fumée, expire. Ca faisait longtemps. Depuis qu'elle avait mis les pieds dans cette école, en fait. Elle s'était senti le devoir de se comporter en bonne petite fille, et de se débarrasser de ses quelques travers : la cigarette, les hommes. Bon, l'alcool, elle n'avait pas vraiment réussi. Pas qu'elle soit alcoolique, non, si elle cachait une ou deux bouteilles sous son lit, c'était juste parce qu'elle ne voulait pas que quelqu'un de Poudlard les trouve. Elle n'avait aucun problème de ce côté-là. Enfin, peu importait, d'ailleurs, elle s'était donc sentie la responsabilité de devoir arrêter de déraper un peu à gauche, un peu à droite. Mais là, le parc s'étendait jusqu'au château, loin, très loin, le soleil se couchait doucement, l'air se rafraichissait au même rythme. Elle avait bien droit à un petit plaisir, de temps en temps.

Un craquement de brindille. L'autre venait de se rasseoir dans une position différente. Elle avait presque fait abstraction de sa présence, concentrée qu'elle était sur le cylindre de tabac.

"Ah oui, je suis Ebony Brooks. Enfin... Miss Brooks, pour les élèves."

Et toi ? C'était la question qui suivait, en toute logique. Elle se posa un instant, histoire d'admirer l'habitude des conversations humaines, qui faisait qu'elle n'avait même pas besoin d'ajouter ces deux mots pour se voir fournir une réponse, normalement. L'habitude de la conversation humaine, tu parles, comme si elle y était habituée. Si elle y avait été habituée, elle aurait trouvé plus long à dire que son nom et son métier. Ah oui, il restait encore son âge. Mais non, pas tout d'un coup, autant garder un peu des informations croustillantes pour la suite, ne pas tout décharger d'un coup.
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MessageSujet: Re: Fumée et rêves...[Libre]   Dim 9 Mar - 21:39

[Désolée du retard -_-' En semaine, je n'ai pas beaucoup de temps]

Lux écouta vaguement la réponse de l'enseignante, le cerveau embué par la fumée. Il lui fallut quelques instants pour intégrer ce qu'elle venait de dire, et un temps encore plus long pour répondre :

"C'est pour ça que je ne vous avais jamais vu. Géographie magique ? J'ai jamais pratiqué cette matière...Je n'en ai même jamais entendu parler."

Elle ajouta, sous le coup d'une impulsion soudaine :

"Peut-être qu'un jour, je m'y inscrirai. J'ai pas mal de trous dans mon emploi du temps, et souvent, je m'ennuie à ces heures-là."

Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle parlait aussi facilement avec une parfaite inconnue, prof' de surcroit. D'habitude, elle aurait envoyé balader la personne. Mais pas cette fois. A cause de la solitude ? De la fumée qui lui envahissait la tête ? De la fatigue ? De la lassitude ? Tout cela à la fois, peut-être. Ou peut-être simplement parce qu'elle n'avait pas parlé avec quelqu'un pour de vrai depuis très longtemps, et que cela lui manquait. Comme lui manquait ses frères et soeurs. Son père. Mais pas sa mère, bien sûr.
Allons, allons. Il ne fallait pas divaguer là-dessus. Observant le soleil rougeoyant à l'horizon, Lux tira sur sa cigarette et changea de position, afin d'être plus confortablement installée. A ce moment-là, la prof' reparla, et Lux se concentra sur ses paroles, pour ne pas en manquer une miette, et ne pas savoir quoi répondre après.

Citation :
"Ah oui, je suis Ebony Brooks. Enfin... Miss Brooks, pour les élèves."

"Enchantée", dit la jeune fille, qui apprécia de pouvoir mettre un nom sur la femme. "Moi, c'est Lux Lysbon. La plupart du temps, on me surnomme Luxie. Mais si Lux vous convient...ou même Melle Lysbon..."

Elle se tut, consciente de s'embrouiller complètement. Tirant sur sa clope pour ne pas perdre contenance - encore quelque chose d'étrange, car elle perdait rarement contenance -, elle préféra changer de sujet :

"Vous venez d'où ? Vous vous plaisez dans cette école ?"

