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 [PV] En attendant Dudu

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Alann Colder
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Localisation : Une carcasse fumante au fond de la forêt ? Je ne suis pas bien loin.
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MessageSujet: [PV] En attendant Dudu   Mer 2 Jan - 3:59

Plus un bruit ne se faisait entendre aux alentours de la Forêt tandis que le soleil, fatigué, entamait doucement sa descente vers d'autres cieux. Le soir était là, l'heure du couvre-feu approchait, les habitants du château retournaient dans leurs quartiers après un copieux repas, tenant leur ventre bedonnant, satisfait et repus. Alann, lui, n'avait pas mangé ce soir. Il avait parcouru la forêt, bien sûr, comme toujours, mais aucune proie facile ne s'était présentée et il n'avait pas eu la force d'en chercher lui même. Ses soucis en cet instant portaient sur tout autre chose que le repas du soir, et son esprit en était tellement obnubilé qu'il n'avait qu'à peine profité de cette balade crépusculaire, qu'il aimait pourtant mieux que toutes les autres.

Alann était stressé. Alann était pressé. Il avait mis fin à ses gambades bien plus rapidement que d'ordinaire afin de rentrer plus tôt. Le museau frémissant, le poil dressé, les yeux luisants et le souffle saccadé, il avait couru entre les troncs comme s'il eût été poursuivi par le diable, peu soucieux des branches et des ronces qui malmenaient sa chair et que dans sa course folle il ne pouvait éviter. Il s'était retrouvé tout essouflé à l'orée de la Forêt Maudite, mais la force et la vitesse peu ordinaires avec lesquelles battait son coeur n'étaient pas entièrement dues à cette précipitation. Il était resté un instant à la limite du Parc, accroupi, profitant de l'obscurité naissante pour demeurer sous sa forme animale sans crainte d'être aperçu, et pouvant ainsi tendre une oreille plus aiguisée aux bruits environnants, détailler avec plus de précision les ténèbres mâtinées. Mais ses sens en éveil n'avaient rien pu détecter, et il s'était résolu à retourner à sa forme humaine. Même ainsi, il était pourtant demeuré un temps au même endroit, appuyé contre un tronc sec à reprendre son souffle. Puis il s'était décidé à quitter enfin totalement la forêt, et il avait retiré ses bottes avant de rejoindre sa cabane d'un pas léger.

Et le voilà à présent qui attendait dans sa cahutte, rongé d'angoisse et d'impatience mêlées. Il était encore tôt, il le savait, l'heure du rendez-vous n'était pas encore là, mais il ne pouvait s'empêcher d'anticiper. C'est qu'il l'attendait, cette rencontre ; voilà un moment qu'elle était la seule chose présente à son esprit, qu'elle lui faisait oublier tout le reste, qu'il ne dormait plus que d'un sommeil agité et ne rêvait plus que d'elle. Car cette rencontre n'était pas commune : il devait revoir, après de longs mois sans s'être vus, la personne qui comptait la plus au monde à ses yeux, et pour qui ses sentiments étaient à la fois si forts et si tortueux que nulle description ne leur correspondrait jamais vraiment. Duan avait été accepté à Poudlard, il était arrivé sur place peu de temps auparavant et n'avait pas encore pu se libérer pour venir voir son amant en personne. Mais, finalement, la patience avait porté ses fruits : ce soir, cette nuit, il serait là.

Quoique de la patience, Alann était loin d'en avoir à présent que l'heure fatidique approchait. Il tournait en rond comme un lion en cage, il faisait les cent pas dans le maigre espace de sa cabane. Tantôt il se retrouvait devant l'étagère sur laquelle était posée, le narguant, la bouteille de liqueur de crapaud ; il tendait la main vers elle, par réflexe, par envie, mais il devait se retenir, laisser retomber son bras, repartir de sa démarche fiévreuse à l'autre bout de la pièce. Pas de ça, pas maintenant ! Qu'il reste sobre pour son amant, qu'il ne soit pas la tête embrumée et l'esprit ailleurs quand il arriverait.

Mais quand arriverait-il ?? Alann tremblait véritablement, à présent ; son souffle était plus saccadé encore que lorsqu'il courait en forêt, et sa vue commençait même à se troubler. Pour se calmer, il alla à la fenêtre, tenta de regarder au dehors. Mais sous sa forme humaine et sans éclairage à l'extérieur, il ne voyait rien. Il repartit, tourna encore un moment dans la pièce, puis finit par s'asseoir, exténué, devant sa table basse sur laquelle il posa les coudes, la tête dans les mains. Il ferma les yeux, essaya de respirer plus lentement, se crispa tout entier pour faire cesser ses tremblements - en vain. Et il demeura ainsi, prostré, dans une attente douloureuse et dont il ne savait pas combien de temps encore elle pourrait durer.


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Duan O'Magister
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MessageSujet: Re: [PV] En attendant Dudu   Mer 2 Jan - 19:15

    Certes, jamais Duan ne se serait laissé aller à démontrer à quiconque ce qu'il ressentait. Certes, jamais il ne se serait abaissé à sourire dans le vide. Certes, jamais il ne se serait mis à courir comme un beau diable en plein milieu d'un couloir. Certes, Duan avait constamment la classe. Certes, Duan avait l'apparence de l'homme toujours et encore plus sûr de soi. Et, certes encore, Duan n'avait pas de coeur.
    Alors, pourquoi avait-il passé des heures le regard dans le vide aujourd'hui, pourquoi avait-il soudain décidé de sauter le repas, pourquoi avait-il entreprit de fouiller son armoire de fond en comble, pourquoi s'était-il mis à tourner en rond dans son bureau d'un air distrait, et pourquoi donc traversait-il à présent la pelouse d'un pas pressé ? Car c'est ce qu'il était, pressé. Son visage se teintait d'une étrange couleur qu'on pouvait apparenter à du rouge, et son souffle s'était fait saccadé. Il resserra un peu plus sa cape autour de ses épaules, cape qu'il avait choisi avec soin. L'impatience, sentiment étranger, fourmillait en lui. Pis encore, son coeur battait avec une vivacité méconnue. Duan se sentait bizarrement euphorique.

    Que celui qui a prétendu que Duan O'Magister n'avait pas de coeur l'observe en cet instant. Qu'il ose plonger son regard dans le sien, qu'il soit suffisamment courageux pour l'observer et qu'il sache combien Duan répandait le mal autour de lui. Qu'il considère le fait que cet homme-là était détesté par ses propres enfants. Pouvait-il alors comprendre comment ce mage Noir avait pu tomber... amoureux ?!

    Pour la première fois de sa vie, Duan avait eu l'impression que la journée avait duré des mois. Son réveil lui paraissait si loin, son repas du midi n'était plus qu'un souvenir. Chaque minute n'avait fait qu'agrandir son impatience, que de s'imprégner dans tout son être. Cela faisait tant de temps qu'il n'avait pu serrer Alann dans ses bras, qu'il n'avait éprouvé la simple joie de le voir sourire et l'occasion de pouvoir plonger son regard dans le sien. Ce qui lui manquait incontestablement le plus était son aura si particulière, si sauvage et si naturelle. La simple pensée qu'il allait pouvoir le sentir près de lui dans très peu de temps le réjouissait. La cabane du garde-chasse et sa lumière se dessinait au loin, et Duan fit un effort pour ne pas paraître heureux. Car même si ses joues rousissaient sous l'effet du froid et de l'impatience, il paraissait toujours être aussi... terrible. Il se rapprochait inexorablement de l'habitacle quand un bruit attira son attention. C'était un rire, le rire d'un jeune homme. Perturbé dans sa marche, il tourna son regard et découvrit quelque chose qui l'agaça singulièrement. Un groupe de jeunes hommes assis en cercle sur l'herbe humide. Cette même herbe qu'Alann soignait avec tant d'amour était souillée par les postérieurs dégoûtants de cette bande de Gryffondor mal-propre. Sentant poindre en lui une irrésistible envie de leur lancer un sort, Duan saisit sa baguette. Il s'approcha d'eux, adoptant une démarche plus aisée. Lorsqu'un des élèves le remarqua enfin, il bondit sur ses pieds et s'enfuit en courant. Les deux autres mirent plus de temps avant de comprendre ce qu'il se passait. Heureusement pour eux, Duan était bien trop pressé pour les punir dignement. Une fois le groupe dissout et enfui, le Mage jeta un coup d'oeil à l'imposant château et se remit en marche vers son bien-aimé.

    Le froid, phénomène physique dont il vénérait les effets, commençait à lui mordre la peau lorsqu'il arriva devant la cabane. N'importe qui se serait réjoui à l'idée d'entrer dans une cabane où l'on avait la certitude qu'il y ferait bon et que l'on y trouverait son amour pour se réchauffer. Mais Duan, bien qu'il semblait s'amollir suffisamment pour aimer un homme, n'était pas n'importe qui. Et quitter l'étendue morbide du parc en pleine nuit ne le réjouissait guère, et il ne l'aurait pas fait si ça n'avait été pour retrouver le garde-chasse. Il resta donc quelques secondes devant la porte, contemplant la forêt interdite avec un certain regret. Il aurait aimé pouvoir s'y aventurer ce soir-là.

    Puis il frappa et ouvrit la porte, sans se soucier ni plus ni moins des règles de politesse. Il savait qu'Alann l'attendait. La vision de son amant, point revu des mois, lui emplit le coeur d'une gratitude jamais ressentie. Il avait craint - eh oui - de le voir changé après tout ce temps. Il avait bêtement appréhendé le moment où ils se reverraient. Mais face à lui, il constatait que rien n'avait changé, si ce n'est ceci; ses sentiments pour lui s'étaient multipliés. Plus que jamais, il ressentait le besoin oppressant de le tenir contre lui. Rendu fou, Duan fit quelques pas dans la maison, un peu vacillant et hébété. Puis, aussi étrange que celui puisse être, un sourire s'épanoui sur son visage.

