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 Emma Natwick ~ Saska ~ [100%]

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Emma Natwick
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MessageSujet: Emma Natwick ~ Saska ~ [100%]   Mar 1 Jan - 23:30

.. IDENTITE ..





• NOM : Natwick.

• PRENOM(S) : Emma, mais elle se présente et insiste pour être appelée Saska.

• SURNOM : Elle est parvenue à faire adopter “Saska” en se présentant toujours de cette façon. Cependant, elle ne le considère pas comme un surnom, mais comme ce qui a toujours été son véritable prénom, quel que soit celui qu’on lui a donné.

• DATE DE NAISSANCE : Elle est née le 14 septembre 1954.

• AGE : 16 ans.

• SIGNE ASTROLOGIQUE : Vierge.

• PURETE : Ses deux géniteurs sont sorciers, même si les parents de celle qui l’a mise au monde sont moldus. Objectivement, c’est donc une sang mêlée, mais pour elle, son être ne se résume pas à un sang qu’on a voulu lui attribuer puisqu’elle se situe au-delà d’un simple corps.


• NATIONALITE : Anglaise.

• LIEU DE NAISSANCE : Province de Bristol.

• LIEU DE VIE : Province de Bristol (elle n’a jamais déménagé)

• FAMILLE : Sa « famille » (mais Saska, sans aucunement les détester, ne les considère pas comme « sa » famille, plutôt un cadre dans lequel elle doit évoluer qui, cette fois comme d’autres, lui plait relativement pour son ambiance chaleureuse) est composée de son père, de sa mère (qu’elle nomme « parents biologiques dans sa tête, et qu’elle n’appelle jamais « papa » ou « maman », mais respectivement « William » et « Claire »), deux « grands frères » (biologiques) de vingt-trois et dix-neuf ans, ainsi que d’une sœur (biologique) de vingt-et-un an. Il n’y a pas vraiment de grandes disputes dans la famille, quelques anicroches occasionnelles entre les deux aînées du temps où ils habitaient encore dans la maison de leurs parents, mais, à plus grande échelle, pas grand chose de vraiment remarquable. Ses quatre grands-parents (biologiques) sont encore en vie, on dénombre quelques tantes et quelques cousins, sans vraiment de disputes.
Que se soit pour sa famille proche ou sa famille dans un sens plus large, elle se comporte un peu avec eux comme une voyageuse envers ses hôtes, reconnaissante, polie, avenante, mais de manière beaucoup trop guindée pour paraître naturelle.




.†. PETITS DETAILS IMPORTANTS OU PAS .†.



• MAISON : /


• ANNEE : Cinquième année.


• MATIERE(S) PREFEREE(S) : Sortilèges, pour la concentration et la vivacité qu’ils demandent. Elle les associe à une certaine joie de vivre, mais ne montrera pas vraiment que c’est le cours qu’une partie d’elle aime plus que les autres : en effet, elle se montre relativement souriante et engagée dans n’importe quelle matière. Plus largement, elle s’intéresse à tous les cours (Sortilèges et autres) comme à des sortes de loisirs, qu’il faut essayer avant de pouvoir les juger (et, après tout, « elle n’aura pas ce genre de cours éternellement »).


• MATIERE(S) DETESTEE(S) : Aucune en particulier. Elle reconnaît l’utilité de toutes les matières proposées, et considère comme une sorte de chance de pouvoir les étudier. Elle préfère donc en profiter durant le temps qui lui est donné.


• COULEUR DE CHAUSSETTES : Blanches, même si elle n’a pas un goût prononcé pour les chaussettes, qui sont elles-mêmes associées à des chaussures obstruant le pied. Dès que sonne la fin des cours, elle aura tendance à les enlever pour enfiler à la place chaussons, sandales, voir rien du tout.


• LE PRENOM QU’IL N’AURAIT JAMAIS VOULU PORTER : Aucun. Pour elle, on lui a déjà donné de nombreux prénoms, et aucun n’est le sien. « Saska » reste celui qui fonde son identité.


• POSITION DANS LAQUELLE IL DORT : Saska dort une épaule posée sur l’un des bords du matelas, mais reste tournée vers l’intérieur, légèrement recroquevillée, la tête un peu penchée. Ses cheveux restent coincés sous son épaule, ou bien dévalent au-delà du matelas, restant suspendus au-dessus du sol. Son sommeil n’est que très rarement agitée, et, en général, elle reste relativement statique, paisible. Elle n’occupe pas l’espace, et une autre personne aurait tout à fait la place de dormir elle-aussi dans son lit.


• COULEUR PREFEREE : Tout ce qui, de près ou de loin, peut être qualifié de « bleu glacial », ou ce qui rappelle les glaciers emprisonnés sur les côtes, avec les reflets du soleil créant une surface dichotomique sur laquelle se décompose la lumière en différentes facette, afin de mieux éclairer les nuances de la glace. D’où un grand attrait pour les cristaux, ou, plutôt, la recherche de telles images qui cacherait une attirance pour le cristal.


• SAISON DETESTEE : Ce n’est pas une saison détestée, plutôt la saison « la moins aimée », mais Saska a du mal avec l’été. Elle s’amuse à dire que le froid glacial de l’hiver lui rappelle son village natal, et qu’elle l’adore, qu’elle ne saurait résister à l’envie de le sentir directement sur ses bras à toute heure du jour , même s’il est vigoureux, agressif ou piquant. Force est de constater qu’elle n’est effectivement pas frileuse, et que les saisons froides semblent réellement l’enchanter, tant elle aime se promener ou s’amuser en extérieur, à toucher le gel, la neige, l’air frigorifié. Elle aime l’automne pour le calme et la sérénité qu’il apporte, le bruit des feuilles friables sur le sol, les nuances qu’adoptent les arbres et le ciel, les odeurs simples et naturelles. Elle est attachée au printemps pour le renouveau qu’il symbolise, la métamorphose progressive qui s’opère, la vie qui reprend le dessus. Quant à l’été, il est à l’autre bout de l’hiver sur le calendrier. Elle considère qu’il représenterait presque une saison « en trop », parce que le printemps apporte tout de façon bien plus délicate, harmonieuse et douce.


• NOMBRE DE RELATION(S) SERIEUSE(S) : Rationnellement, aucune d’un point de vue amoureux. Elle prétend qu’il y a toujours eu On-dal, et qu’il y aura encore une fois On-dal dès qu’elle aura dix-sept ans, qu’il est le seul et qu’elle n’a pas besoin de quelqu’un d’autre. Niveau amitié, les choses pourraient également se compliquer si les gens savaient ce que Saska pense (ou pense penser) d’eux : bien qu’elle s’entoure, se montre cordiale et sympathique, elle considère les choses sur un temps court et imparti, refuse l’idée de s’y attacher et considère qu’elle ne s’y attache pas. Si on la perçait un jour, elle expliquerait parvenir à maintenir ce genre de relations « d’amitié » pour tuer le temps, par habitude, mais nul doute qu’elle possède un véritable talent pour parvenir, sans s’attacher véritablement aux autres, à construire facilement quelque chose d’éphémère avec eux en leur rendant une illusion d’amitié, et, de plus, pour parvenir à n’avoir de rapports conflictuels avec personne, à s’entourer aussi vite et aller aussi franchement vers les autres sans n’avoir aucun remord interne. Finalement, c’est plus une tentative de persuasion pour ne pas admettre qu’elle s’attache aux autres, même « pour un temps ».
Sa façon de se comporter avec certains élèves est également particulière : elle a tendance à davantage se comporter comme une « mère » que comme une amie ou une confidente. Dans ses « souvenirs », elle n’a jamais eu d’enfants. Elle tend donc à apparaître comme une présence maternel un peu idéalisée auprès de ceux qu’elle juge les plus nécessiteux, rassurante, chaleureuse, douce, tranquille, aimante et attentionnée.


• UNE MAUVAISE HABITUDE : Il ne faut pas longtemps pour se mettre à traiter « Saska », au moins dans sa tête, de « menteuse ». Les histoires qu’elle raconte sont invraisemblables, et l’on ne sait jamais si elle dit effectivement ce qu’elle prétend penser lorsque l’on observe son sourire qui, bien que franc, paraît justement trop honnête pour être crédible. Il ne semble exister aucun jour durant lequel elle ne pense ou ne prononce le nom « On-dal ». Ca ne la dérange pas non plus de regarder ses interlocuteurs avec un œil caché, ce qui passe parfois pour une marque d’irrespect contrasté par l’air gentil et doux qui se dégage d’elle.




.†. DESCRIPTION MORPHOLOGIQUE ET MENTALE .†.