Elle songea qu'elle était trop indiscrète, mais si cela la gênait, Miss Brooks n'était pas obligée de répondre. Elle ne lui en voudrait pas.
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Ebony Brooks
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MessageSujet: Re: Fumée et rêves...[Libre]   Lun 10 Mar - 21:52

[Aucun problème, je suis bien placée pour comprendre ^^]

"N'hésite pas, surtout, je prends tous les volontaires", répondit Bony à la première remarque de la fille.

Lux, elle s'appelait. Un prénom lumineux, c'était le moins qu'on puisse en penser. La lumière, donc, contre le noir de l'ébène. Elle sourit en pensant à l'image que ça lui suggérait. Etait-ce la fumée, qui laissait vagabonder son esprit de la sorte ? Il y avait longtemps qu'elle n'avait pas touché à une cigarette, et c'était toujours comme ça, quand elle reprenait après plusieurs semaines. Une légère sensation de tournis, des pensées qui semblaient se délier les unes après les autres, s'entrelacer, se poursuivre, couler elle-même.

Elle s'amusa à former des ronds de ses lèvres entraînées, tout en s'attardant sur les images coloniales qu'elle avait en tête, une fenêtre s'ouvrant sur la jaune chaleur de l'extérieur, l'air parfumé de sucre, de la banane, de la vanille, de la mangue, des draps de lin lourd sur le baldaquin du lit, des armoires à barreaux légers, le tout dans un bois aussi noir que l'était son prénom, éclairé par la lumière humide arrivant de l'extérieur, toutes portes et fenêtres ouvertes. Elle n'avait jamais connu les Antilles, mais c'était comme ça qu'elle en voyait les scènes d'intérieur. A l'extérieur, bien sûr, c'était un peu différent. Les champs de canne à sucre, le volcan de rigueur en fond, le ciel bleu, les plages de sable noir, les robes des jeunes maîtresses, et ses propres ancêtres travaillant jusqu'à la mort sur ses îles dont le paradis cachait l'horreur.

En tant que personne qui aimait le luxe, qui aimait le sucre, la chaleur, les plages de cette sorte, les grands bâtiments coloniaux, elle ne pouvait que prêter une attention éblouie à toutes ces scènes qui ressemblaient à des rêves d'une autre époque. Ils étaient d'une autre époque, en même temps. D'un autre côté, elle était aussi, et ce paradoxe faisait partie de ceux qui la formaient, la taraudaient et la gênaient, elle était aussi, donc, partisane de toute égalité, de démocratie, de méritocratie, certes, mais de possibilités d'élévation, et elle devait, au nom de tout ça, mépriser ce commerce des hommes, cette façon de tellement vouloir briller, illuminer le reste du monde, que l'on en ignorait, tuait, achevait les parties plus sombres, jusqu'à considérer l'inhumanité comme partie intégrante du paradis.

Vous venez d'où ? Vous vous plaisez dans cette école ?

Les champs de canne à sucre s'évaporèrent à ces mots, laissant place à cette sorte de beauté qu'elle comprenait, certes, mais n'intégrait pas, de l'automne anglais, du château austère, froid, des couleurs sombres, passées, du parc qui les entouraient. Ici, le sombre et la lumière se mélangeaient. L'ébène n'existait pas, ici. A l'extérieur, le soleil brillait d'une façon presque terne, intégrant le foncé en lui. Ce n'était pas ce qu'elle aimait. Les mélanges, elle n'aimait pas trop ça. Même si elle en était un, de mélange. Mais ça, elle l'avait toujours refusé. Elle savait qu'elle avait une part blanche, en elle, mais elle l'avait toujours repoussée, comme quelque chose dont elle aurait dû avoir honte, même si ce n'était pas vraiment le cas.

Repenser à ça, à ses dilemmes adolescents, lui rappela la maison. Et la question, par la même occasion.

"San Francisco, Californie", répondit-elle au bout d'un moment.