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MessageSujet: Re: [PV] En attendant Dudu   Mer 2 Jan - 22:02

Un seul bruit, pourtant en apparence d'une banalité déconcertante, mais qui dans le silence tendu qui régnait résonnait comme un glas funêbre prédisant une nouvelle à la fois crainte et attendue. Rien de plus heureux, cependant, que ce qu'annonçait ce glas-là : des coups secs portés sur la lourde porte de bois, et cette même porte qui, sans attendre, glissait sourdement sur ses gonds, laissant pénétrer le vent froid et mordant de cette nuit automnale.

Avant même d'avoir vraiment compris ce qui arrivait, Alann s'était retrouvé debout, ayant bondi hors de sa chaise lorsque tous ses muscles, jusque là crispés d'appréhension, s'étaient détendus. La tête lui tourna un peu de s'être levé si vite, mais jamais son esprit n'avait été aussi clair qu'en cet instant. Etrangement, tous ses tremblements avaient cessé au moment même où il avait entendu les premiers coups ; à cet état d'excitation disproportionnée qui le submergeait plus tôt succédait un calme étonnant, une parfaite maîtrise de ses pensées et de ses mouvements. Son coeur ne battait plus la chamade, mais au contraire se faisait lent, posé. Il avait tant attendu cet instant ; à présent il désirait le savourer, le faire durer le plus longtemps possible, étirer le temps, l'arrêter même. Car enfin, enfin, Duan se trouvait devant lui, en chair et en os, et plus seulement un fantôme tiré de ses rêves et fantasmes.

Il n'avait pas changé. Il ne changeait jamais - comme cette fois où, par miracle, il l'avait revu après tant d'années, et n'avait pas douté une seule seconde qu'il s'agissait bien de lui. Toujours aussi imposant, toujours aussi superbe, et la glace qui recouvrait le coeur d'Alann fondait toujours aussi rapidement et irrémédiablement à sa simple vue. Peu importe les années, son charisme et sa prestance demeuraient les mêmes. Autrefois, il avait aimé le froid et la dureté de son regard ; à présent il aimait tout autant, si ce n'était plus, la flamme qu'il y voyait brûler.

Quelques pas les rapprochèrent, mais Alann était resté immobile, subjugué. Ce ne fut que lorsqu'un improbable sourire manqua lui crever le coeur qu'il se laissa enfin aller à se précipiter vers son amant. Il s'arrêta, pourtant, juste devant lui, n'osant encore le toucher, comme s'il eût peur que tout ça ne soit qu'un rêve et que l'illusion ne s'envole s'il osait tenter de la saisir. Et puis quelque chose le retenait, maintenant, une soudaine timidité. Pas que leurs rapports en soient encore à ceux de deux élèves dont l'un serait plus âgé - non, ils avaient dépassé ce stade depuis bien longtemps à présent. Mais Alann doutait, ne sachant plus trop s'il était digne de se frotter à telle grandeur ... Moins d'une heure auparavant, il courait encore en forêt, et ne s'était pas changé depuis : ses cheveux étaient en bataille ; il portait toujours une chemise et un pantalon de toile tous deux usés, gris et délavés ; l'odeur de la forêt s'accrochait encore à lui et s'échappait de tous ses pores. En cette instant, la bête avait encore sa part en lui, et c'est ce qu'il craignait d'imposer à son amant.

Cette hésitation, cependant, fut très brève quoique marquée, et il finit par oublier rapidement toutes ces futiles craintes. C'est avec une douceur étrange et qu'on aurait pas attendu de lui qu'il se laissa aller, doucement, contre l'épaule de Duan. Il ne bougea pas plus pour l'instant mais demeura ainsi, se gorgeant de ce contact et de l'odeur tant aimée qui parvenait à ses narines et que le vent froid qui soufflait toujours dans la demeure ne parvenait pas à dissiper.


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Duan O'Magister
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MessageSujet: Re: [PV] En attendant Dudu   Jeu 3 Jan - 0:10

    C'était comme si ça avait été hier...

La sonnette résonna lugubrement dans l'entrée sombre du magasin. Duan referma délicatement la porte derrière lui et jeta un regard froid au rangée de livre et de potions en tout genre logées sur les étagères. Bien qu'on puisse le reconnaître aisément, il n'était pas tout à fait l'homme de 41 ans qui était entré dans la cabane du garde chasse de Poudlard en 1970. À en juger par ses traits plus harmonieux, l'absence de sa moustache et la bague qui ornait encore son petit doigt gauche, il était bien plus jeune. Une dizaine d'année en moins, tout au plus. Cependant, alors qu'il marchait en direction d'un rayon précis, on pouvait constater qu'il n'avait point changé de façon d'être depuis l'époque. Il gardait la tête droite, le regard froid et l'attitude dominatrice qui le caractérisaient si bien. Le vendeur avait levé les yeux de son bouquin et suivait Duan du regard, vraisemblablement impressionné. Car oui, même en ce temps lointain, il n'ignorait plus comment se faire voir.
Il fut vite arrivé à l'endroit qu'il désirait, car il s'empoigna d'un livre particulier et l'ouvrit à ce qui semblait être une page tout aussi particulière. Son attitue si calme contrasta soudain avec la rapidité étonnante avec laquelle il lu cette même page. Il s'apprêtait à la tourner lorsqu'une voix le dérangea. Son front se plissa d'agacement, et il se retourna sans un mot pour découvrir un homme un peu plus jeune que lui, qui semblait absolument abasourdi de le voir.


" Duan... Duan O'Magister. "

C'était bien une affirmation et non une question. Duan referma le livre d'un claquement sec. L'homme baissa les yeux et entrevu vraisemblablement sa bague de mariage avant que Duan ne réponde;

" C'est bien moi. Qui êtes-vous ?"

Il ne songea pas à lui demander comment il le connaissait, car il lui arrivait parfois que des gens sachent son nom sans que ça ne fusse réciproque. Après avoir reposé le livre sur l'étagère, il posa son regard sur l'homme qui avait repris un peu de contenance. Ce dernier se mit à parler, et s'est en voyant son regard dur qu'il se rappella l'avoir déjà rencontré auparavant.

" Je me nomme Alann Colder. Nous étions ensemble à Poudlard, bien que j'ai eu quelques années de moins que vous. Ravi de vous revoir. "

Alann Colder. Ce nom réveilla d'un frôlement la mémoire de Duan et il se souvint d'un jeune homme à l'air différent qui semblait toujours plus différent lorsqu'ils se croisaient. À Serpentard, et donc sang-pur. Duan jugea qu'il était fréquentable, mais malheureusement, il n'avait le temps de parler ce jour-là. Il prit la main tendue de l'homme, ce qui lui valu un léger frisson. Il détestait toucher les gens, même si leur sang était pur.

" Eh bien, envoyez moi un hibou à l'occasion. Je n'ai que peu de temps aujourd'hui. Au revoir. "

Puis il se détourna sans un sourire et s'en alla. Personne ne sut jamais qu'en réalité, ce jour-là il avait rencontré son futur amant mais aussi arraché une page d'un livre sur les différentes manière de tuer un animagus, qui lui servit deux jours plus tard.
    C'était si loin, et pourtant si proche. À présent qu'il se trouvait face à Alann comme il l'avait été dix ans plus tôt, il ne songea plus à cette rencontre, mais plutôt à ce qui allait arriver dans quelques secondes. Son coeur s'était mis à battre si fort qu'il ne pu s'empêcher de laisser échapper un léger souffle. Sa respiration était définitivement troublée, et elle risquait de l'être de plus en plus. Alann semblait s'être figé et c'est cette même immobilité qui rendu Duan incapable du moindre mouvement. Loin d'être de la peur, cet handicape reflettait son intense euphorie. Qui se fit plus intense encore lorsque Alann s'avança vers lui, puis qui retomba au fond de son coeur lorsque celui-ci s'arrêta face à lui. Jamais de sa longue et riche vie Duan n'avait connu autant de boulversement sentimentaux qu'en cet instant. Et jamais il n'aurait pu croire qu'il en connaîtrait autant par le simple fait que d'être face à celui qu'il aimait.

    Ce fut horrible, l'instant où il lu le doute dans les yeux de son amant, et qu'il sentit l'hésitation s'installer entre leur deux corps. Mais, ça ne fit que rendre le contact physique tant attendu, plus merveilleux encore ... C'était d'une douceur particulière, qui aurait répugné Duan d'habitude, mais qui l'attendrit comme jamais avant. Alann s'était simplement installé contre son épaule. Une fraction de seconde passèrent avant que les gestes ne vinrent d'eux même. Sa main droite alla à la rencontre de son dos, tandis que la gauche - dénudée de bague à présent - se posait bien sagement sur la chevelure emmêlé d'Alann.

    Il finit par se rendre compte que son coeur battait à nouveau régulièrement lorsqu'il sentit celui de garde-chasse résonner contre son torse. Un immense soulagement l'envahit lorsqu'il comprit à quel point la présence de son bien-aimé lui avait manqué. L'odeur douce de sa forêt, son aura si différent, sa simple chaleur. Jamais, alors qu'il serrait Alann contre lui, il n'avait eu de pensée pour Jessica. Il aurait pû les comparer, mais il savait bien que c'était ridicule. Car en rien, son ex-femme n'arrivait à la cheville de son amant. Sa main précédemment posé sur ses cheveux foncé glissa le long de sa joue et vint tranquillement redresser son visage, jusqu'à ce qu'il soit face à celui de Duan. Alors, très lentement, ses lèvres vinrent à la rencontre des siennes.

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MessageSujet: Re: [PV] En attendant Dudu   Jeu 3 Jan - 20:18

La porte, encore largement ouverte, laissait pénétrer dans la petite demeure déjà peu chauffée un vent fort et glacial. Il sifflait dans le silence nocture, faisait craquer le bois, voleter les tissus et les cheveux, gelait les chairs. A l'intérieur de la maisonnée, la dernière bougie se fit éteindre et tout fut plongé dans l'obscurité. La seule lueur, à présent, était celle de la maigre lune qui s'épanouissait avec difficulté dans un ciel pourtant dégagé, mais elle était bien suffisante aux yeux d'Alann. Pour un observateur extérieur, la scène qui se déroulait à présent aurait paru fort étrange : ces deux silhouettes sombres qui, séparées l'une de l'autre, n'étaient pourtant que deux corps froids et en apparence dépourvus de sentiments, devenaient, lorsqu'embrassés aussi étroitement, un ensemble étonnament harmonieux. Toute cette atmosphère morbide autour d'eux contrastait étrangement avec l'imperceptible chaleur qui se dégageait de leur contact. Quiconque connaissait ces deux hommes n'aurait pu qu'être surpris à les voir ainsi transformés, en cet instant. Mais personne d'autre qu'eux n'était là pour assister à ce spectacle, et leur intimité, demeurant secrète et n'étant souillée par aucune basse curiosité, n'en était que plus belle.