• DESCRIPTION PHYSIQUE : Saska n’a pas l’apparence physique que l’on s’attendrait à voir d’une personne que l’on tend à appeler une « menteuse ». Ses yeux presque jamais grand-ouverts, représentant deux rubis bleus disposés en amande, lui font regarder le monde avec calme, assurance, patience, et ce qui aurait pu passer pour une sorte de franchise. Ses cheveux, d’un châtains très clair qui pourrait paraître « terne » à cause de la couleur légèrement grisée qui s’en dégage, révèlent néanmoins toutes leurs nuances au soleil : des tâches de couleurs qui bougent au rythme des respirations, fines, souples, comme une infinité de petits fils qui chercheraient à attraper la lumière pour la réfléchir, avec des endroits légèrement plus éclaircis présentant quasiment une velléité de blond platine et seront facilement qualifiés de « très longs » (elle se plait à dire qu’elle les avait ainsi autrefois, et qu’elle est capable de sentir la trace des mains d’On-dal sur eux, même après le temps). Une raie sur le côté gauche conditionne ses mèches et une sorte de frange qui part en oblique vers le côté droit de sa tête jusqu’à ce qu’elle rejoigne le reste de sa cascade de cheveux fins, empêchant ainsi ponctuellement toute tentative pour apercevoir son œil droit. Caché et protégé du monde, celui-ci n’en reste pas moins un subtil observateur de l’environnement ambiant, à l’image de son jumeau : elle reste une personne qui a de bons réflexes et qui sait agir vite, quel que soit le côté concerné, en utilisant une coordination entre ce qu’elle perçoit, sent ou pressent, et ce qu’elle doit faire dans l’espace particulièrement aiguisée, vive et rapide. En parallèle, son équilibre est à toute épreuve et elle n’hésite pas à toucher/frapper (rayez la mention inutile) les autres, ce qui lui permet ainsi de se défendre efficacement au corps à corps si le besoin s’en fait sentir. Pas pour autant question de rejoindre une équipe de Quidditch pour ces simples critères (d’abord, elle n’en a aucune envie) : elle n’est agile et ne donne le meilleur d’elle-même que sur de courtes périodes, sur la terre ferme.

À première vue, Saska n’a pas grand chose qui attire l’attention au milieu d’une foule. Elle sait modeler son pas sur celui des autres, alterner les cadences effrénées lorsque le temps presse ou, au contraire, savourer un paysage dans un rythme lent et contemplatif (Elle est d’ailleurs très fière de cette capacité qui démontre son agilité, son aptitude à se rabaisser ponctuellement et consciencieusement au niveau du commun des mortels) pour s’inclure au sein d’un groupe quand la situation l’arrange.

Pourtant, un observateur attentif – qui, pour une raison ou pour une autre, aurait eu envie de s’intéresser à elle et à elle seule – s’apercevra rapidement que quelque chose ne va pas chez elle. Tout d’abord, si Saska est bien proportionnée et possède des formes clairement définies, il faut toutefois se rappeler qu’elle a seulement « tout juste seize ans », et que ce mètre quatre-vingt difficilement atteint semble bien inhabituel pour son âge. Ou, au moins, on pourrait s’attendre à ce qu’elle soit légèrement gauche, qu’elle indique que cette croissance rapide est légèrement douloureuse pour ses articulations et qu’elle n’est pas habituée à voir le monde d’aussi haut. Au contraire, elle se meut avec facilité, habitude et simplicité, sans non plus verser dans l’outrance ou l’élégance. Et justement : cette élégance, combinée à un charisme marqué, sont ce qui lui manque pour que l’on puisse pousser jusqu’à la comparaison avec un mannequin. Loin des artifices ou d’une grâce qui l’auraient élevée, elle exécute ses mouvements avec naturel et simplicité, poussée par la nécessité, « comme tout le monde ».

Plus abstraitement, son apparence communique un certain nombre d’impressions de malaise. Quelque chose ne tourne pas rond dans sa manière de se déplacer, comme si elle laissait transparaître une habitude et une expérience qu’elle ne peut pas posséder. De même, son sourire n’est pas ce qu’on attendrait d’une affabulatrice : un arc de cercle fin, léger, doux, rassurant et dramatiquement mature, que viennent renforcer des yeux légèrement fermés, plissés sur la commissure, ainsi que des sourcils qui ne sont presque jamais froncés ; on s’attendrait davantage à entendre des mots gentils pour consoler un jeune élève qu’un paquet de sornettes débitées sur un ton qui se veut franc et honnête.


Dernière édition par le Jeu 3 Jan - 15:20, édité 1 fois
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Emma Natwick
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MessageSujet: Re: Emma Natwick ~ Saska ~ [100%]   Mar 1 Jan - 23:35

• VOIX : À l’image du reste de sa personne, la voix de Saska est douce, calme et posée. C’est une voix qu’on se plairait à associer à la chaleur pâteuse, sucrée et douceâtre du miel. Franche, sincère, rassurante, elle semble appuyer et confirmer la véracité de ses dires. Ne s’élevant presque jamais, c’est une voix qu’il est agréable d’entendre en période d’angoisse ou de tristesse.


• FACON DE S’HABILLER : Ses goûts ne sont pas vraiment extravagants : elle porte souvent des couleurs peu vives (même si elle n’a rien contre ces dernières), du blanc cassé, du gris, du bleu marine, voir, du noir, parfois avec un léger contraste qui « noie » la pointe de couleur. Au niveau des motifs, ses habits sont plutôt « classiques », relativement uniformes, soutenus par des coupes qui n’ont rien d’excentrique et ne peuvent en aucun cas choquer la bienséance : elle aime les vêtements qui laissent ses bras nus, mais également les cols roulés, les habits chauds et épais. Elle porte très souvent des écharpes, occasionnellement des jupes longues, contrastées par l’absence de tissu sur ses épaules. Elle tient donc à sentir le froid sur sa peau et à en être protégée en même temps. Quant à ses chaussures… elle n’aime pas vraiment ça, et le seul défaut qu’elle reconnaîtrait à l’hiver serait la dangerosité induite par le fait de se balader pieds nus dans le parc.


• DESCRIPTION PSYCHOLOGIQUE : Saska est vive, de corps comme d’esprit. Intelligente dans la pratique (ses résultats en cours sont toutefois moyens-bons, même si elle est à l’abri du « mauvais » ou du catastrophique), d’apparence tranquille, polie et courtoise, elle se distancie néanmoins implicitement des autres par son comportement (elle sera plutôt du genre à regarder les autres faire, et tenter de nouvelles expériences une fois seule) et par ses paroles : elle écoute beaucoup, parle peu, et uniquement pour faire référence à un tissu de sornettes complètement invraisemblables, auxquelles elle croit sans avoir visiblement le sentiment de devoir se justifier. Elle prétend ainsi être « maudite », en quelque sorte, condamnée à mourir au bout de huit mille jours pour renaître dans un autre corps, ayant quelques traits en commun avec son ancienne apparence, que « On-dal » viendra la chercher le jour de ses dix-sept ans et qu’elle disparaîtra pour les autres afin de passer le reste de « son temps » avec lui, et semble y croire dur comme fer. Elle se comporte en adéquation avec ses idées, ne s’attache pas sur un long terme aux gens qu’elle apprécie malgré tout. Quant à ce que l’on peut dire de ce qu’elle raconte, Saska se comporte comme si elle comprenait que les gens ne veulent pas admettre ce qu’elle juge être vrai. Elle agit, de même, comme si elle ne leur en voulait pas, et pardonnait d’emblée toute remise en cause de sa parole par d’autres élèves.
Attentionnée et attentive, douce, conciliante, elle aime vraiment prendre soin des autres, même si c’est à leur insu ou qu’ils ont une conception différente de « leur bien » ; et, là-dessus, Saska a tendance à se comporter comme si leur propre avis importait peu, comme si elle savait à leur place ce qu’il convient de faire, même si ce qu’elle entraîne est douloureux pour eux à cours terme. En voulant trop bien faire, elle en oublie donc souvent que l’on parle d’être vivant, avec une volonté qui leur est propre, et sans doute différente de la sienne.
Ca n’est pas quelqu’un de volontairement méchant (elle essaie de mesurer ses paroles, d’où, parfois, des réponses qui sont un peu longues à venir quand elle estime devoir faire particulièrement attention pour ne pas être mal interprétée ou faire de mal), mais elle paraît un peu « vide », justement parce que ses rapports aux autres paraissent un peu faussés ou guindés, eux aussi. Même en essayant de se mesurer ou de paraître discrète, une certaine curiosité, secondée par sa franchise, est néanmoins facilement détectable et pourra se ressentir à travers ses questions, voir ses remarques. Elle ne paraît pas souffrir de la solitude ou de l’isolement, et elle-même avouerait que c’est parce qu’elle sait qu’il y a quelque chose au bout : On-dal, qui viendra la chercher.