Là-bas, pour le coup, c'était un sacré mélange. La Californie, c'était plein de défauts, le système de santé était l'un des plus défaillants des Etats-Unis, le taux de crime était à son comble, et les plus riches et les plus pauvres s'y côtoyaient au quotidien. Et en même temps, c'était un exemple de tolérance, toutes les ethnies y étaient représentées dans des pourcentages respectables, et on pouvait y être heureux. Elle y avait été très heureuse. Ca n'empâchait pas les drames, ça. On pouvait être heureux, et il y avait toujours quelque chose, un morceau d'ébène qui venait gâcher la lumière. Sauf que bien sûr, l'ébène, ça n'absorbait pas la lumière : ça la reflétait, ça la mettait en valeur. Peut-être que les taches de malheur au milieu du bonheur n'étaient là que pour mettre en valeur le reste. Ouais. Fin, il y avait des trucs, quand même, on s'en serait bien passé, de leur reflet.

"Ben... Disons que c'est très différent, ici. J'ai du mal, avec l'Europe. Je sais bien que mon boulot, c'est d'étudier les différentes cultures et tout... Mais les vivre au quotidien, c'est autre chose. Il y a quelque chose de beaucoup plus fermé, ici. Comme si l'entière totalité du pays était sous un voile, tu vois ? Et vous, vous êtes habituée à voir à travers, parce que vous avez grandi dedans, vous connaissez les règles tacites. Moi, j'ai du mal. Je ne dis pas qu'on n'a pas de codes de l'autre côté de l'Atlantique, on en a sûrement, mais moi, c'est pareil, comme j'ai grandi dedans, je ne les vois pas, c'est ceux-là, que je connais. Ce ne sont pas les mêmes."

Est-ce que ce qu'elle disait avait même un sens ? Il était toujours difficile d'exprimer cette impression qu'on était un peu larguée. Dépaysée était le mot. C'était exactement ce qu'il voulait dire : dé-paysée. Enlevée à un pays, désadaptée à celui-ci. Est-ce qu'on pouvait être re-paysée, au bout d'un moment ? S'adapter au nouveau pays, justement. Ce n'était peut-être pas un hasard, si, cette fois, le mot n'existait pas.

Elle soupira, se demandant vaguement si elle avait fait une bêtise. A la maison, Oprah, sa grand-mère, et Tina, maintenant, avaient toujours privilegié la franchise dans l'éducation. Que l'éducateur arrive avec ses faiblesses et les débale, et se confie, et montre à l'éduqué qu'il n'avait pas toutes les solutions, et attende que celui-ci lui apporte autant que lui-même était censé lui apporter. Mais peut-être qu'elle n'aurait pas dû. Peut-être qu'elle ne devrait pas parler comme ça, elle. Le moindre bout de toi-même que tu donnes aux élèves, ils le boufferont, ils le rongeront, ils le détruiront, et ensuite tu n'auras plus rien, plus rien de vraiment à toi. C'était comme avec les journalistes, et comme avec les groupies. On disait toujours ça. Et elle, elle n'avait jamais appris. L'expérience lui faisait prendre des décisions, auxquelles elle ne se tenait jamais. Autant continuer, hein.

"Si tu veux, je sais pas. Je pense que des parties de mon pays me paraîtraient bizarre, aussi, si j'y allais. J'ai vécu dans un espèce de joyeux bordel, jusque-là, à la maison, quand j'étais petite, et même après... Enfin bien sûr, à l'école à Salem, c'était plus organisé, mais les relations entre les gens n'étaient pas les mêmes. Peut-être que c'était aussi parce que j'étais une gamine, on a plus de facilités, quand on est plus jeunes. En tant qu'adulte, c'est difficile de se lier avec qui que ce soit. On reste des inconnus pendant des mois, j'ai l'impression. Moi, j'ai pas trop l'habitude. J'ai quatre amis très proches avec qui j'ai un peu passé ma vie jusque-là, ça me fait bizarre d'être séparée d'eux et de devoir me débrouiller toute seule... Pff, tu dois me trouver vraiment pitoyable. C'est pas très malin, pour une prof, de confier ses doutes à une éventuelle future élève."
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MessageSujet: Re: Fumée et rêves...[Libre]   Mer 19 Mar - 19:34