Il faisait froid ; pourtant Alann brûlait, il se consummait de ce feu impossible à éteindre qui l'avait tant rongé autrefois, et qui à présent l'embrasait, lui et celui contre qui son corps reposait. Il ne put retenir un frémissement lorsque les mains de son amant entrèrent en contact avec son dos et ses cheveux, ces mains qui, il n'en doutait pas, avaient déjà tué tant d'hommes - mais c'était un frisson de délice, qui montait du fond de ses entrailles et qui le parcourait tout entier, le faisait fondre encore. Il se laissa aller complètement, et il aurait pu grogner de contentement si la joie brutale et sauvage qu'il ressentait ne lui avait pas noué la gorge. Ces contacts lui manquaient toujours, chaque fois qu'ils devaient s'éloigner l'un de l'autre ; il le réalisait, il en souffrait, et il ne pouvait que rêver en soupirant de les retrouver bientôt. Mais seulement lorsqu'il les retrouvait vraiment prenait-il conscience du vide qu'était leur absence, et il devait lutter pour ne pas se laisser aller à la peur terrible et dévorante de ne plus jamais les ressentir.

Quand la main de son aimé se saisit doucement de son visage, il se laissa faire, obéissant, lui qui habituellement était cette bête sauvage et insoumise. Il releva les yeux vers le brun du regard de Duan, et resta là, à s'y noyer. Il les ferma quand le baiser vint, lentement, et son coeur aurait pu cesser de battre en cet instant. Ce ne fut d'abord qu'un léger contact, leurs deux lèvres ne firent que s'effleurer, se caresser. Puis ce fut lui-même qui, n'y tenant plus, jeta à son tour ses bras autour des fermes épaules de son amant ; leurs corps ainsi rapprochés se mêlaient étroitement, et il en profita pour approfondir ce baiser. Cette fois, plus de douceur, il était revenu à sa véritable nature : sauvage, affamé - passioné. Ses mains remontèrent dans le dos drapé d'un tissu froid, en une caresse appuyée, et il se saisit lui aussi du visage tant aimé. Il l'embrassait comme s'il avait voulu l'étouffer sous sa passion, le dévorer tout entier, comme s'il avait craint qu'il ne veuille s'enfuir ... Pour rattraper le temps perdu.

Aucun murmure ne s'échappait cependant de ses lèvres affamés. S'il avait laissé un seul son filtrer, nul doute qu'il n'aurait pu contenir ses grognements, ses cris, ses hurlements - si sa joie n'était pas silencieuse et contenue, elle ne pouvait qu'exploser entièrement, secouer tous les environs, faire s'envoler les oiseaux des arbres, se faufiler les animaux dans leurs tannières, se recroqueviller dans leurs lits les enfants du château. Alors il se retenait, il se taisait, il faisait comprendre son amour par ses gestes et non ses soupirs.

Ses yeux s'entrouvraient parfois, et il pouvait apercevoir ce visage superbe, parfois si dur, toujours si imposant, et sa fougue redoublait. Comme il se trouvait face à la porte alors que Duan lui tournait le dos, il percevait de temps en temps une brève vision de la forêt, toile de fond parfaite pour cet instant de délice. Deux choses, seulement deux choses avaient leur place dans le coeur d'Alann : Duan et la Forêt. Il avait souvent connu et parcouru l'un et l'autre, mais toujours séparément. Maintenant qu'il les voyait réunis, il se disait que jamais son bonheur n'avait été si grand ; il ne demandait rien de plus, à présent. Ses deux amours étaient là, tous deux lui appartenaient ; son monde était parfait, merveilleux, et rien en cet instant n'aurait pu troubler ces sentiments.
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MessageSujet: Re: [PV] En attendant Dudu   Sam 12 Jan - 0:12

    Si le bonheur avait été représenté par de la lumière, la cabane se serait retrouvée soudain illuminée par une force mystérieuse. Duan sentait germer en lui un tel sentiment d'euphorie, une telle montée d'adrénaline, qu'il fut contraint de fermer les yeux et des serrer si fortes ses paupières que les larmes lui vinrent. Tentant d'échapper à l'explosion de bonheur dont il était victime, il plaqua ses deux mains contre les épaules d'Alann et ses doigts froissèrent le tissu de son haut. Il embrassait son amant avec tellement d'ardeur, avec tellement de force et d'amour qu'on en arrivait à se demander si c'était réellement le personnage indifférent qui donnait le cours de magie Noire à Poudlard.

    Un baiser qu'on aurait pu croire destiné à décliner ne faisait que s'enhardir, mélange de passion et de fougue, témoin même du lien qui unissait Duan et Alann. Semblant indéfiniment avide, affamé, Duan ne s'arrêtait pas. Ses lèvres étaient scellées à celle de son amant. Brusquement, sans signe avant coureur, il se décolla de lui et inspira goulûment une bouffée d'air frais. En effet, la porte était toujours grande ouverte sur la forêt et le vent s'engouffrait dans la petite cabane. La lune aurait suffi à éclairer la scène et Duan en prit conscience. Il savait tout d'Alann, absolument tout. Même s'il avait voulu lui cacher des choses, le Mage se serait arrangé pour les savoir quand même. Non seulement car il était fou de cet homme, mais simplement car il aurait été poussé par une curiosité infinie.

    Son regard se plongea soudain dans celui qu'il considérait comme un Tout, et son coeur rata littéralement un battement, si bien qu'il sentit ses jambes vaciller. Ses deux mains s'agrippèrent de plus bel au pull d'Alann. Une nouvelle bouffée d'air plus tard et il ne douta plus de ce qu'il allait faire dans moins d'une seconde. Ses doigts relâchèrent leur étreinte et très rapidement, l'une de ses mains vint se placer dans l'une de celle d'Alann. Tel un gamin, il l'attira à sa suite. À savoir, dehors.

    Duan était bien trop fort pour que n'importe qui puisse résister à une attraction qu'il aurait désirée. Peut-être que le garde chasse l'aurait pu, mais le fait était qu'il ne l'aurait jamais fait. Si bien qu'un instant après, ils étaient tout deux dehors, sous l'oeil sombre de la Lune. Tirant avec beaucoup d'entrain sur son bras, Duan réussit à l'amener jusqu'à la lisière de la forêt interdite. Changeant brusquement de cap, il relâcha son bras, se tourna face à lui et le poussa dans l'herbe. Il se laissa tomber juste à côté de lui, évitant de peu de lui arriver dessus. Cependant, il se colla contre son amant et repris sa main dans la sienne. Le ciel étoilé s'offrait à eux. L'herbe était humide de la rosée, mais leurs deux corps serrés l'un contre l'autre se réchaufferait mutuellement.

    Pour une fois, Duan s'en contrefichait d'être aperçu par quiconque. Il voulait juste profiter, encore et encore d'Alann.

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MessageSujet: Re: [PV] En attendant Dudu   Dim 13 Jan - 23:25

Etrange comme un contact tant apprécié pouvait laisser derrière un vide, un creux, un manque quand il disparaissait sans prévenir ; et on se trouvait seul à être ainsi laissé, pantois, les lèvres encore tremblantes d'un baiser abandonné trop tôt. Alann rouvrit les yeux, presque inquiet : pourquoi avoir cesser ? Il lui semblait que cet échange n'avait pas duré suffisamment, il ne s'était pas encore assez gorgé de son amant, et il lui en fallait plus - toujours plus. Il aurait bien souhaité repartir à l'attaque, reprendre d'assaut le visage tant aimé même si celui-ci ne se trouvait plus consentant ... Mais il fut arrêté dans cette pulsion lorsque son regard plongea dans celui de Duan. Un air à la fois sérieux et profond, des yeux qui le transperçaient de part en part, qui semblaient le mettre à nu et auxquels il ne pouvait rien cacher. Son coeur était exposé sans artifice à ce regard perçant, parfois si dur et parfois si étonnamment doux quand il se posait sur lui - sur lui seul, se plaisait-il à croire, et quoiqu'il n'ait aucun moyen de vérifier tous les faits et gestes de son amant, il lui faisait éperdument confiance. Il pouvait bien être l'homme le plus terrible, le plus froid et le plus cruel de cette terre, il ne l'en aimait pas moins. Non, il ne l'en aimait que plus ; n'était-ce pas de cette figure superbe et hautaine dont il s'était épris ?

Il demeura muet tandis que leurs yeux luisant se cherchaient et se perdaient les uns dans les autres, et la sensation de son souffle si près de lui le glaçait et le brûlait à la fois. Une sensation indescriptible qui le rendait faible, si faible, et son corps en était parcouru de tremblements qui n'étaient certes pas dus au froid, et il ne tenait plus qu'à peine sur ses jambes, devant lui aussi s'aggriper fortement aux épaules de son amant. Quand soudain une main se saisit de la sienne, il ne put contenir un violent sursaut, mais il ne fit rien pour se dégager. Pourquoi l'aurait-il fait, d'ailleurs ? Il avait beau répugner à tous les contacts humains, celui de son amant était la plus douce des caresses, et il se sentait frissoner rien qu'à sentir leurs doigts s'entremêler. Il se laissa faire, aussi, quand on le tira au dehors, et se retrouva à gambader sur l'herbe fraiche, la cape de Duan battant souplement aux murmures du vent.