• AIME / AIME PAS / VILAINE MANIE : Saska éprouve une attirance avérée pour certains aspects de la nature, et, loin de la contempler, elle considère avant tout qu’il faut la sentir et la subir pour l’apprécier dans sa globalité.
Elle aime la sensation du froid, l’air qui essaie de mordre doucement (ce que les autres appellent, la plupart du temps, une « morsure féroce ») sa peau, la fraîcheur presque palpable, cette impression de pureté, le silence qui s’installe seulement interrompu par le craquellement, la neige qui recouvre, étouffe, fait momentanément disparaître pour recréer arbitrairement son univers, les flocons qui s’échappent du ciel les uns après les autres pour recréer le monde immaculé qu’elle dit connaître, les bourrasques qui tentent de déséquilibrer les éléments indésirables, le frisson de froid qui se manifeste en glissant le long du corps, la rencontre et le contraste entre le corps chaud et ce monde gelé. Ayant « appris » les bases du patinage avant son entrée à Poudlard, elle tient à en pratiquer occasionnellement ; bien loin d’avoir un niveau professionnel, incapable de faire la plupart des figures, elle se déplace toutefois avec une aisance et une habitude qui paraissent un peu étonnant compte tenu du petit nombre d’heures qu’elle a passé à s’y essayer. Elle aime évoluer sur la glace, lentement ou rapidement, environnée par le froid ambiant, bouger, tout simplement, en se laissant porter par son élan, glisser sur la surface glacée pour avoir l’impression de retrouver une partie de son histoire.
De ses goûts de froid, elle aime également le blanc, les couleurs qui lui rappellent la glace, les aliments frais, et, tout simplement, le vent.
Qu’importe d’où il vienne, qu’importe sa puissance et son intensité, qu’importe les tumultes, les odeurs, les ravages, les histoires des pays traversés qu’il raconte, Saska aime l’entendre lorsqu’il rencontre des obstacles ou lorsqu’il se retrouve emprisonné par ces derniers, le sentir contre sa peau, le sentir la pousser, elle aussi, en emportant ses cheveux dans sa course, le sentir s’enfuir, voir les branches des arbres tenter de le retenir et finalement le mettre au grand jour, le rendre presque discernable par les feuilles qu’il emporte. Il lui rappelle On-dal, qui, dit-elle, arrive toujours avec le vent, comme s’il était lui aussi emporté par ce qu’il ne contrôle plus.
Saska aime le bruit mélancolique, nostalgique, parfois, issu de la rencontre entre les doigts de l’homme et les touches du piano. Elle n’a jamais connu grand chose en musique, mais se fie à ses impressions et ses sentiments, se laisse bercer pour laisser revenir les images de ses souvenirs qui suivent le fil des mélodies, calquant leur débit sur ce dernier, faisant ressurgir les rencontres, les séparations, les couleurs, les formes et les odeurs. Elle aime essayer de deviner les histoires racontés à travers les morceaux, tenter de trouver les détails qui lui permettront de déchiffrer l’état d’esprit du pianiste.
Et, justement, dire qu’elle apprécie beaucoup les histoires serait un euphémisme. Celle de chacun, le cheminement parcouru, la façon dont ils voient l’univers dans lequel ils évoluent, leurs difficultés, leurs problèmes, les aléas qui la vie fait jouer sur eux, quels qu’ils soient, et ce même si Saska risque d’oublier la personne à qui attribuer telle ou telle histoire. Sa préférence va toutefois envers celle des adultes, même s’ils sont moins enclins à la raconter, qu’elle écoute avec une certaine envie, puisqu’elle « n’a jamais pu être adulte très longtemps, fonder une famille, continuer à évoluer dans la même sphère ». Mais elle aime également ceux qui lui racontent, même de façon trop incomplète pour paraître crédible, ce qu’ils auraient voulu être, ce qu’ils n’auraient pas voulu être, ce dont ils auraient souhaité être débarrassé : ce sont en général vers ces personnes qu’elle ira chercher ce rôle de « mère ». Celle qu’elle semble considérer comme la « sienne », elle aime visiblement en raconter des bribes, plutôt décousues, sans grand lien les unes avec les autres, avec l’air un peu nostalgique de celle qui s’en souvient sans pouvoir réellement les retrouver. Les histoires, les contes, les fables, les poèmes et les légendes autour de la vie et la mort, le temps et les Dieux, ont le don de capter son attention.
Du reste, elle n’est pas difficile. Elle profite de la vie, d’une certaine manière, en n’hésitant pas à tenter de nouvelles expériences, de nouvelles sensations, sans avoir peur de se tromper ou de se faire du mal – après tout, elle « sait » qu’elle ne mourra pas avant son huit millième jours. Elle essaie de rester ouverte, de comprendre, ne pas détester, de pardonner. Même si on la traite de menteuse, ça n’est pas « méchant » : c’est juste par « protection ». « Et puis, ils ne peuvent pas vraiment savoir. Ca n’est pas leur faute à eux, ils sont extérieurs ; ou, plutôt, elle est un élément perturbateur potentiel dans leur univers. » De par sa « situation », qu’elle revendique comme vraie et non pas mensongère, elle en tire une attitude un peu distante, mais qui tente par tous les moyens de rester calme et compréhensive. Elle ne se met pas (« plus ») en colère par peur de blesser, par peur de faire un mal que le temps ne saura jamais réparer.


• COMPORTEMENT ENVERS LES AUTRES : Même si elle en donne toutes les preuves, la façon dont Saska considère les autres (ou pense considérer les autres) est loin d’être simple. Ca n’est pas vraiment qu’ils l’indiffèrent ou l’ennuie, mais elle les voit comme des relations « pour un temps », desquels elle n’entendra plus jamais rien, sauf cas suffisamment inhabituel pour être répertorié comme « exceptionnel ». On ne peut pourtant pas dire qu’elle se montre « fausse » : elle aime vraiment discuter avec eux et les écouter, l’affection qu’elle peut éprouver pour certains est franche et réelle, malgré cette sorte d’ultimatum des dix-sept ans qui ordonne tout, et au bout desquels ils ne lui manqueront pas. Du moins, pour elle, tout s’est toujours passé ainsi, et tout a toujours été très bien sur ce plan-là.
Elle a également tendance à se montrer sous une apparence maternelle envers certains, même si eux ne voient pas les choses comme ça. Saska a besoin de donner cette affection qu’elle considère n’avoir jamais pu donner à un enfant, à « son » enfant qu’elle n’a jamais porté. Elle peut alors se montrer relativement tactile, tendre, même si ses sentiments restent cloisonnés dans un domaine bien défini : elle n’a jamais aimé et n’aime que On-dal.


• REPUTATION(S), PARTICULARITE(S) : Elle n’est pas célèbre au sens propre du terme, mais, s’il faut parler d’elle, on la présentera souvent comme un menteuse, une falsificatrice prisonnière d’un imaginaire irrationnel et illogique. Néanmoins, comme elle est relativement jolie, qu’elle ne prend pas vraiment la tête sur la part de vérité que l’on accorde à ses histoires et que sa conversation n’est pas « lourde » (il est extrêmement rare qu’elle se montre triste devant les autres, qu’elle se plaigne « pour de vrai » ou qu’elle parle de cours), on lui pardonne en général.



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Emma Natwick
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MessageSujet: Re: Emma Natwick ~ Saska ~ [100%]   Mar 1 Jan - 23:40

.†. HISTOIRE .†.





D’où je viens… Où je vais…
Les interrogations silencieuses n’obtiennent jamais de réponse. C’est parce que ne sont pas les bonnes questions, susurre une voix à mon oreille. Ce sens-là, tu peux le choisir toi-même ; c’est si facile, s’il ne te convient pas, tu peux le rayer pour être sûre de le faire disparaître à tout jamais. Tant que tu n’auras pas trouvé les bonnes questions, tu subiras les effets de leurs réponses, ajoute-t-elle. Le temps est ton allié, il ne te noiera jamais. Ta seule bouée imaginaire, ce ne sont que Ses réponses.





***



Tout avait toujours fonctionné ainsi. Un beau jour, arriver à mettre des mots sur les sentiments, et se rendre ainsi compte que « sa famille » n’était pas sa famille, quelle que soit sa gentillesse. Oh, il y avait eu des familles moins gentilles que d’autres, devant lesquelles il avait fallu accepter de vivre difficilement, durant les années imparties. Il y avait toutefois plus de souvenirs de « gentilles familles » que d’autres. D’abord, arriver à se dire que « sa famille » n’était qu’un ramassis d’étrangers qui lui avaient peut-être donnée naissance. Qui l’acceptaient comme leur fille. Qui croyaient qu’elle était leur fille. Mais les souvenirs revenaient toujours, et, avec eux, les constatations douces-amères dont elle n’aurait pourtant jamais voulu se débarrasser. Une mémoire de neige, d’eau parfois emprisonnée par les glaces ; d’un froid mordant, mais qui l’entourait chaleureusement et l’atteignait à travers la main de son père, son vrai père, celui qui avait été le tout premier. C’était là qu’elle était née, au début. Il n’y avait eu que cet endroit. Ca n’était pas « méchant ». Ceux qui engendraient son corps n’y pouvaient rien ; ils espéraient une fille, ils semblaient l’aimer, mais Saska constatait tristement que ça ne pouvait pas être « ça », parce qu’ils prétendaient la tenir en affection pour la seule partie de sa vie qu’ils pouvaient voir : celle qu’elle avait passée en leur présence. « Saska ». Qu’importe la manière à travers on choisissait de la désigner, elle ne pouvait pas oublier ce prénom. Son prénom. À chaque fois, il était l’une des premières choses qui lui revenaient. Il allait de pair avec cette voix qui le prononçait, gentiment, à travers les longs cheveux qu’il avait toujours voulus garder. Les fils qui glissaient entre ses doigts, rattachés en une natte à l’arrière, avec les mèches qui encadraient son visage jusqu’à en cacher la moitié. Elle avait envie de faire de même, de cacher ses yeux au monde pour qu’il soit le seul à pouvoir les voir, dans ces moments d’obscurité où le besoin d’une preuve d’unité se faisait ressentir. Elle avait envie qu’il soit le seul à avoir le droit de révéler ses yeux, comme il l’avait autorisée à le faire pour lui ; il y avait peu de personnes capable de dire si On-dal avait encore des yeux. Elle se souvenait du léger cliquetis que produisaient ses anneaux d’argent accrochés à ses oreilles, sans qu’aucun vent extérieur ou qu’un mouvement de sa part ne les ait intentionnellement poussés. Elle se rappelait de sa prestance, de sa façon de tourner sa tête vers elle, de sa chaleur, cette chaleur dépourvue de vie qui l’avait toujours réconfortée. De son sourire, un sourire plein et fin, le sourire qu’elle avait toujours essayé d’imiter à travers les années et les corps. On-dal lui revenait, à chaque fois.