[Je finis toujours par répondre...même si je mets du temps :s Mais normalement, à partir de la semaine prochaine, ça ira mieux >< Encore désolée...En tous cas, je trouve ton dernier post génial *_* Je vais essayer de faire aussi bien - dur dur]

A la réponse de Miss Brooks, qui l'incitait à venir à son cours, Lux se promit qu'elle irait jeter un coup d'oeil, dès qu'elle le pourrait. Elle avait l'impression que des cours dispensés par cette prof' ne pouvait être qu'intéressants. Ce n'était pourtant pas dans les habitudes de Lux d'apprécier les instits', voire même les adultes en général. Le plus souvent, elle les évitait, les fuyait, comme si elle fuyait sa mère en quelque sorte. On en revenait toujours à cet éternel problème...

Ebony Brooks...Si le nom de Lux pouvait paraître lumineux, celui de la prof' évoquait pour la jeune fille des contrées lointaines, des continents chauds et secs, des déserts aux quelques oasis éparpillées, le soleil brûlant sur les plantations de cannes à sucre...Impressionnant comme un prénom pouvait en dire long sur la personne qui le portait. Et le nom...Le nom lui semblait étrange, ne collait pas avec la vision que lui avait inspiré le prénom. "Brooks" faisait austère, bien anglais, droit, figé, comme le sien. Un nom à l'image de sa ville, de son quartier, de sa maison...Villa affectueuse qui s'était changée au fil des années en un temple raide et froid, mais traversée de joies fugaces ; elle était finalement à l'image des personnes qui s'y trouvaient : sa mère, immobile telle un iceberg aux cheveux gris, son père, homme fatigué qui faisait tout pour rendre la vie facile à ses enfants et à sa femme, et ses soeurs et son frère, tâches de couleurs floues (durant les années scolaire passées à Poudlard, Lux avait tendance à oublier les visages des membres de sa famille) qui attendaient (espérait-elle) impatiemment son retour chaque été.

La jeune fille tira sur sa cigarette. Trois clopes par jour, c'était une règle. Pas une de plus, pas une de moins. Elle savourait toujours ce moment, où ses pensées s'élevaient et s'évaporaient en même temps que la fumée. Rarement accompagnée (exceptionnellement sinon, par des camarades désireux de goûter à la "fumée des Moldus" comme ils disaient), elle choisissait un coin tranquille et grillaient ses cigarettes.

Citation :
"San Francisco, Californie"

La réponse de Miss Brooks la fit sortir du chemin pour le moins tortueux de ses pensées. Cela la surprit également, puisqu'elle s'était imaginée que la prof' venait d'un pays du Sud, à cause de la couleur de sa peau et de son prénom. Au moins, le pourquoi de son nom s'expliquait..."Brooks" faisait aussi très américain. Mais déjà la prof' de Géographie magique répondait à sa deuxième question. Lux lui accorda toute son attention, étant curieuse de savoir ce qu'elle pensait de l'Angleterre, tellement différente de la Californie.


Citation :
"Ben... Disons que c'est très différent, ici. J'ai du mal, avec l'Europe. Je sais bien que mon boulot, c'est d'étudier les différentes cultures et tout... Mais les vivre au quotidien, c'est autre chose. Il y a quelque chose de beaucoup plus fermé, ici. Comme si l'entière totalité du pays était sous un voile, tu vois ? Et vous, vous êtes habituée à voir à travers, parce que vous avez grandi dedans, vous connaissez les règles tacites. Moi, j'ai du mal. Je ne dis pas qu'on n'a pas de codes de l'autre côté de l'Atlantique, on en a sûrement, mais moi, c'est pareil, comme j'ai grandi dedans, je ne les vois pas, c'est ceux-là, que je connais. Ce ne sont pas les mêmes."

Bizarrement, Lux comprenait. Elle comprenait le dépaysement total qu'elle ressentait, l'impression d'être arrivée dans un autre monde. Lux n'avait jamais voyagé - sa mère avait trop peur - mais elle avait eu les mêmes sentiments que Miss Brooks.