La forêt se rapprocha, et bientôt il n'aurait plus eu qu'à tendre la main pour effleurer les feuillages sombres des premiers arbres. Il en percevait le souffle, chaque bruissement, chaque craquement de branche sous les pas de bêtes qu'il identifiait sans difficulté. Le vent sifflait entre les troncs une douce mélodie - une mélodie nocturne, comme un hommage aux deux amants. Alann se laissait bercer par ces sons à la fois lointains et pourtant si proches, et il fut pris au dépourvu quand Duan se retourna subitement, si bien qu'il se laissa renverser avec une étonnante facilité. Son dos heurta le sol comme il ne faisait rien pour ralentir sa chute, mais il était loin de s'en soucier. Son amant se laissa tomber à ses côtés, et enfin il inspira profondément, se gorgeant de cette atmosphère, remplissant ses poumons de cet air divin dans lequel se mêlaient voluptueusement les odeurs de l'homme tant aimé et de la forêt.

Instant magique. L'humidité dans son dos et le froid environnant ne suffisaient pas à le ramener à la réalité : il rêvait - un rêve merveilleux. Le ciel, en ce lieu loin de toutes lueurs périphériques, offrait à détailler toute ses constellations. Alann n'avait jamais été passioné par le ciel qu'il était de toutes façons rare d'apercevoir entièrement sous le couvert des arbres, mais à contempler ainsi ce spectacle époustouflant, ce soir, maintenant, il s'en trouvait bizarrement ému. Sa respiration était aussi inégale que s'il avait couru des heures, et rauque, et tremblante. Ses doigts se crispèrent sur ceux de Duan qui lui avait à nouveau saisit la main, et il tourna lentement son visage vers le sien.

Ils étaient proches ... Si proches. Alann passa ses bras autour du corps de son amant, et se colla entièrement à lui, dans une étroitement embrassade. Ses yeux cherchèrent encore les siens dans la légère obscurité, et ils brillaient à refléter l'éclat de la lune. Il s'avança encore, et ses lèvres vinrent effleurer les siennes, avant de les happer à nouveau goulûment. Il laissait échapper quelques soupirs, maintenant, quelques grognements peut-être. Aucun mot n'avait encore été prononcé, mais aucun mot n'était nécessaire. Quoique l'esprit d'Alann était soudain rempli de questions sans réponses. Leur relation, bien entendu, était tenue secrète, et il le comprenait parfaitement ... Mais il n'était pas sans savoir que certains élèves, la nuit, aimaient à venir rôder hors du château malgré toutes les interdictions. Au fond, il l'avait fait lui aussi ... Duan ne craignait-il donc pas qu'on les aperçoive ? Soudain en proie à une angoisse étrange à cette simple idée, il se recroquevilla plus encore, le souffle court et tremblant légèrement.
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Duan O'Magister
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MessageSujet: Re: [PV] En attendant Dudu   Mer 23 Jan - 16:15

    Un folie, aussi douce que brusque, se prit soudain de lui, alors que ses lèvres rencontraient à nouveau celle d'Alann. Tout son corps était collé contre le sien, et même si les étoiles qui brillaient de mille feux auraient dû le captiver, il était devenu aveugle à la beauté de la nature. En réalité, il était devenu aveugle tout court. Alann l'entourait de ses bras, un contact si puissant que Duan y était complétement soumis. Oui, lui, le grand mage noir au regard ténébreux avait un point faible. Et c'était sans doute le seul. Mais c'en était un si gigantesque, si imposant, qu'il en devenait presque dérisoire. Duan aurait tout abandonné pour son amant. Aussi pathétique que cela puisse être.

    Il aurait put être possédé que rien n'aurait changé; en cet instant il était aussi inconscient que ses élèves. Aussi idiot qu'un gamin. Alann avait raison de s'inquiéter et de se poser des questions. Car Duan, justement, n'en s'en posait pas. Tout était clair pour lui, aussi limpide que de l'eau de roche. Il n'avait qu'une seule chose en tête. Alann. Leurs baisers s'étaient fait de plus en plus féroces, et Duan sentit son coeur s'affoler à un tel point dans sa poitrine qu'il dériva lentement. Ses lèvres se retrouvèrent plaquées contre son cou. Il lâcha un bruit banal, un pauvre petit gémissement qui semblait plus que mal venu de cette bouche.

    Son coeur fit un dernier raté, qui le força presque à se reculer et à s'effondrer sur l'herbe. Avoir pareil émotion ne lui convenait décidement plus; ce n'était pas de son âge, les ébats amoureux dans la nature n_n. Il lâcha un gigantesque soupir de soulagement en contemplant les étoiles, ses mains étroitements serrées dans celle d'Alann. Le silence était si délicieux qu'il hésita presque à le briser. Mais c'était plus fort que lui; il avait besoin d'exprimer sa satisfaction. D'une voix posée, presque trop, il murmura...

    ' Sans toi les journées sont trop longues. '

    Romantisme powaaa ! Non, d'accord. Venant de Duan, cette phrase était presque dégoûtante. Tant pis, tant pis. C'était son plus profond ressentiment, et il se fichait bien qu'Alann puisse le trouver un peu molachon; il était bien trop heureux de le revoir ! Il tourna son visage de marbre vers le regard glacé de son amant et fut heureux de constater queeee... que rien. Qu'Alann était simplement posé à côté de lui, qu'il était simplement là et qu'il allait pouvoir profiter de lui toute la nuit. Car c'était ce qu'il comptait véritablement faire. Passer sa nuit avec lui. Une fois que son coeur se serait calmé, s'il le lui permetait. Car en attendant, il n'était pas loin de frôler la crise cardiaque. Une crise cardiaque d'euphorie, vous avez déjà vu ça ?

    Duan posa à nouveau son regard sur le sien, content. On aurait dit un vrai gamin imbu de lui même et ridiculement fier du mauvais tour qu'il vient de jouer. La seule chose qui contrastait avec l'expression de son visage, c'était son regard. Car alors qu'il fixait les étoiles, les deux flammes de noirceur dans ses yeux ne s'éteignaient pas.


[ Disolée c'est nul n_n. Mais j'en ai marre de te faire attendre ^^' ]

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MessageSujet: Re: [PV] En attendant Dudu   Sam 2 Fév - 0:48

Un loup, par définition, est un animal sauvage, indompté ; craint par l'homme, il menace son bétail et parfois même sa vie s'il s'aventure trop près de ses terres ; en aucun cas il ne peut être apprivoisé et caressé comme un vulgaire chien domestiqué. Alann avait de ça en lui, on ne pouvait pas s'y tromper quand on le voyait sous sa forme bestiale courir les bois, et même son caractère se rapprochait de l'animal. Mais Alann n'était pas un loup comme les autres. Solitaire, déjà, alors que les autres canidés de cette espèce vivaient la plupart du temps en meute ; et puis son coeur insensible avait su flancher, il avait su jurer fidélité à un homme - un seul homme, et pas n'importe lequel. Qui l'eut cru ? Le loup s'abandonnait à ses bras puissants, il ronronnait contre lui, enfouissait son museau aux traits décidément bien humains contre sa poitrine ; le loup lui était soumis.

Et Alann, en effet, se laissait aller avec délice à cette étreinte si longtemps attendue, si longtemps espérée ; il fondait et se fondait contre le corps de son amant, peu soucieux du reste, au final. Car si Duan risquait sans doute gros à se faire surprendre par les gens du Château, lui-même ne craignait pas moins les regards indiscrets de ceux de la Forêt. Il n'avait nullement honte et ne ressentait aucune gêne à ce que tous, sous le couvert des arbres, ne connaissent son amour pour cet homme ; mais si certaines créatures venaient à l'apprendre, elles feraient sans doute tout pour nuire au Mage Noir dans l'unique but de blesser le Garde-Chasse. Oh ! Duan saurait bien s'en défaire seul, aucun doute là-dessus ... Mais la simple idée qu'un de ses sombres ennemis tente de toucher ne serait-ce qu'à un cheveux de l'homme qu'il aimait tant le mettait hors de lui. Enfin, pour l'instant, ces pensées ne lui traversaient pas encore l'esprit, et il se contenait de savourer chaque contact, chaque baiser, chaque souffle. Comme si tout allait disparaître dans les secondes à venir.

Leur frénésie se calma ; Duan se détacha de lui, sans doute pour se reprendre après un surplus d'émotions. Une phrase s'échappa de ses lèvres fines, et à ce son Alann sombra littéralement dans une transe extatique. Un gourou n'aurait pas eu meilleur effet sur le plus fidèle de ses sujets ; et c'est là qu'on comprenait véritablement à quel point Duan aurait pu ordonner n'importe quoi à son amant, celui-ci l'aurait fait immédiatement, sans chercher plus, sans laisser sa propre opinion entrer en ligne de compte. La voix de Duan était magique. Alann avait aimé le silence, cette complicité, cette passion qui se passait de mots, mais il aimait tout autant entendre cette voix. Il fut si troublé et ému que le sens des paroles ne lui vint pas sur le moment. Quand enfin, s'étant remis, il le perçut, une joie sauvage lui déchira les entrailles. Et il était loin, alors, de songer à trouver Duan "malochon" ; certes cette phrase pouvait étonner, venant d'un être froid tel que lui, mais elle le touchait tant qu'il n'y pensait pas.

Alann plongea ses yeux avec intensité dans le regard brun ; d'une main il caressa ce visage parfois si dur, tendrement. Oui, tendrement - une terrible tendresse. Il voulut répondre, et sa voix n'était pas des plus douces à entendre : un peu gutturale, enrouée, aux sonorités graves, un murmure qui, si l'on n'en percevait pas le sens, pouvait passer pour un simple grognement.

    Les nuits, également.

Un moment de flottement ; il était sincère, bien sûr, même si ces mots semblaient étranges, eux aussi, dans une bouche habituée à broyer des chairs. Alann demeura un moment à fixer toujours le regard de Duan, sans rien ajouter. Il y avait tant de signification dans ces trois pauvres mots, cachée ou explicite ... Mais dans une relation où la parole n'était même pas nécessaire, les sous-entendus les plus fins n'échappaient sans doute pas à une compréhension mutuelle de cette ampleur.