Et elle se rappelait ce qui l’attendait. Le rythme effréné d’une danse sans fin, dans laquelle l’attendait dix-huit années de solitude. Naître avec ce corps, se rappeler, se retrouver en tant qu’elle, partir à la recherche de bribes manquantes, chercher à savoir si quelque chose, un petit quelque chose, un minuscule événement, n’avait pas changé. Repenser à cette époque, sentir le creux naître dans son cœur à mesure que les souvenirs concernant On-dal revenaient. Attendre, désespérément, essayer de voir quelque chose qui lui rappellerait physiquement On-dal, avec, toujours, la crainte de ne plus jamais le revoir. Vivre, évoluer dans un univers qui n’était pas le sien – elle n’avait jamais réussi à retrouver celui qui lui appartenait –, attendre, patiemment, ses dix-sept ans. Ce jour là, On-dal venait la chercher. Il n’y avait plus besoin d’attendre. Ils étaient ensemble, il était là, devant elle, juste pour elle, jusqu’à ce que son temps soit écoulé. Il « l’enlevait », gentiment, disait-il. Pour elle, il la libérait de la prison dans laquelle l’avait condamnée sa naissance. Laisser un peu de temps avant de revenir avait été une idée d’On-dal : il disait en souriant, à chaque fois qu’elle essayait de lui faire comprendre qu’elle s’était sentie seule sans lui, que c’était pour elle, pour qu’elle ait le sentiment d’avoir le choix, pour qu’elle ne se sente pas obligée – et, un peu pour lui, aussi, de ne pas avoir à supporter tous les stades de son évolution jusqu’à un corps adulte, pour qu’ils se montrent à eux-mêmes qu’ils étaient capables d’attendre. Pour elle, son choix, elle l’avait fait depuis qu’elle avait rencontré On-dal. Il n’y avait pas de temps à perdre, parce que ses jours étaient comptés. Ils vivaient, ensemble, délicatement, ensemble comme ils auraient toujours dû être, comme le temps aurait toujours dû s’écouler. Mais, vers la fin de sa vingt-deuxième année, son cœur s’arrêtait de battre, toujours. Ses huit-mille jours étaient écoulés. Ils savaient à quel moment elle partirait ; ils savaient les symptômes ; ils savaient qu’elle ne pouvait pas mourir ni avant ni après. C’était inéluctable. La « malédiction », à défaut de lui donner un autre nom, fonctionnait ainsi. Les eaux empoisonnées dont elle avait été la seule à survivre l’avaient marquée à tout jamais, sans qu’elle ne puisse rien n’y faire. Parfois, elle demandait à On-dal – et lui comprenait, comme il avait toujours tout compris – de l’achever lui-même, de sa main, pour qu’elle sente plus que jamais la proximité avant que tout s’évanouisse pour la plonger dans son monde obscur où elle serait seule. Il n’y avait plus personne dans ces moments, comme dans le cachot sans porte où tous les enfants étaient morts, les uns après les autres, des souhaits qu’ils avaient formulé à l’arbre pour qu’il les soigne des eaux maudites. Elle était seule, avec le bruit lugubre de ses propres sanglots qui se répercutait sur les pierres froides et rugueuses. Il finissait par ne plus rien y avoir. Le temps avait mis en avant une nouvelle génération. Une nouvelle famille lui donnait naissance, enclenchait sans le savoir un énième décompte, et la considérait comme « son bien ». Mais Saska finissait alors par se rappeler. Le temps ne se lassait pas de ronger ses jours. Il n’y avait plus que ses dix-sept ans à attendre.




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MessageSujet: Re: Emma Natwick ~ Saska ~ [100%]   Mar 1 Jan - 23:41

***





« Mademoiselle Natwick semble montrer une attitude de dénie face à la réalité même, en s’enfuyant et en faisait fructifier un imaginaire qu’elle présente comme déjà en place bien avant sa naissance. Ces troubles psychologiques ne semblent pas avoir de répercussions comportementales si l’on exclut sa tendance à mettre en avant l’histoire racontée pour se persuader elle-même de sa véracité. Néanmoins, ayant un comportement relativement pacifique et disant elle-même refuser l’idée de la mort, ces troubles ne paraissent pas empiéter suffisamment loin pour parler d’une pathologie.
Le cas est à méditer, voir, à éclairer par le positionnement que la patiente prendra à partir de la désillusion entraînée par l’anniversaire de ses dix-sept ans, mais j’avancerai les hypothèses suivantes :
- Son cas pourrait représenter une variante de Roman familial, et son unique motivation serait donc l’exclusion des parents biologiques du véritable cercle familial, auquel cas il serait alors nécessaire de lui faire comprendre implicitement le lien qui les unit. Suivant cette hypothèses, la seule partie du Roman Familial a être tombée dans l’inconscient serait la motivation de l’exclusion elle-même : la patiente explique bien refuser de considérer ses parents comme ses véritables parents. L’autre partie, alors dépourvue de cause ou de but, la pousserait à maintenir son illusion particulière en place, même si elle se retrouve en inadéquation avec sa réalité environnementale.
Toutefois, il faut néanmoins nuancer ce propos à la lumière du vocabulaire employé par la patiente elle-même : à la différence d’un Roman Familial classique, elle admet volontiers l’attribution de « parents géniteurs », mais récuse la fonction affective, tout en reconnaissant l’affection que ces derniers lui portent. De même, après cette suite d’entrevues, le traumatisme déclencheur ne lui a toujours pas été dévoilé.
- La seconde hypothèse me pousserait à croire que nous sommes face, ici, à un dédoublement de personnalité induit par ces troubles psychiques. La patiente semble en effet accorder une part importante de ses préoccupations à ce qu’elle nomme elle-même « On-dal ». Les hypothèses se fragmentent également : après examen, il ne s’agirait pas d’un être vivant, comme l’avait craint Monsieur et Madame, mais il est encore possible que ma patiente se soit inspirée d’une véritable personne. Il est plus probable qu’une réminiscence la pousse en parallèle à s’accrocher à cette figure « d’ami imaginaire » qui aurait évolué à travers son développement, jusqu’à former « l’entité On-dal ». Cette part d’esprit, atome libre sans la reconnaissance consciente de son inexistence, pourrait représenter un danger, une excuse derrière laquelle la patiente se cacherait pour effacer le sentiment d’un vide affectif persistant.
Pourtant, les constatations actuelles ne semblent pas différer de celles des premières séances. Elles sont à mettre en lien avec la vivacité d’esprit qu’a montré très tôt le sujet, et, de là, une troisième hypothèse est envisageable.
- La patiente ne serait… »


Le docteur Richard Marenns laissa quelques secondes sa plume dans cette position statique, au-dessus du papier, stoppée net dans son avancée, avant de la reposer sur les lignes écrites et de se masser les tempes. Peu de ses homologues avaient choisi de dicter à leur plume leurs notes personnelles. Beaucoup s’étaient aperçus, très vite, que cette méthode ne leur permettait pas de retenir efficacement leurs propres pensées. Là-dessus, comme sur d’autres choses, les méthodes sorcières, en voulant faciliter la vie des hommes pour répondre aux besoins constants induits par leur propre fainéantise, ne faisaient que poser des difficultés supplémentaires. Richard Marenns étaient fils de deux sorciers, mais avaient passé une scolarité identique à celle de ses condisciples : pour lui comme pour les autres, reprendre une vraie plume n’avait pas été source de problème, mais avait fait naître une pointe de nostalgie, en mémoire des longues heures à gratter désespérément sur le parchemin pour saisir chaque bribe d’information.
Les psychologues sorciers n’avaient pas grand chose de différents des moldus. Après Poudlard, Richard Marenns avait suivi ses cours parmi eux, pour finalement compléter sa formation par une dernière année sous tutelle sorcière. Quelques découvertes, liées à la magie et leurs effets sur les sorciers, ne pouvaient pas être placées dans des mains de psychologues moldus. De plus, les familles sorcières étaient beaucoup plus confiantes : leurs enfants ne risquaient pas de révéler par inadvertance l’existence d’un monde sorcier, et, surtout, seuls les psychologues sorciers étaient aptes à comprendre une partie des problèmes auxquels leurs bambins étaient confrontés. Ils pouvaient parler librement. Même si la psychanalyse, dans les deux mondes, avait eu du mal à gagner son public, sa reconnaissance viendrait, un jour ou l’autre. Peut-être qu’un jour, il serait possible d’arriver à expliquer que l’on était suivi sans être automatiquement traité de fou, qui savait ?
Le regard de Richard Marenns buta contre la plume, et, à travers lui, sur sa phrase laissée suspendue. Il s’était arrêté non pas par fatigue, comme il aurait aimé le croire, mais par incapacité à écrire la suite. La troisième hypothèse était quelque part, en cheminement, sur le point d’être formulée, mais une autre, une sorte de constante « dernière hypothèse » voulait s’imposer à sa place. Celle-là, elle avait fait son apparition entre la première et la deuxième hypothèse, voilà cinq ans, quand il voyait depuis deux ans la gamine alors âgée de onze ans. Les séances s’étaient multipliées avant son arrivée à Poudlard, parce que ses parents désespéraient de voir qu’elle ne changeait pas. Au moins, ils avaient eu la bonne idée de ne pas tenter une persuasion physique à force de coups…