"J'ai ressenti la même chose que vous lorsque je suis arrivée à Poudlard, en première année. Tout le monde se comportait comme si la magie était une chose aussi naturelle que de respirer, mais moi j'avais du mal à m'intégrer, à comprendre les règles d'un monde qui m'était totalement étranger quelques semaines auparavant. Il m'avait semblé que toutes les personnes présentes partageait un secret, et que j'étais la seule à ne pas être au courant. ça m'a énervée, et j'ai bossé comme une folle pour tout apprendre et ne plus rester à l'écart."

Lux s'interrompit pour tirer une bouffée, et ajouta d'un ton qu'elle voulait désinvolte :

"Un mois plus tard, je ne m'étonnais plus de rien. Quand je suis rentrée chez moi pendant les vacances d'été suivantes, j'ai été étonnée de tous ces gens qui vivaient sans magie. Ma mère a fait une drôle de tête lorsque je lui ai dis que, lorsque j'aurais dix-sept ans, je serai majeure et je pourrai transplaner d'un espace à un autre. Je crois qu'elle ne l'a jamais digéré," ajouta-t-elle avec un sourire ironique. "Pour revenir à vous," se reprit-elle, "je pense qu'il faut un peu de temps à chacun pour accepter le pays dans lequel on vit. ça viendra pour vous aussi."

Citation :
"Si tu veux, je sais pas. Je pense que des parties de mon pays me paraîtraient bizarre, aussi, si j'y allais. J'ai vécu dans un espèce de joyeux bordel, jusque-là, à la maison, quand j'étais petite, et même après... Enfin bien sûr, à l'école à Salem, c'était plus organisé, mais les relations entre les gens n'étaient pas les mêmes. Peut-être que c'était aussi parce que j'étais une gamine, on a plus de facilités, quand on est plus jeunes. En tant qu'adulte, c'est difficile de se lier avec qui que ce soit. On reste des inconnus pendant des mois, j'ai l'impression. Moi, j'ai pas trop l'habitude. J'ai quatre amis très proches avec qui j'ai un peu passé ma vie jusque-là, ça me fait bizarre d'être séparée d'eux et de devoir me débrouiller toute seule... Pff, tu dois me trouver vraiment pitoyable. C'est pas très malin, pour une prof, de confier ses doutes à une éventuelle future élève."

Lux acquieça d'un signe de tête à ce que disait Miss Brooks. Elle n'avait certainement eu le même parcours, mais elles avaient ressenti les mêmes sentiments à des moments donnés de leurs vies respectives. La jeune fille -elle n'aurait jamais pensé un jour se trouver dans une telle situation - se sentait touchée par les confidences de cette presque inconnue, prof' de surcroit. Et puisque c'était le soir du grand déballage, autant qu'elle parle d'elle aussi. Un petit peu. Elle en avait besoin. A trop vouloir se replier sur elle-même, elle en avait presque oublié les petits bonheurs que peut procurer une conversation au coucher du soleil.

"Vous inquiétez pas, je ne suis pas du genre à répéter ce qu'on me confie. (parce qu'elle avait l'habitude qu'on lui confie des choses ?) Personne ne voudrait les entendre de toute façon, puisque apparemment, certains élèves ont peur de moi - allez savoir pourquoi, je ne mords pas - et les autres ne s'intéressent pas à ma personne. Et comme je suis née de parents Moldus, ça n'arrange rien..."

Par ailleurs, je m'en accommode parfaitement, voulut-elle ajouter, mais elle se tut, de peur de passer pour une fille associable.

"Moi aussi, quand j'ai quitté ma maison pour venir ici, ça m'a un peu chamboulée. J'ai trois soeurs et un frère que j'aime beaucoup, et ils me manquent. Mon père aussi."

Voilà qu'elle devenait sentimentale. La fumée sans doute.

"Peut-être que vous devriez essayer de sortir avec les autres profs', vos collègues quoi. Il doit y en avoir au moins un ou une de sympa, non ? J'ai fait ça, moi, et j'avais deux très bons amis jusqu'à il y a deux ans, quand ils sont partis avec leurs familles pour aller s'installer ailleurs. Pas de chance, hein ?"ajouta-t-elle, juste pour que Miss Brooks puisse répondre.
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