Un moment de flottement ; puis Alann se reprit. Doucement, il laissa encore ses lèvres parcourir le visage tant aimé, et il en mordillait la peau, la bouche, chaque recoin. Se saisir à nouveau du corps, enlacer ces épaules fermes mais douces à la fois, glisser ses mains sous la cape pour des caresses plus approfondies. Il aimait la tendresse, sans doute, il aimait être simplement aux côtés de son amant, sans rien faire de plus que constater sa présence, admirer ses traits et ses yeux si profonds. Mais après tant de temps passés l'un sans l'autre, il lui en fallait plus - tout de suite. Et on peut dire qu'il n'était pas inactif, l'Alann enflammé. D'abord il se faufila au dessus de Duan, collé à lui mais ne l'écrasant pas. Ses baisers, ses caresses redoublèrent. Il aurait pu ne pas s'arrêter - il avait toujours du mal à s'arrêter une fois qu'il était lancé - mais la raison lui revint un bref instant, lorsqu'à travers ses yeux embrumés de passion il crut discerner un mouvement derrière les troncs.

Les créatures.

Non, pas ici. Que leur intimité ne soit pas souillée par l'indiscrétion de ces êtres sans scrupule, qu'ils puissent s'abandonner à cet amour que certains pourraient voir comme "contre-nature". Il cessa brusquement, un peu trop peut-être, mais le temps n'étais pas à s'offusquer de si peu. Avec la souplesse qui le caractérisait si bien, il se détacha de Duan pour se retrouver debout. Son regard, ancré profondément dans celui de son amant, dériva doucement jusqu'à sa cabane qu'ils avaient quitté quelques instants plus tôt à peine, et dont la porte en était toujours largement ouverte - mais peu importait. Puis, avec une simplicité presque enfantine, il tendit la main : une aide pour se relever aussi bien qu'une invitation.
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MessageSujet: Re: [PV] En attendant Dudu   Mar 5 Fév - 15:13

    Extase. Il semblait que cet instant ait été plus parfait que n'importe quel autre. L'attente avec du bon, quand elle était récompensée. Et dieu qu'elle l'était, cette fois-ci ! Jamais les bras d'Alann, jamais son corps tout entier, ne lui avait paru si doux, si fort, si total. Oui, Duan se sentait profondément comblé. Son être entier criait à la victoire, au triomphe de la passion sur le temps. Car loin de s'être fait bernée par ce dernier, elle n'avait fait que profiter de ses vertus pour s'accroître. À présent, si proche d'égaler la grandeur du ciel, l'amour que Duan vouait à Alann était irréellement fort. Et irréellement indestructible. Ce sentiment que tant de personnes éprouvaient sans jamais ne pouvoir le distinguer était représenté dans sa plus pure forme, ce soir-là. L'homme, l'homme mauvais, lié à la bête, la bête indomptable. Et tout deux devenus des anges une fois dans les bras de l'autres. Aussi étrange que cela puisse être, cette représentation de l'Amour était la plus naturelle qu'on eût pu trouver. Avec comme seul juge les étoiles célestes, et comme unique témoin l'herbe fraîche de la nuit, L'homme et la bête s'unissaient en toute beauté.

    "Les nuits, également."

    Grognement indistinct dans les ombres de la nuit. Cette voix caverneuse n'avait rien d'un chant d'oiseaux, et pourtant le cœur de Duan se souleva lorsqu'elle résonna à son oreille. Il se perdit un instant dans les abîmes de l'inconscience, puis quelques secondes passèrent et ses yeux s'ouvrirent sur le plus beau des paysages. Il pataugea un instant, perdu dans la noyade du regard d'Alann, avant de retrouver son souffle en sentant sa main se serrer dans la sienne. Non, définitivement, Jamais auparavant Alann ne lui avait semblé être aussi parfait que ce soir là. Un nouveau sourire étira les lèvres de l'homme.

    Alann allait se saisir de son corps, et cette simple pensée le fit jouir d'un plaisir mental plus doux que tout les autres. Il se laissa faire, impuissant et heureux. Profondément heureux. Il semblait que chaque caresse de son amant le fit frissonner au point de ne plus pouvoir agir. Tous ses gestes le mettaient dans un tel émoi qu'il lui était devenu incapable de mouvement. C'était de simple gémissement d'euphorie qui s'échappait de ses lèvres rougies par les baisers. Duan finit par fermer les yeux, serrant ses poings et happant la bouche d'Alann, trop bouleversé pour faire quoi que ça soit de plus recherché. Puis soudain, malgré la brume de son esprit, il sentit un changement survenir. L'instant suivant, Alann était debout.

    Duan fronça les sourcils, deux ailes de corbeau sur les trous noirs de ses pupilles. Que se passait-il ? Il posa une main à terre, contre l'herbe fraîche, et saisit celle de son amant de l'autre. Dès qu'il fut redressé à son tour, il comprit ce qu'il se passait. Un profond remord s'abattit sur lui; il s'en voulait de n'avoir été plus prudent. Lui qui calculait au moindre détail le bon déroulement de ses projets s'était laissé emporté. Son amour pour Alann était-il si grand qu'il en oubliait sa mission ici bas ? C'était bien trop tard pour y réfléchir, de toute manière. Son esprit et son corps entiers appartenaient à son amant, pour ce soir. Demain, demain les choses serraient peut-être différentes. Alors peut-être, peut-être y penserait-il plus mûrement. Suivant son regard dès l'instant où il avait dérivé, Duan avait comprit les intentions du loup, et y était même favorable. Sa main toujours dans celle de la bête, il marcha en direction de la cabane, sans un mot. Etait-ce vraiment nécessaire de parler alors que la compréhension allait au delà de l'imaginable ?

    La porte grande ouverte les accueillit comme si elle n'avait existé là que pour se refermer ensuite sur leur intimité, et non pour les empêcher d'entrer eux. Maintenant à l'intérieur, personne ne viendrait les chercher, les narguer. Ici, dans l'antre du loup, personne n'oserait les déranger. À peine eut-il franchit le pas que Duan lâcha la main de son bien-aimé et s'avança, les yeux grand ouvert. Tout ici respirait l'Alann. Tout, sans exception, lui appartenait et lui correspondait. Nul doute que Duan s'y sentait merveilleusement chez lui; après tout, lui aussi appartenait à Alann. Il se retourna pour faire face à son amant. Tout son corps fourmillait d'impatience, et il ne pouvait s'empêcher de se demander comment il avait fait pour se passer de lui des semaines entières. Voilà à peine une minute qu'il avait quitté son étreinte qu'elle lui manquait déjà. Un soupir s'échappa de ses lèvres et il se mit à reculer en direction du lit, l'invitant à le suivre...

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MessageSujet: Re: [PV] En attendant Dudu   Mar 12 Fév - 16:53

La Cabane. Sa Cabane - Leur Cabane. Elle appartenait autant à Duan qu'à lui, et le Mage Noir avait tous droits sur elle comme il avait tous droits sur son amant. C'était pourtant la première fois qu'il y posait les pieds, si on omettait les quelques secondes qu'il y avait passées, plus tôt, avant de sortir à nouveau rejoindre la lisière de la forêt ; jusque là ils n'avaient pas eu l'occasion de se voir, si ce n'était lors de cette stupide cérémonie de début d'année. Il s'en souvenait, de celle là ; déjà qu'habituellement elle le lassait au plus haut point, à devoir rester assis dans cette salle surchauffée et terriblement bruyante devant les regards curieux de centaines d'élèves - de morveux, même, de sales gosses -, et en se disant que cette fois il avait du supporter d'être proche, tout proche de son amant, à quelques tables à peine de distance, mais sans pouvoir le toucher, lui parler, ni même le regarder autrement que discrètement, à la dérobée ... Cela lui avait douloureusement rappelé les nombreuses années durant lesquelles son amour était encore à sens unique, lorsqu'il ne pouvait observer Duan que de loin, tout en sachant bien qu'il n'était rien pour lui - rien, moins qu'un cloporte, comme tous les êtres humains. Bien heureusement, cette époque était révolue ; maintenant celui qu'il aimait tant lui appartenait autant que lui-même lui avait toujours appartenu, et cette nuit, enfin retrouvés, ils se le prouveraient sans repos.

Il faisait froid à l'intérieur, bien évidemment, mais cela ne dérangeait aucun des deux amants. Il faisait sombre également, presque plus que dehors puisqu'ici la lueur de la lune ne filtrait qu'en partie, mais peu importait : ils se connaissaient suffisamment, tous les deux, ils n'avaient depuis longtemps plus besoin d'y voir. Et en vérité, Alann se trouvait bien arrangé que Duan ne puisse pas détailler entièrement l'intérieur de sa demeure : c'était un véritable chaos qui régnait ici, son chaos habituel, et une stupide coquetterie lui faisait à présent regretter de n'avoir pas tout rangé avant sa venue. Mais enfin, il était comme ça, désordonné, sauvage, et présenter autrement sa demeure n'aurait pas été naturel - alors ils feraient avec. Et puis, à voir comme Duan réagissait, semblant se sentir bien, peut-être heureux de découvrir ce lieu qui était au fond une part de lui, il se dit que ça ne comptait finalement pas tant que ça.

Duan était là, dans leur Cabane, avec lui. Et ils resteraient là, tous les deux, ensemble, seuls, tranquilles, et toute la nuit s'offrait à eux. Cette pensée le rendit soudain fébrile, de même que la vue de son amant dans les ténèbres de cette pièce, toujours aussi grand, toujours aussi superbe. Sombre et attirant, froid et brûlant à la fois, magnifique, et Alann, derrière ce visage cruel et rigide d'homme en partie bête, n'était plus qu'un être faible et tremblant d'émotion, et ses yeux perçants luisaient à la fois d'un bonheur doux et simple et d'un désir sauvage. Il faisait froid, et pourtant il avait chaud, terriblement chaud. Des frissons lui parcouraient l'échine, quelque chose lui tordait les entrailles, comme autant de papillons qui s'agiteraient sans répit dans son ventre avant de se répandre dans tout son corps. Son cœur s'affolait, il aurait presque pu l'entendre battre et résonner dans ce silence moite qui envahissait tout. Duan recula, encore, se dirigeant très nettement vers le lit d'Alann, l'invitant à le rejoindre. Ce lit, en vérité une simple couche faite d'un matelas dur et de quelques draps, il y avait passé tant de nuits, seul, à rêver bien souvent que son amant s'y trouvait avec lui. Et il était là, maintenant, le rêve se réalisait et devenait réalité.