Ah ! Cette fichue dernière hypothèse ! Richard Marenns était un homme rationnel, et la refusait en bloc, qu’elle essaie de s’installer ou pas. Il avait un peu parlé de ce cas-là à son maître de thèse, mais avait brusquement arrêté lorsqu’il avait compris qu’il s’apprêtait à considérer sa patiente comme un sujet de laboratoire, exemple vivant démontrant les influences respectives des deux parts opposés du psychisme humain. A la place, il avait demandé à d’autres collègues, qu’il jugeait peut-être un peu plus compétents que lui. Le discours de la gamine n’avait pas changé d’un pouce : elle était restée aussi directe et gentille qu’à l’ordinaire, avait accepté sans se montrer le moins du monde méfiante. Même si elle était un sacré casse-tête, ça n’était pas le premier cas qui refusait de se laisser résoudre. Sauf que, d’habitude, cette fichue dernière hypothèse n’était pas vraiment insistante. Pourtant, il ne pouvait pas s’empêcher de l’apprécier, cette gamine, malgré son sourire qui n’était même pas moqueur (il aurait bien aimé pouvoir se dire que c’était le cas, pour avoir une raison concrète de ne pas l’aimer, mais le voir suffisait à exclure cette possibilité). Lorsque ses parents, légèrement inquiets (euphémisme ? Il ne se rappelait plus de la tête qu’ils lui avaient offerte, à cette époque), l’avait emmenée, la gamine âgée de six ans n’avait pas bronché. Elle n’avait pas eu l’air de leur en vouloir non plus. Mais Richard Marenns s’était aperçu très tôt qu’elle ne réagissait pas comme ça par ignorance face à sa situation : elle savait très bien. Elle avait agi comme si elle comprenait leurs réactions, comme si elle comprenait que tout ce qu’elle disait semblait être un tissu de mensonges. Dès ce moment, sa curiosité avait été piqué, et il n’avait pas été déçu. Il l’aimait bien, cette gamine, malgré le problème qu’elle lui posait. Ou peut-être qu’il l’aimait bien par le problème qu’elle lui posait ?

Par la suite, il avait tenu à garder un œil sur elle. Elle était restée au sein de sa famille et n’était pas allée en école élémentaire, sa mère étant femme au foyer et ayant déjà assuré l’éducation des trois autres enfants. Son père travaillait au Ministère des Jeux et des Sports. Il semblait être proche de sa famille. Les entretiens qu’il avait eus avec les cinq membres ne lui avaient rien révélé de particuliers, ne se contredisaient pas. Ce n’était pas une famille à problème. Pas une famille dans laquelle on s’attendait à trouver un cas qui méritât tant d’attention, et c’était bien là le problème. En même temps, c’était peut-être là que se trouvait une partie de la réponse : à un univers anormalement stable répondait une réaction qui ne pouvait pas être classée. Ou qui ne pouvait pas encore l’être.

Elle n’hésitait pas à parler. Elle avait semblé être un peu surprise de son intérêt pour ce qu’elle racontait, et, là-dessus, elle l’avait effectivement doublée : il s’était finalement aperçu qu’elle ne se trompait pas, qu’il s’y intéressait beaucoup trop, bien plus que ce qu’il fallait. Il ne prenait pas de notes, à chaque fois : souvent, il lui était plus facile de se rappeler de la voix de ses patients, et, à partir d’elle, de retrouver leurs propres termes, que de relire des notes impersonnelles dans lesquelles il ne reconnaissait même pas sa propre voix. Il l’écoutait donc. Mais même après tout ce temps, après comparaisons, études, mises en commun, ses collègues et lui n’arrivaient pas à trouver une symbolique dans ce qu’elle disait. Il avait fait des recherches plus poussées dans son cadre familial, avait reçu chaque membre de la famille séparément, s’était renseigné auprès de proches : mais non, aucune histoire de ce genre ne lui avait été racontée, aucun élément ne se raccrochait à ses dires. L’hypnose ne fonctionnait pas, la fillette, puis adolescente, ressortait éternellement le même discours, continuait obstinément à se présenter comme « Saska » devant les autres. Le Roman semblait s’être enraciné dans son subconscient avant d’envahir le reste, jusqu’à en persuader fermement sa partie consciente. « Saska », à la base, avait dû être un des personnages du Roman. En s’assimilant à elle, elle se transformait elle-même en un de ses personnages. Pourquoi ? Pourquoi ressentait-elle ce besoin, pourquoi avoir créé l’entité « On-dal » alors que la seule solitude qu’elle formait était celle qu’elle semblait s’imposer ? Une curiosité, bien plus professionnelle, bien plus inhumaine, aussi, n’avait pas tardé à poindre : comme évoluerait-elle ? Changerait-elle avec en environnement différent ? Sans repères chronologiques ni présences humaines, continuerait-elle à soutenir ce qu’elle soutenait ? Mais Richard Marenns n’était pas un monstre. Il savait que ces idées étaient tordues, malsaines, inhumaines dans leur humanité. Il n’appliquerait jamais ça. Il continuait juste de la voir, de temps en temps. Elle racontait toujours des choses différentes, mais, s’il lui demandait, elle était capable de raconter ce qui l’avait déjà été sans changer de détails. C’était à ce niveau-là, sans doute, que se situerait sa troisième hypothèse, si elle arrivait elle aussi à surmonter la « dernière » qui tendait à s’imposer.
Cette fichue dernière hypothèse…


« Et si c’était vrai… ? »


***


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Emma Natwick
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MessageSujet: Re: Emma Natwick ~ Saska ~ [100%]   Mar 1 Jan - 23:43

***



- Excuse-moi…

Sa voix était calme mais sincère. Elle avait été désolée, à ce moment. Elle s’en était voulue, elle savait que, d’une manière qu’il ne savait pas, elle était bien coupable. Ils étaient tout deux en haut de cet immeuble. Lui avait passé la rambarde de sécurité, sans lâcher les pages blanches parsemées de notes noires qu’il tenait de sa main gauche, entourant la barre métallique. La droite était invisible, mais elle savait ce qu’elle contenait. Même quand les évènements s’étaient déroulés, à l’époque où ça n’était pas encore un rêve qu’elle faisait comme les autres, sans réel sentiment d’angoisse ou de peur, elle avait su ce qu’il tenait. Elle se rappelait qu’elle avait un peu de mal à respirer après avoir gravi toutes ces marches, lorsqu’elle avait compris ce qu’il comptait faire. Elle était partie à sa poursuite, comme s’ils avaient ne serait-ce qu’un seul jour marché au même pas.

Lui ne bougeait pas. Ses cheveux étaient entraînés par le vent, comme s’ils souhaitaient prendre leur envol. Ou, plutôt, comme s’il souhaitait prendre le sien. Son dos, même après le temps, était toujours aussi fragile. Plus que les autres, il était quelque chose d’éphémère. Mais il avait été gentil, si gentil avec elle, comme s’il avait eu peur que se soit elle qui se brise. Il n’avait jamais réalisé qu’elle ne regardait pas la fenêtre pour se protéger. Elle attendait juste. Elle avait bien vu que lui non plus ne regardait pas leurs jeux d’enfants comme de simples amusements qui méritaient d’être oubliés. Elle avait su avant lui la manière dont il la regardait. Et si elle avait été intimidée, un peu gênée, parfois, c’était de voir celui qu’elle aurait voulu avoir pour fils la considérer comme une femme.

- Pardonne-moi…

Mais elle savait qu’en s’excusant, elle admettait la faute. Il ne pouvait pas savoir pourquoi elle se sentait réellement coupable. Pour lui, elle ne faisait sans doute que confirmer ses craintes. Elle avait bien quelque chose à se reprocher. Les mots étaient ainsi, incomplets et vide de sens. Ils ne servaient qu’à être interprétés, à être mal interprétés. Elle voulait lui dire. Elle devait lui dire, avant qu’il ne se jette voracement sur ce qu’il voulait reconnaître comme la vérité et que son départ ne le plonge dans un désespoir bien plus profond, où il se considérerait comme le seul fautif, où il détruirait sa vie en plus de sa mort.

- Je te demande pardon…

Et elle ? Pourquoi continuait-elle à s’excuser ? Elle en savait une partie, celle qu’elle aurait voulu ne jamais voir, même s’il fallait maintenant l’accepter avec un sourire amer et un pincement au cœur. Elle ne pouvait pas le nier. Elle était celle qui se souviendrait. Il fallait qu’elle essaie de l’en empêcher, même si c’était trop tard. Pour lui aussi, d’une certaine manière : s’il venait à s’en rappeler, il devait pouvoir se raccrocher à une image qui lui enlève le poids de toutes les responsabilités. Il était innocent : elle était la fautive qui s’excusait.

- C’est parce que j’ai été négligente.

Son dos tremblait. Non, elle n’avait jamais été la blonde Ismène. Les murmures, les rumeurs et les commérages ne l’avaient jamais arrêtée dans ses gestes. Elle avait pris l’habitude de les oublier parce que « rien n’avait d’importance », qu’elle disparaîtrait vite, sans laisser de trace, et que, bientôt, ils oublieraient jusqu’au nom qu’il lui avait donnée. Sans être arrêtée, elle n’avait pas fait attention à ses sentiments à lui. En ne donnant rien en retour qui puisse le rassurer, il avait fini par les croire. Sans mettre de mots, il avait su qu’elle ne lui avait pas tout dit. Sa jalousie avait dû naître sur ce fondement. Il avait tout pris de travers. Il avait cru que c’était « pour lui », juste « contre lui ». Il l’avait pris personnellement, et, lorsque Saska s’en était aperçue, elle n’avait rien dit : elle avait fait du mal à son « fils ».

- Je t’apprécie réellement. Mais tu sais…

Elle aurait voulu qu’il comprenne, qu’il soit plus fort que les autres. Elle savait que, d’une certaine manière, elle l’avait déjà perdu. Elle ne pourrait pas l’arrêter, quoi qu’elle essaie. Si elle lui mentait, vraiment, si ce n’était plus « ne rien dire » mais bien « mentir », il irait bien plus mal lorsque On-dal viendrait pour l’emmener. Les choses seraient pires. Elle ne pouvait pas le laisser comme ça. Si elle avait commis une faute, quelque chose qu’elle n’aurait pas dû faire à quelqu’un qu’elle aimait, il fallait qu’elle aille au bout, qu’elle le libère de cette peur de solitude. Elle le retrouverait, un jour, avec l’aide d’On-dal. Ensemble, ils guériraient cette peur. Même si ça n’était plus dans la vie. Elle devait assumer. Elle devait lui dire.

- … mon cœur, je l’ai donné pour toujours, à quelqu’un qui était déjà bien avant ta naissance. C’est trop tard. Je suis désolée. Je vais mourir, tu sais. Je meurs un peu comme les autres, mais moi, je me souviens de tout.

Il ne l’avait pas écoutée. Peut-être ne l’avait-il jamais fait, au fond. C’était ainsi : de là où elle était, Saska avait toujours vu les autres réagir comme bon leur semblait, sans prendre en considération ce qu’étaient les autres. C’aurait pu être usant, mais Saska s’était vite aperçue que le détachement qu’elle adoptait la protégeait de ce que « ces autres » pouvaient décider.

Elle se rappelait bien de cette main qui avait pris appui contre la rambarde pour se tourner vers elle. Elle se souvenait de ses yeux bleus, jadis pétillants, qui restaient définitivement fixes et flous. Le bandage autour de sa main n’avait pas été refait depuis des heures, et le bout du tissu s’était échappé pour suivre les mouvements du vent.

Il l’avait toujours considérée plus que comme une amie d’enfant. Un peu arbitrairement, il avait décidé de ses sentiments à elle. Elle avait été fiancée. Ca n’était pas la première fois qu’une telle chose arrivait, et, parfois, la situation avait été bien pire, le mariage déjà consommé, malgré elle. Cela faisait longtemps qu’On-dal ne revenait pas avant le dix-septième anniversaire. C’était aujourd’hui qu’il devait venir, et, plus que d’ordinaire, elle avait oublié les sentiments des autres en l’attendant, alors pourtant qu’elle savait qu’il allait mal face à son attitude. Elle avait été la seule à être là, lorsque ses doigts brisés s’étaient vus incapables de rejouer du violon. Elle avait voulu le consoler, lui laisser une note d’espoir. Mais il y avait cet anniversaire et, avec lui, les retrouvailles avec On-dal. La jalousie était née parce qu’elle n’avait pas su cacher cette attirance pour quelqu’un d’autre. Lui ne l’avait pas supporté, comme l’aurait fait l’enfant qu’elle voyait à travers lui, pour une fois.

- Arrête… s’il te plait, arrête… tu ne sais pas ce que ça fait, tu ne sais pas que… tu vas le regretter, tu auras l’éternité pour le regretter, jusqu’à ne plus te souvenir par quoi tu es hanté… s’il te plait…

C’était par pure formalité, elle le savait. Mais On-dal lui avait dit. On-dal savait, et maintenant, elle aussi savait. Le pire, c’était peut-être le risque qu’elle croise un autre ce « prochain lui » qui se formerait alors, ce lui qui aurait tout oublié et qui, ainsi, finirait par devenir quelqu’un d’autre. Mais elle, elle devrait lui rappeler, pour que ses excuses prennent enfin consistance. Ces besoins maternelles, elle les ressentait réellement depuis sept ou huit générations. Il avait été le premier à les subir, parce qu’elle n’avait pas su dire « non » au bon moment. C’était à lui qu’elle avait envie de s’excuser.

Il avait levé la main droite. Elle avait vu l’éclat argenté. Elle avait instinctivement fermé les yeux lorsque la détonation avait résonné sur le toit presque désert. Elle les avait rouverts pour voir le corps s’affaisser et tomber. En disparaissant de sa vue, il avait disparu de la vie.

Les partitions s’étaient constellées de notes rouges. Le rouge et le noir s’étaient battus silencieusement dans les airs. Le vent avait voulu les arrêter en les dispersant, mais elles étaient encore hautes et la chute longue. Le combat n’avait pas donné de vainqueur. Saska avait été incapable de regarder par-dessus la rambarde. Les partitions avaient disparu de sa vue une fois tombées plus bas que le sol du dernier étage.
On-dal était venu quelques minutes plus tard, avant que les premières personnes ne montent jusqu’à elle. Il avait suffit qu’il la touche pour qu’elle s’endorme d’un sommeil calme. Elle avait disparu, comme d’habitude, sans qu’on sache ce qu’était devenue « Alicia », pour cette fois. Elle ne savait même pas ce qui se diraient, quelles conclusions ils tireraient sur sa disparition et sur ce corps démembré, en bas de l’immeuble, une balle coincée quelque part entre ses deux tempes. Le sommeil ne l’avait pas empêchée de réfléchir. Elle n’avait même pas pu se consoler en se disant que, quand ils se reverraient, « il irait mieux ».




Les yeux de Saska s’ouvrirent lentement pour faire face, dans un semblant d’obscurité mélangé à quelques rayons de soleil qui peinaient à s’imposer, au tissu froissé de l’oreiller face à elle. Encore une fois, aucune tête n’était posée dessus. Il était vide. Encore pour quelques temps.
Basculant pour se retourner sur le dos, la jeune fille – bientôt, elle pourrait retrouver la qualification de « jeune femme » – leva le bras, étendit ses doigts et regarda le plafond à travers sa main tendue. Il allait bientôt falloir y retourner, juste pour un an. Retourner sans « sa maison » – et elle trouvait toujours le fait de devoir l’appeler ainsi, à défaut d’autre chose, comme une ironie sans borne, pour elle qui était incapable de se rappeler où était sa maison, sa vraie maison où elle avait vécu avec ses parents, ses frères et sœurs jusqu’à ce que ce groupe de sept personnes passe sur leurs terres, qu’elle tombe malade, qu’elle finisse par en mourir pour la première fois, quittant à tout jamais ce qui était resté sa famille, sa vraie famille –, avec les gens qu’elle croiserait. Il la regarderait d’un drôle d’air, sans doute, mais elle ne considérait pas qu’avoir parlé de ses souvenirs dès sa première année avait été une erreur. Elle s’en souvenait ; quelle importance, que les autres, après, la croit ou pas ? Ils semblaient refuser l’idée d’être conditionnés par l’univers dans lequel ils évoluaient, mais, pourtant, par ce rejet, par ce « Menteuse ! » ou cet air horrifié, ils agissaient comme tels. D’autres s’étaient accoutumés, mais elle voyait bien qu’ils avaient capitulé sans la croire. Ca n’était pas grave : elle savait le vrai du faux, c’était tout ce qui importait. Si ces souvenirs étaient bien là, s’ils étaient revenus comme ils l’avaient faits, c’est que, foncièrement, ils se rapportaient à des évènements qui avaient bien existé. C’était tout ce qui comptait.
Devoir retourner dans cette école n’était pas vraiment un sentiment douloureux ; dans ses souvenirs, elle n’était jamais née dans une famille sorcière et avait eu beaucoup de choses à découvrir, pour une fois, mais la réaction des élèves, qu’elle aurait crus plus compréhensifs, avait peut-être été pire que d’ordinaire. Ils finiraient par l’oublier, eux aussi. Ca n’avait pas d’importance. Elle ne pouvait pas imposer ses choix, elle ne pouvait pas s’imposer en étant « maudite ».

Comme pour lui rappeler que ses souvenirs étaient toujours, d’une certaine manière, « vivants », elle rêvait souvent des images du passé. Celui-là… il datait de « l’avant-dernière fois ». En 1927, si elle se souvenait bien. C’était la première fois qu’elle… qu’elle avait considéré quelqu’un comme un fils, à ce point. Les autres avaient vu en elle une mauvaise fiancée. Elle avait vu en elle une mauvaise mère. On-dal l’avait écoutée, comme toujours. Elle avait le vague sentiment d’avoir été un peu trop sombre pour être supportable pendant quelques jours. Mais il était resté auprès d’elle, lui avait accordé ces quelques jours de silence et de solitude dans une pièce sombre, le temps qu’elle réfléchisse à une solution, ou, plutôt, qu’elle accepte l’aide qu’On-dal proposait sans formuler, la solution dont il ne parlerait jamais tant qu’elle ne lui demanderait pas. Elle l’avait finalement fait, et il avait promis. La petite âme ne serait pas seule. Lorsqu’il la retrouverait, il préparerait le terrain pour qu’elle s’excuse envers « cet enfant ». Peut-être l’avait-il retrouvé. Elle ne le saurait que dans un peu plus d’un an, maintenant.