Un petit claquement : le Garde-Chasse refermait la porte de sa demeure, et ce geste qui pour d'autres aurait pu être le pire des présages ne devait, pour son amant, ne contenir que des promesses. Une seconde plus tard, il l'avait déjà rejoint de quelques grandes enjambées. À deux mains il se saisit de son visage, et c'est tout en l'embrassant plus langoureusement que jamais qu'il s'allongea avec lui sur le lit, prêt à se perdre dans d'infinies étreintes. Cette nuit leur appartenait, ils en feraient leur Eden, ils oublieraient tout ce qui ne touchait plus directement au contact délicieux de leurs deux corps, aux baisers fiévreux échangés les paupières mi-closes, aux mots susurrés tendrement, aux soupirs et aux murmures perdus entre les draps, au bonheur ressenti à savoir l'autre si proche, si présent, et d'être si unis. Ils se dévoreraient mutuellement jusqu'à n'en plus pouvoir.


.
.
.

Heureux. Comblé. Alann se sentait bien, mieux que jamais, mieux que quiconque. Le bonheur semblait si simple dans ces moments-là, songeait-il alors qu'il contemplait avec adoration le visage de Duan, si près du sien. Sa main caressait tendrement sa joue et ses lèvres n'avaient qu'à s'avancer légèrement, de temps à autre, pour venir effleurer les siennes. Ils étaient encore étroitement enlacés, nus, sous les draps tièdes, l'esprit encore un peu embrumé, peut-être, mais la vision de l'autre, malgré l'obscurité, se détachait clairement. Ils avaient fait de leur mieux pour rattraper le temps perdu, et il semblait à présent que leur séparation, pourtant si longue, n'avait été qu'un mauvais rêve. Leurs corps, repus l'un de l'autre, ne demandaient plus que du repos, mais leurs esprits étaient encore avides.

Alann n'était pas particulièrement bavard, il n'aimait pas les longues discussions inutiles, mais dans l'immédiat il avait envie d'entendre Duan lui parler, le bercer de ses mots, quels qu'ils soient ; lui raconter tout, n'importe quoi, et peut-être lui confier enfin quels étaient exactement ses projets concernant l'école. Certes, tout ça était secret, et même lui ne pourrait être entièrement averti de tout, il en avait bien conscience, mais il aurait au moins souhaité savoir ce que son aimé, celui qui gouvernait son cœur, attendait de lui.

    Maintenant ... ?


C'était assez vague, certes, une question qui pouvait s'identifier de mille façons différentes. Mais peu lui importait, au fond ; il voulait juste entendre une réponse.
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Duan O'Magister
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MessageSujet: Re: [PV] En attendant Dudu   Mar 26 Fév - 22:50

    Duan l'avait toujours su, en fin de compte. Mais c'était dans les moments du genre qu'il réalisait vraiment à quel point Alann lui était indispensable. Ils étaient complémentaires, vital l'un à l'autre. Il lui arrivait parfois de se demander comment il avait fait pour vivre sans lui à ses côtés pendant tant d'années. Bien sûr, son mariage lui avait apporté beaucoup, et il n'oubliait jamais vraiment qu'il avait eu des enfants, deux enfants. Mais rien, non rien, ne lui était aussi cher que la présence d'Alann. Quand il pensait à tout ce temps où son amant avait été seul, sans que son amour ne puisse lui être rendu, il ressentait un grand vide en lui. C'était la seule réflexion qui avait pu l'amener à avoir honte – à regrette quelque chose. Toutes les autres n'était rien en comparaison.

    En sentant le corps d'Alann en lui, en fusionnant totalement avec l'homme qui avait donné un sens à sa vie, il n'existait plus. Aussi étrange que cela paraisse, tout son être conscient disparaissait... Pour ne former plus qu'un avec SON loup. Oui – le SIEN. C'était si bon de se dire qu'ils s'appartenaient l'un à l'autre. Dans cette relation, encore, Duan se dressait contre la nature. L'adolescent sombre et, quelque part, rebelle qu'il avait été, l'homme torturé et glacial qu'il restait se manifestaient en lui partoutes les portes de sorties. Toujours, il avait trouvé le moyen de faire différemment des autres. Et aujourd'hui encore, dans son amour le plus pur, il réussissait à défier les lois que Dieu avait soi-disant imposées aux hommes. En quelque sorte, Duan était une erreur de la nature.

    Une erreur de la nature qui avait trouvé de quoi se réparer, on pouvait le constater en voyant la relation qu'il entretenait avec Alann. Et plus particulièrement en les observant cette nuit-là.

    ***


    Duan ferma un instant les yeux, et laissa la chaleur du moment l'envahir tout entier. Il sentait la sueur lui coller au front, les draps glisser le long de son torse, et la présence d'Alann à ses côtés, toujours aussi forte. Il inspira longuement, s'imprégnant de leur simplicité et de leur totale complicité.

    Maintenant ... ?

    Il rouvrit très lentement les yeux et découvrit le visage d'Alann à quelque centimètre du sien. Cette vision le remplit d'une joie fugace, gâchée trop tôt par l'idée de devoir ouvrir la bouche sans pouvoir se raccrocher à la sienne. Il devait répondre, il s'en sentait même l'audace, mais l'unique chose qu'il désirait était d'embrasser Alann jusqu'à en mourir, comme s'il ne l'avait pas fait déjà tant de fois auparavant.

    Maintenant. C'était si vague, si indéfini et si imprécis. Pourtant, sans trop savoir comment, Duan avait cru saisir ce que lui demandait son amant. Des semaines de séparation se creusaient entre eux, et pour les combler, il n'y avait pas que le contact physique. Ce qui comptait aussi, c'était la communication, la parole. Et tout autant qu'Alann, Duan avait besoin de savoir ce qu'il se passait dans la vie de l'autre. Sauf qu'à la différence du garde-chasse, il avait d'immense projet dont il ne pouvait dévoiler l'entière horreur. Ses yeux sombres plongèrent dans les siens et il répondit d'une voix très posée, parlant avec une lenteur presque exagérée.

    ' J'ai rencontré une créature du nom de Belphegor. Un ancien élève, qui m'est un élément indispensable pour la suite. Tu dois sûrement le connaître. Et j'ai repéré quelques gamins prometteurs. Oh et, Delilah devient de plus en plus intenable. Elle va finir par faire quelque chose que je ne regretterais même pas. '

    Sa dernière phrase avait quelque chose d'ironique, d'un peu nonchalant et de parfaitement moqueur qui était surprenant venant de Duan. Alann le changeait vraiment du tout au tout. Il laissa fleurir un sourire sur ses lèvres, déposa un baiser sur celle de son aimé, puis demanda posément.

    ' Et toi ? '

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Alann Colder
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MessageSujet: Re: [PV] En attendant Dudu   Mer 27 Fév - 23:33

Il était toujours aussi beau, toujours aussi saisissant. Quoi qu'ils puissent faire, quels que soient leurs ébats fous et passionnés, rien ne semblait jamais attenter à la pureté de cet homme ; l'amour pourtant sauvage et déraisonné que lui portait Alann ne l'entachait jamais, et semblait même au contraire le porter au dessus du reste, au dessus du monde. Ses soupirs étaient des odes au bonheur, à la joie pure et intense de ces moments d'extase partagé. Le plaisir en lui-même n'était rien comparé à la vision et à la sensation de son corps un peu tremblant, de ses lèvres frémissantes, de ses caresses ; il devait se retenir pour ne pas hurler sa joie, et sa gorge ainsi fortement nouée ne laissait échapper que des grognements gémissants. Lorsqu'il embrassait sa peau, il ne pouvait qu'y aposer fortement ses lèvres, le comprimer tout en les gardant close, sans quoi il craignait de ne pouvoir s'empêcher de planter ses dents dans sa chair pour le goûter entier - tout entier. Ce n'était pas vraiment son instinct de bête qui ressortait alors, quoiqu'il n'y était sûrement pas étranger, mais il ne fallait y voir que l'expression d'une passion si forte qu'elle ne pouvait se permettre d'exploser totalement sans risquer de tout détruire. Telle était la nature de l'amour qu'Alann portait à Duan.

À présent, sa fureur s'était calmée, perdue dans leurs étreintes infinies. Il était tranquille, heureux. Le regard de Duan, si proche du sien, était comme un puits sombre et sans fond, et il aimait à s'y plonger, à s'y perdre. L'intensité des ces yeux était néanmoins telle qu'il devait de temps à autres s'en détacher, fermer les siens, souriant simplement - autrement il ne pourrait qu'y sombrer et y perdre définitivement son âme déjà si proche de se détacher de son corps. Lorsque la voix de Duan résonna doucement dans la pièce, si près de son oreille, il ne put que trembler à nouveau. Elle était si profonde, cette voix, si prenante ... Elle lui avait tant manqué, comme tout le reste. Les mots qu'elle prononçait lui importaient presque peu, si bien qu'il dut se concentrer avec force pour ne pas en laisser échapper le sens.

Le début ne le réjouit pas particulièrement. Belphégor, il le connaissait, bien sûr, même s'il ne l'avait jamais vraiment rencontré. Cette créature était sujette à bon nombre de rumeurs ; lui-même connaissait la véritable histoire, et ce qu'il avait appris de sûr au sujet du Monstre ne l'avait jamais particulièrement inspiré. Il l'avait croisé, quelquefois, dans la forêt interdite, à de très rares occasions ; silhouette folle et perdue dans ce lieu sombre qui lui correspondait si bien. Il n'avait jamais tenté d'approche. Apprendre que cette chose devrait être indispensable à son amant par la suite le répugnait au plus au point, comme l'idée de le savoir proche de lui. Ce n'était pas de la jalousie - il n'était pas assez stupide pour être jaloux d'un jouet déjà en partie cassé - mais il n'ignorait pas que le "Prince" était dangereux. Il connaissait suffisamment le Mage Noir, cependant, pour le savoir tout à fait apte à se défendre seul ; si Duan estimait qu'il avait besoin de Belphégor, il avait sans doute raison et saurait bien obtenir ce qu'il souhaitait. Il n'avait pas son mot à dire la dessus.