Saska les connaissait, ces rêves. Ils ne lui faisaient pas peur, bien au contraire. Elle voulait vraiment s’en souvenir. Elle voulait se souvenir de tout, avec une telle voracité que c’en était parfois effrayant. Elle avait peur que la clef de la malédiction ne soit là, cachée quelque part dans ses souvenirs. Mais l’homme à la cape qui avait traversé son pays, le pays dont elle n’arrivait même pas à se rappeler le nom, n’avait laissé que ces eaux empoisonnés. Pourtant, Saska l’avait vu, cet homme. Il était juste triste. Lorsqu’il lui avait passé la main sur la tête pour secouer ses cheveux, elle n’avait senti aucune animosité. Il était juste triste.

Mais plus tard, Saska était morte. Elle était morte, pour se réveiller, parmi les autres enfants qu’elle ne connaissait pas, dans cette cellule noire, sans porte, prisonnière, sans savoir de qui ni pourquoi.



***


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MessageSujet: Re: Emma Natwick ~ Saska ~ [100%]   Mar 1 Jan - 23:45

Au début, ils avaient été une trentaine. Ils s’étaient tous réveillés, là, sans comprendre pourquoi. Il n’y avait pas d’ouverture, pas d’orifice ni de fenêtre dans cette cellule. Il ne faisait pas vraiment froid, mais les pierres sur les murs étaient glaciales de solitude. Il n’y avait rien pour voir, et, pourtant, le monde, même s’il apparaissait grisé, restait discernable. Ils savaient tous, instinctivement, qu’ils partageaient le même souvenir de ce groupe qui avait traversé leurs terres, du même homme triste encapuchonné.
Il y avait d’autres souvenirs, plus inquiétants, parce qu’ils étaient là sans que personne ne se rappelle les avoir un jour vécus. Ils en avaient parlé, entre eux. Elle s’était tue, parce qu’elle s’était souvenue n’avoir pas fait ce qu’il fallait. Ils étaient tous devant un immense arbre d’un bleu sombre, comme du cristal qui brillait d’une douce lumière, à l’intérieur, un arbre qui montait jusqu’au très haut plafond, dont les racines finissaient par s’enfoncer dans le sol, sous les dalles blanches qui semblaient réfléchir sa lumière. Il y avait des portes, bien plus loin, des dizaines de portes qui fragmentaient cette immense pièce circulaire. Chacun d’eux, chacun à leur tour, sous le regard d’un homme dont ils étaient incapables de se rappeler le visage, ils avaient posé leurs mains sur leur tronc pour formuler à voix haute leur souhait. Tous, ils avaient tous demandé à être soignés des eaux empoisonnés. Elle se souvenait de la lumière, qui semblait vouloir leur faire comprendre qu’il avait entendu leur vœu. Mais elle avait trouvé cette lumière triste, comme cet homme, comme une parole qui ne pouvait pas être entendue, comme une connaissance qu’il fallait taire. Elle s’était aperçue qu’elle n’avait pas formulé son souhait. Et puis, lorsqu’ils s’étaient réveillés, ils étaient déjà dans cette cellule.

Peu à peu, ils s’étaient organisés. Ils respiraient, sans savoir s’ils avalaient de l’air ou du vide. Ils n’avaient ni faim, ni soif. Des fois, ils dormaient, sans que se soit un réel besoin. La seule chose qu’ils ressentaient, outre les perceptions de leurs cinq sens, c’était le temps qui passait. Des groupes s’étaient formés, et, à travers eux, elle avait constaté qu’ils devaient tous avoir environ dix ans. Sans savoir comment, elle s’était retrouvée incluse dans un « groupe », elle aussi, constitué de trois autres personnes. Ils ne parlaient pas beaucoup. Ils essayaient de se souvenir en se racontant leur histoire. Ils n’arrivaient pas à jouer. Ils se répétaient les mêmes choses, parfois en chuchotant, pour ne pas oublier.

C’était dans cet environnement que la maladie s’était déclarée.

Au début, ça n’avait été qu’un cas. Des fois, ils se levaient pour symboliser un changement. Mais, un jour, quelqu’un s’était effondré. Il avait mal. Au bout de trois histoire qu’on lui avait racontées, il avait cessé cette fausse existence. Ses yeux s’étaient fermés. Il n’avait plus bougé. Sa poitrine ne se levait plus. Peu à peu, lentement, trop lentement, son corps était devenu moins net, plus flou. Il avait fini par disparaître. Ils n’avaient pas pu faire comme si de rien n’était. L’épidémie s’était répandue. Ils avaient été frappées les uns après les autres.

Les symptômes avaient été les mêmes. Quelques cas paraissaient plus dangereux que les autres, et les autres s’éloignaient d’eux. Mais ça ne marchait pas : tous, tous, ils avaient été frappés, chacun à leur tour. Elle s’était tue. Elle avait essayé de faire semblant, comme les autres, pour ne pas être seule. Elle avait essayé de faire croire qu’elle était elle-aussi malade, pour qu’on ne lui tourne pas le dos, pour qu’elle ne fasse pas quelque chose de différent, qu’elle finisse par tomber malade en simulant la maladie. Elle en était venue à un point ou agir différemment des autres lui semblait intolérable, impossible. Mais, quoi qu’elle essaie de faire, qu’importe ceux qu’elle approche, elle n’y arrivait pas. Elle n’était pas affectée. Il ne se passait rien.

Au final, il n’était plus resté qu’elle et un garçon, un des premiers touchés. Ils étaient restés silencieux, jusqu’à ce qu’il avoue l’avoir vue. Elle n’avait pas dit son vœu. Eux, ils l’avaient mal formulés. L’homme qui était là les avait forcés. Il voulait qu’ils disparaissent, parce qu’ils étaient un souvenir de l’homme triste. Ils portaient sa marque. Ils n’étaient pas compatibles avec l’arbre. Ils avaient réagi, mal réagi. C’était cette maladie. Lorsqu’ils étaient arrivés ici, lui avait raconté un enfant, ils étaient apparus devant l’arbre, qui était le cœur de cet endroit. L’enfant avait entendu l’homme parler avec quelqu’un. Il lui avait dit qu’il fallait qu’ils disparaissent, « au cas où ». Lorsqu’ils étaient revenus à eux, l’homme leur avait dit de toucher l’arbre pour rentrer chez eux. Leur esprit était trop faible pour résister. Ils avaient obéi. Plus de la moitié avait remarqué qu’elle n’avait pas touché l’arbre. Mais ils avaient eu peur que l’arbre ne soit pas assez fort pour réaliser leur souhait à eux : ils s’étaient tus, qu’importe ce qui puisse advenir d’elle. Ils avaient remarqué qu’elle n’avait pas été atteinte. Ils s’étaient rapprochés d’elle, pour qu’elle les guérisse. Et, puisque ça ne marchait pas, ils étaient restés près d’elle, pour l’emporter avec eux. Ca n’était pas méchant. Ils ne voulaient pas être seuls. Ils ne voulaient pas oublier.
Elle n’avait pas réussi à être triste. Elle se sentait fatiguée. Tous les corps avaient fini par disparaître. Le garçon allait mal. Ce qui devait être son dernier jour, il s’était décidé à lui dire ce qu’il devait, comme une deuxième malédiction, le chemin qu’elle devait suivre, même si elle ne savait pas lequel.

« Tu nous porteras. Tu porteras nos souhaits. Il faudra les remettre à l’héritière de cet homme. Il faudra lui remettre ce qu’il a laissé. La malédiction qu’il a laissée, c’est la dernière chose qu’il reste de lui. C’est sa dernière trace. »

Le garçon avait arrêté, lui aussi. Il avait disparu. Elle s’était retrouvée toute seule. Elle avait retrouvé la cape d’un des enfants, une vieille cape poussiéreuse et élimée. Elle l’avait mise, et était restée, adossée contre les murs, attendant que le temps passe. Elle était restée silencieuse. Elle n’avait même plus envie de parler pour entendre des sons. Les enfants qui avaient été là semblaient n’avoir été qu’un rêve. Une voix lui glissait à l’oreille des choses qu’elle n’aurait pas voulu entendre. L’homme encapuchonné savait discerner le vrai du faux. Mais il était triste, parce qu’il était mort, parce qu’il ne reviendrait pas. Lui aussi, la chargeait d’un message qu’il faudrait transmettre à son héritière. Saska avait senti sa présence avant de constater qu’elle savait déjà tout ça, juste parce que les eaux l’avaient frappée. Il avait été obligé de les maudire pour faire passer son message. Mais il n’avait pas eu le choix. Il savait. Ceux qui l’accompagnaient… il ne les dominait pas. Il savait les ambitions d’un d’entre eux : c’était l’homme devant l’arbre, qui avait voulu les faire disparaître comme il avait voulu que lui disparaisse. Les autres lui voulaient moins de mal. Mais il fallait se méfier de l’enfant du groupe. L’enfant allait être triste, lui aussi. Triste, à cause de son héritière. Il ne fallait pas minorer l’enfant. Parce qu’il était triste, il serait influençable.