Les paroles qui suivirent, en revanche, l'amusèrent d'avantage, et il se laissa même allé à un large sourire dévoilant ses dents blanches et carnassières à l'évocation des folies de Delilah. Un soupir, facilement assimilable à un léger rire, en réponse à l'ironie de Duan. Il répondit tendrement à son baiser, les paupières mi-closes.

    ' Et toi ? '

Un nouveau sourire, une nouvelle caresse. Il se pencha pour s'emparer à nouveau des lèvres de son amant avant de lui répondre, après un bref instant de réflexion. Sa voix était grave, rocailleuse, mais beaucoup plus posée qu'auparavant - et presqu'humaine.

    La vie est toujours la même, ici ... Les créatures se sont multipliées dans les bois cette année, il me semble ; je crois que ton arrivée n'y est pas étrangère. Hooligan m'a réclamé des plumes de Chouette Géante, je sais qu'il en vit quelques unes à quelques kilomètres vers le Nord, il faudra que j'y aille - je devrais m'absenter quelques jours.

Un soupir rien qu'à songer à cette nouvelle séparation à venir.

    Je voudrais rester là, simplement.

Il ferma à demi les yeux, à nouveau, et sa main retourna caresser la joue de Duan. Un "je t'aime" aurait sans doute semblé pâle en comparaison.
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Duan O'Magister
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MessageSujet: Re: [PV] En attendant Dudu   Mar 11 Mar - 20:02

    Plus jeune, Duan s'était imaginé finir sa vie marié, avec deux enfants et une femme plus ou moins heureuse. Il avait commencé par empreinter le bon chemin, car il avait été marié et père. Mais il avait délibérément divorcé et abandonné ses enfants. Sa fille et son fils, qui étaient à Poudlard et qui ... enfin bref. Jamais auparavant, Duan ne se serait imaginé tomber fou de quelqu'un, et encore moins d'un homme qu'il connaissait déjà.
    Alors qu'il venait de lâcher la plus grande part de ses plans, qu'il venait de quitter sa famille pour s'adonner à quelque chose qu'il estimait sans doute plus grand, Alann était apparu, tel un être céleste, portant avec lui tout ce qu'il lui manquait. Duan était peut-être un homme de cruauté, un fils du diable, il n'en restait pas moins un Homme, et tous ont leur faiblesse. La faiblesse de Duan avait été celle de nécessiter de l'aide peu après son divorce, et de placer cette dernière en la personne d'Alann. Maintenant, sa faiblesse, c'était Alann.
    Et pourtant, il ne l'aurait échangé pour rien au monde. C'était toujours de se figurer que Duan pouvait aimer aussi fougueusement que le plus sentimentaux de ses semblables. C'était la réalité, la plus pur des vérités.
    Un jour, Duan avait caressé l'idée de tout abandonner, pour Alann. Personne n'échappe au romantisme, n'est-ce pas ? Mais il n'en avait rien fait, car il savait une chose. Alann lui était indispensable dans l'univers dans lequel ils évoluaient, mais qu'en serait-il du moment qu'ils ne seraient plus que deux ? le soulagement qu'il éprouvait en voyant son amant naissait du fait de l'absence, non ? C'était un raisonnement purement logique qui l'avait amené à continuer sur sa propre voie, et à ne pas TOUT sacrifier pour celui qu'il aimait. Et pourtant, Dieu que chaque absence lui brisait le coeur ! L'annonce d'une nouvelle période de manque n'était jamais à prendre à la légère, et le mettait généralement dans un état de colère froide qui durait, durait parfois jusqu'à... Jusqu'à longtemps.

    ' La vie est toujours la même ici... Les créatures se sont multipliées dans les bois cette année, il me semble; je crois que ton arrivée n'y est pas étrangère. '

    Son arrivée ? En effet, son aura avait dû attirer pas mal de monstruosité dans le coin. Cela ne le dérangeait pas, mais à savoir qu'Alann en avait alors la responsabilité l'embêtait légèrement. Il craignait toujours pour la vie de son amant, même s'il savait pertinemment que celui-ci savait se défendre mieux que quiconque.

    ' Hooligan m'a réclamé des plumes de Chouette Géante, je sais qu'il en vit quelques-unes à quelques kilomètres vers le Nord, il faudra que j'y aille - je devrais m'absenter quelques jours. '

    BAM. En pleine tête. Duan ouvrit grand ses deux yeux. Il du retenir une exclamation. Déjà, il sentait l'anxiété lui dévorer les entrailles, et la colère monter en lui. La jalousie s'y ajoutait, car Duan n'avait jamais supporté l'idée qu'un autre homme demande quoi que ça soit à Alann. Surtout cet IDIOT de directeur, qui possédait la place ultime et qui était... profondément débile. Duan serra les dents, sa mâchoire se crispant violement dans la colère.

    ' Je voudrais rester là, simplement. '

    Ce ne fut pas ses paroles qui l'apaisèrent, car en vrai, elle ne changeait rien à leur situation, mais plutôt le contact de sa main sur son visage. Il ferma les yeux, relâchant petit à petit sa tension soudaine. Il n'allait pas supporter d'être loin de lui longtemps, il le ressentait. Prenant tout sur lui dans un effort colossal, il murmura.

    ' Je ne veux pas que tu partes. '

    À chacun son ridicule, non ? Duan rouvrit les yeux et les plongea dans ceux mi-clos d'Alann. Son expression était toujours la même – inexpressive. Mais sa voix chargée de rancoeur avait tout à fait transmis ses émotions.

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MessageSujet: Re: [PV] En attendant Dudu   Jeu 13 Mar - 21:29

Il aurait pu sentir son cœur, sous ses doigts, s'il les avait placés sur son torse dénudé, au bon endroit. Il aurait pu le sentir battre la chamade, terriblement vite et terriblement fort, proche du point de rupture, puis se calmer lors du passage de sa main sur sa joue à lui. Il aurait pu analyser son souffle, l'imperceptible dilatation ou contraction de ses pupilles, l'invisible crispation de ses muscles ... Tous ces petits changements physiques presque incontrôlables lors de violentes émotions, mais que Duan parvenait toujours si bien à maîtriser, tant qu'il aurait sans doute été impossible pour qui que ce soit d'autre de comprendre ce qu'il avait bien pu ressentir en cet instant, sans user de ces analyses précises et détaillées. Mais Alann, lui, n'en avait pas besoin. D'une part, l'empathie de son côté animal l'aidait grandement - les bêtes ne savent-elles pas déceler les émotions humaines, peur, agressivité, gentillesse, parfois bien mieux que les hommes eux-mêmes ? À cela s'ajoutait la profonde compréhension qu'il avait acquise pour son amant, à force de la passion et de l'intérêt irraisonné qu'il lui portait, à sans cesse l'observer quand il était à portée de son regard, ne jamais perdre la vision ne serait-ce que du plus anodin de ses gestes.

Quoi qu'il en soit, il avait senti le flot d'émotions qui avait manqué submerger le mage noir, et il le comprenait tellement, puisque lui-même ressentait à peu de choses près les mêmes angoisses, la même horreur à devoir s'éloigner - encore ! - et la même colère contre celui qui l'éloignait, bien qu'il sache que c'était là une quête nécessaire, sinon pour lui, du moins aux yeux du directeur - aussi stupide que cela puisse paraître. Mais bientôt, se plaisait-il à songer, et il y croyait plus que quiconque, bientôt toutes ces idioties n'auraient plus lieu d'être, quand enfin tous Ses plans se seraient réalisés - car il était évident, aux yeux d'Alann, qu'ils se réaliseraient. Cependant, une émotion lui échappait dans toutes celles qu'il parvenait en quelque sorte à percevoir : la jalousie. Il savait que Duan l'aimait, d'un amour plus fort qu'il n'aurait jamais pu même rêver recevoir, car malgré une grande incrédulité au début de leur relation, il avait fini par se laisser convaincre, et avait appris à recevoir autant qu'il avait toujours été prêt à donner. Il y croyait, il y croyait énormément, il ne voulait qu'y croire et y croire davantage ... Mais certaines choses lui échappaient encore, qu'il ne conviendrait qu'au temps de combler. Que Duan puisse être jaloux lui paraissait pour l'instant absolument impensable, et il avait l'impression d'être le seul soumis à ce genre de tourments.

    ' Je ne veux pas que tu partes. '

Là. C'était idiot, on aurait dit un adolescent, une adolescente en plein bouleversement émotionnel, et qu'une déclaration aussi simple faisait glousser hystériquement de bonheur, les larmes aux yeux. Il n'en était pas encore à là, certes ... Mais pas si loin, finalement. Cette boule qui naissait dans la poitrine, qui remontait, apportant la fièvre et les frissons de délice, et qui se nichait dans la gorge sans pouvoir aller plus loin, car retenue avec trop de fermeté ; cette boule ne contenant pas moins qu'une joie éclatante qui, s'il la relâchait, ne pourrait que produire un énorme cri plus proche de la groupie que du garde chasse endurci ; il la possédait, il la sentait lui vriller tout le corps, et ce n'est qu'au prix d'un violent effort qu'il parvint à la ravaler, et à ne pas se laisser aller à un son plus envahissant qu'un grognement presque plaintif mais qui, pour qui savait l'analyser, était l'expression d'une jouissance mentale d'une force peu commune.

Il ne put pas se retenir, en revanche, en ce qui concernait les mouvements de son corps - et en vérité il n'avait nulle envie de se retenir. D'elles-mêmes, ses mains se saisirent du visage qui lui faisait face, l'approchèrent du sien et, parcourant le reste de lui-même, il vint prendre à nouveau possession de ces lèvres délicieuses qu'il avait déjà tant goûté mais dont jamais il ne se lassait. Longuement, il l'embrassa, avec une passion jamais diminuée, jamais affaiblie, l'enlaçant avec force comme s'il avait voulu se fondre à lui afin que plus rien ne puisse plus jamais les délier. Alors que sa langue entraînait la sienne dans une danse infinie, il pressait fortement leurs deux visages, les yeux pour une fois grand ouverts, et c'en était presque douloureux. Ne jamais se quitter, une promesse intenable, chacun le savait, et pourtant les amants, depuis toujours, continuaient de se la répéter, inlassablement, par leurs paroles et leurs étreintes. S'éloigner quelques jours ; une brève déprime, pour certains ; la fin du monde pour lui. Il les massacrerait, ces chouettes, et il rentrerait vite, il ne ferait que courir sur le trajet, sans pause pour dormir ni manger, sauf s'il parvenait à capturer une proie sans s'arrêter et la mâcher tout en avançant.

Quand enfin la fièvre qui l'avait saisie se fut calmée, il détacha ses lèvres de celles de Duan et se recula légèrement, pour reprendre son souffle. Encore un moment, il le fixa sans rien dire, sans rien faire de plus, juste sa main sur son torse, caressante, tendre. Enfin, il lui sembla qu'il fallait dire quelque chose, et ce qu'il dit était la chose la plus stupide du monde, mais c'était la première qui avait traversé son esprit peu ordonné en cet instant.

    Tu veux un peu de liqueur de crapaud ?
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Duan O'Magister
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MessageSujet: Re: [PV] En attendant Dudu   Jeu 20 Mar - 1:44

    La haine. Une haine sans pareille, sans explication, sans mots, sans comparaison. Une haine de jalousie. Une haine d'amour, comme on en ressent qu'une dans notre vie. Une haine pure, et si forte qu'elle est devient aussi indestructible que passagère. C'est ce que Duan venait de sentir au plus profond de son être. Une haine d'amour, n'est-ce pas poétique ? Non, ça ne l'est pas. Non, car une haine telle que celle-ci ferait commettre au plus honnête des hommes le plus odieux des crimes. Imaginez donc ce que cette haine aurait pu faire commettre à Duan si, alors qu'elle arrivait à son apogée, elle n'avait pas été arrêtée en plein élan. Par deux mains, posées sur son visage. Par un souffle chaud, venant lui caresser la peau. Par un baiser franc, rempli d'une ardeur et d'une sincérité éternelle. Par l'amour même que lui témoignant celui qui faisait de sa vie ce qu'elle était depuis des années. Par Alann.

    Quoi ? Cela vous semble toujours improbable qu'un homme aussi sombre que Duan puisse aimer avec tant de ferveur ? Mais connaissez vous seulement les principes de la Magie Noire ? Qui a jamais prétendu que le Mal pouvait exister sans le Bien ? Qui ?! En tout cas pas lui. . .

    Sans pour autant diminuer de puissance, sa haine se transforma subitement en euphorie. Une euphorie que le laissa pantois, haletant, lorsque Alann abandonna ses lèvres. Il retomba sur le matelas, la bouche entrouverte, les yeux écarquillés, perdus dans un flot de sensations nouvelles. Il remarqua à peine qu'Alann le fixa, il sentit à peine sa main sur son torse, bien trop comblé par ses sentiments pour y faire attention. Loin d'être de l'égoïsme, son attitude était de la pure protection envers celui qu'il aimait. Car s'il avait cherché à lui exprimer son amour à ce moment là, nul doute que la cabane aurait explosé, si ce n'était pas même Poudlard avec.

    Tu veux un peu de liqueur de crapaud ?

    Duan reposa ses yeux sombre sur Alann, se reconnectant peu à peu à la réalité et savourant à nouveau la magie des 5 sens, au complet. La présence d'Alann, son contact, son odeur, sa vision, et encore le goût de ses lèvres qui persistait. Et sa voix. Qu'est-ce qu'elle disait, d'ailleurs ? Il réalisa enfin qu'il venait de lui poser une question. Une question plutôt cocasse, d'ailleurs.
    Très lentement, un sourire se dessina sur les traits froids de Duan, et il laissa échapper un soupir qu'on pouvait apparenté à un rire ironique. C'est vrai que la demande d'Alann pouvait être risible. Pourtant jamais, jamais, Duan ne se serait moqué de lui. Non, certainement pas ! Il glissa doucement sa main dans ses cheveux et s'approcha de lui, collant son front contre le sien et plongeant ses yeux dans l'abîme de son regard.

    Oui, volontiers...

    Il avait parlé dans un murmure, son souffle glissant sur le visage d'Alann. Avant de laisser celui-ci partir pour chercher la fameuse liqueur, Duan se rapprocha de lui et déposa très délicatement ses lèvres contre les siennes. Cela n'avait plus rien à voir avec le baiser fiévreux qui avait précédé. C'était une caresse, qui témoignant de l'affection - plus que de l'amour - qu'il lui portait. Puis, il le lâcha, à regret, et s'assit sur le lit, la couverture tombant pour découvrir son torse. Navrée pour celles qui fantasmaient dessus, mais le torse de Duan n'avait rien d'une plaque de chocolat de gamin égocentrique d'une vingtaine d'année. Non. Les poils le couvraient, et bien qu'aucun ventre n'y faisait de bosse, il n'était plus aussi musclé qu'une dizaine d'année auparavant. À quoi sert cette dissertation sur le poitrail de Duan ? Pour ne pas avoir à décrire ce qu'il y avait juste après, bien entendu. Il se retourna légèrement, posant son regard sur Alann, toute trace de sourire disparue sur son visage mais son regard restant aimant.

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MessageSujet: Re: [PV] En attendant Dudu   Lun 24 Mar - 12:34

Il ne comprenait pas pourquoi cette voix lui faisait toujours autant d'effet, à chaque murmure, chaque mot susurré d'une simplicité pourtant affligeante. Après cette folle nuit, il aurait pourtant dû être calmé un minimum dans ses ardeurs et ne plus s'enflammer autant au moindre mouvement anodin de son bien aimé ... Mais aussi, pourquoi fallait-il que Duan ait toujours un air aussi sensuel et attirant pour chacun de ses battements de cils ? Car quoi que puisse en dire le reste de l'espèce humaine, le Mage Noir était aux yeux de son amant une figure parfaite, la beauté et l'attirance personnifiées, dont tout en lui invitait au chavirement de l'âme et, dans des ambiances telles que celle-ci, à une luxure plutôt inattendue de la part d'un être aussi froid qu'Alann. Mais il se devait de garder contenance ; après tout ils n'étaient plus des enfants ni des adolescents et savaient suffisamment bien contenir quelques folles ardeurs - sans quoi, l'un comme l'autre, ils finiraient brisés. Il prit donc le parti de garder un minimum de sobriété ; Duan, heureusement, semblait du même avis, et tous deux échangèrent un baiser simple, sans grande arrière pensée, avant de se redresser sur le lit.

Il faisait toujours aussi sombre à l'intérieur de la Cabane, puisque depuis leur arrivée ils avaient profité de ces ténèbres sans chercher à les éclairer de quelque manière que ce soit. Mais leurs yeux avaient fini par s'habituer à cette obscurité, et c'est sans grande peine qu'Alann parvint à se diriger vers les étagères, situées non loin, ne se privant pas pour glisser au passage sa main sur la gorge, le menton puis la joue de son amant. Une caresse simple, sans tendresse particulière, simplement animée par le désir de sentir encore un moment la douceur de sa peau.

Les étagères : rien de bien incroyable, comme il fallait s'attendre de sa part, juste un unique meuble, assez simple, qui aurait pu tenir lieu de bibliothèque mais qui ne contenait absolument aucun livre si ce n'était un large carnet en piteux état, fourré dans un coin, dans lequel il prenait tantôt au garde-chasse d'y griffonner quelques notes. Il n'aimait pas lire. À la place se trouvaient tous les objets usuels, du bocal de Poudre de Cheminette à la vaisselle dont il ne se servait quasiment jamais et qui lui servait uniquement lorsqu'il recevait - ce qui arrivait une fois l'an, au maximum, et de toutes façons il n'avait jamais rien à servir dedans. Posée relativement bien en évidence, un des rares objets que la poussière ne recouvrait pas, signe qu'on en avait plus souvent l'utilité : une bouteille vaguement alambiquée, sans la moindre étiquette, dans laquelle semblait tournoyer un liquide d'un vert sombre aux reflets d'absinthe. La fameuse liqueur de crapaud.

En vérité, le batracien n'avait pas grand chose à voir dans la concoction de la boisson, mais c'étaient la couleur et les mouvements presque vivants du liquide qui avaient amené à lui donner ce nom. La véritable recette ? Un secret de fabrication qu'il était le seul à connaître puisqu'il en était l'inventeur ; secret qu'il gardait jalousement et qu'il n'avait jusque là jamais révélé à personne. Et d'ailleurs, personne n'était vraiment au courant de la rareté du produit, pour la simple et bonne raison qu'on croyait avoir à faire à la 'liqueur de crapaud' si facilement trouvable sur le marché sorcier et dans tout bar digne de ce nom, héritage de grand-mère généralement fabriqué de manière artisanale. À l'origine, Alann tenait lui aussi la recette de sa grand-mère ; elle la lui avait transmise lorsqu'il était bien plus jeune. Depuis, il l'avait néanmoins énormément améliorée et transformée, si bien qu'il n'y avait à présent plus rien de comparable entre la liqueur généralement connue et celle qu'on ne trouvait que dans sa cabane. Mais quiconque avait vu son aspect et goûté sa saveur ne pouvait que le réaliser.

Mais assez disserté sur la divine boisson. Alann se saisit donc de la fiole/bouteille au verre épais et crasseux à l'extérieur et servit deux coupes étrangement fines et délicates ; en vérité, des fûts à champagne qu'il s'était procurés Merlin savait où. À présent dans un milieu clair et transparent, le liquide apparaissait dans toute sa luminosité : absinthe fluorescent, lueur surnaturelle. Le Garde-chasse revint vers son amant à qui il tendit l'une des deux coupes.

Au dehors, la lune luisait toujours avec la même pâleur, la même tranquillité. Il l'observa un moment, silencieux, songeur. Songeant qu'il était bien, et que cette nuit ne devrait jamais se terminer.
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