Un jour, un bout de mur qui ressemblait à une porte s’était ouvert. Elle avait fui la lumière, s’était cachée dans l’ombre. Elle se savait famélique, faible, sale, épuisée. Elle savait que l’homme ambitieux, celui qui avait voulu leur disparition, se tenait là, quelque part dans la lumière. Lorsqu’il s’était effectivement avancé dans la cellule, elle, qui avait eu le temps de raser les murs pour s’approcher de la porte, s’était enfuie.

La lumière lui avait fait mal aux yeux. Elle s’était servie de ses mains pour se guider, courant au hasard. Ses pas résonnaient dans des couloirs lumineux. Peu à peu, elle était parvenue à légèrement soulever ses paupières. Elle avait mal, sans savoir pourquoi. Elle avait continué. Elle savait qu’elle ne devait pas être attrapée. A chaque fois que son pied butait contre le sol, quelque chose d’invisible semblait la pousser pour qu’elle continue. Elle ne savait pas où se cacher. La seule chose qu’elle savait, c’était sa peur de cet homme.

Elle avait fini par buter contre des jambes. Elle avait vaguement discernée un visage de femme, en levant la tête, avec de longs cheveux blonds. Elle avait pensé à sa mère. Elle en avait eu peur, également. Lorsqu’elle avait voulu reculer, elle avait rencontré une porte qui s’était ouverte sur son passage. Elle l’avait refermée, s’était cachée. Avait entendu l’homme. Il posait des questions. La femme disait, la voix froide, qu’elle n’avait rien vu. Leurs voix s’étaient transformées en murmures indistincts, jusqu’à ce qu’elle n’entende plus rien. Elle était restée assise, près de la porte, dans cette pièce blanche et vide, dont la fausse fenêtre renvoyait une image de jardin éclairé par le soleil. Mais elle avait su qu’il n’y avait rien au-delà. Elle avait su que ça n’était même pas un néant, parce que le néant pouvait être plein. Il n’y avait rien, tout simplement parce qu’on ne pouvait pas en sortir. Il n’existait rien au-delà de ces murs.

Elle avait voulu attendre que le soleil décline pour bouger, mais il était resté tel quel. Elle avait essayé de compter, dans sa tête. Elle s’était rendue compte que rien ne changeait. Elle avait attendu, sans savoir quel équivalent de temps avait dû s’écouler. Et, comme dans un rêve, elle avait fini par se lever. Elle avait ouvert la porte. Il n’y avait rien. Elle s’était avancée dans les couloirs. Peut-être s’était-elle perdue avant de retrouver l’arbre, mais elle avait trouvé le moyen pour arriver dans la grande salle circulaire. D’un pas fatigué, elle s’était dirigée vers l’arbre. Elle avait posé ses mains sur son tronc, comme les autres. Et, sans faire de vœu, elle était passée au travers. Lorsqu’elle s’était réveillée, elle était au milieu d’une famille. Ils ne l’appelaient pas Saska. Ils la considéraient comme leur enfant, comme si elle leur appartenait parce que son corps était né au milieu d’eux. C’était ainsi que son cauchemar avait commencé.





Cette pièce circulaire qu’avait créée l’arbre, ses souvenirs lui rappelaient constamment qu’elle n’était jamais parvenue à y retourner. Ca n’était pas grave, d’une certaine manière. A partir de ce moment, elle était restée seule. Elle n’avait pas tout de suite su, pour les huit mille jours, mais avait eu des soupçons au bout de trois ou quatre fois. Elle avait compris le principe. Elle avait fini par oublier le décompte du nombre de génération. Elle s’était résignée à son sort, tout en ayant l’impression que rien ne pourrait jamais l’en sortir.

La pièce semblait s’éclairer. Comme dans la cellule sans lumière, les rayons rappelaient l’existence d’un au-delà. Bientôt, lorsqu’elle prendrait le train pour retourner dans cette école, sa chambre changerait. Elle deviendrait un « dortoir », encore une fois. Saska, ou « Emma », comme ils essayaient constamment de la persuader, avait, cette pseudo-vie encore, réussi à faire taire cette sensation de malaise face aux gens de son âge, comme s’ils allaient tomber malade et disparaître, eux aussi. Elle ne savait pas ce qu’étaient devenus les enfants de la cellule. Elle n’en avait jamais revu aucun.

Ses souvenirs gardaient un ordre suffisamment chronologique pour qu’elle se rappelle de la disposition des principaux évènements les uns par rapport aux autres. Elle n’avait pas rencontré On-dal tout de suite. Lorsqu’il avait paru étonné qu’elle puisse le voir, elle avait senti que c’était un secret pour un autre. Elle lui avait raconté son histoire, et il l’avait admis. Pas comme les autres. Il n’avait pas changé avec le temps. Peu à peu, à mesure qu’ils se revoyaient, les choses avaient évolué. Au milieu de son temps qui était devenu fou, elle avait réussi à retrouver la stabilité qu’elle voulait avec lui. Peu à peu, les chances de trouver une solution semblaient s’amenuiser, face à l’absence de solutions elles-mêmes. Mais ça n’était pas grave. Elle n’était plus seule, dans sa cellule aux murs froids, remplis des regrets de cet homme. Elle avait On-dal. Même si c’était pour un temps minutieusement calculé, On-dal serait là pour elle, et elle serait là pour On-dal. Et ce quoi qu’en pensent les autres. Ils ne pouvaient pas comprendre, c’était normal. Quoi qu’ils pensent, du moment qu’elle savait, cela lui suffisait.


La famille, avec les trois autres enfants et les deux parents, tous sorciers, avaient continué de vouloir l’entourer, de tenter de l’incorporer parmi eux comme si c’était naturel. Elle se souvenait de quelques détails, mais rien ne l’importait vraiment. Cette famille-là, par son calme et sa tranquillité, n’avait rien de particulièrement marquant. Ils étaient gentils, mais elle n’arrivait pas à s’y attacher sans avoir l’impression de trahir sa vraie famille. Celle-ci, celle dont elle portait présentement le nom, n’était pas la bonne, quoiqu’ils en disent. Qu’on la traite de menteuse, ça ne la dérangeait plus ; il y avait On-dal, et c’était tout ce qui comptait. On-dal comprendrait, comme toujours. Il serait son seul point d’appui. Même si elle n’avait pas de preuves, sa mémoire suffisait. Peu à peu, elle avait arrêté de vouloir toujours tout cacher, faire « comme si de rien n’était » : après tout, elle n’avait pas à en avoir honte. Il ne fallait pas que les autres se leurrent, qu’ils la voient de la mauvaise manière, pour leur bien à eux. C’était son passé à elle, quoiqu’en disent les autres, même s’ils prétendaient qu’elle affabulait. Et, d’une certaine manière, s’outrager du peu d’attention qu’elle portait aux éléments de ce qu’ils appelaient « sa vie quotidienne » était d’une prétention… ils semblaient croire que tout ce qui se passait auprès d’eux était suffisamment important pour mériter qu’elle se souvînt des détails qui les concernaient. Des détails. Oui, ces vies-là, qui l’entouraient constamment, au fond, n’était que des détails, quoi qu’ils essaient d’en dire, quoi qu’ils entreprennent pour « lui faire entendre raison ».
Mais elle, elle avait de meilleurs souvenirs auxquels se raccrocher.
Les souvenirs qu’eux se plaisaient à nommer imagination.



- Viens jouer avec nous, disaient-ils avec un sourire, un sourire d’enfance rempli d’innocence.
Ils ne voyaient rien au-delà de leurs jeux ; au-delà, il n’y aurait rien d’autre. Leur proposition était désintéressée, elle ne les engageait en rien. Ils étaient libres.
Mais la petite fille secouait la tête, tentant d’imiter leur sourire sans pour autant y parvenir. Il y avait toujours cet air triste qui transparaissait.
- Ca n’est plus le bon moment, répondait-elle en secouant la tête, en leur laissant voir qu’elle n’était pas la seule responsable de son refus.
Le monde n’allait pas s’attarder pour un refus, mais il marquait néanmoins leur présent. La pensée qu’il existât un temps était encore trop confuse pour qu’il la comprenne. Le temps n’existait pas lorsqu’il se déplaçait à l’extérieur des cercles de leurs jeux. Il n’y avait que les moments où ils jouaient et les moments où ils ne dormaient pas.
- Ca n’est plus le bon moment ? Mais dans ce cas, quand reviendra-t-il ?demandaient-ils en un seul chœur.
Mais la petite fille continuait de secouer la tête en restant à l’écart, continuait de refuser, continuait de les empêcher de l’inclure avec eux.
- On ne peut plus rattraper le temps. Il ne peut plus nous rattraper. C’est trop tard.
Ils l’avaient regardé, avaient senti qu’ils s’apprêtaient à comprendre. Consciencieusement, ils avaient freiné leur prise de conscience. Sans un bruit, ils s’étaient remis à jouer pour oublier sa présence.
Les jeux d’enfants étaient l’ennemi du temps.






***
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MessageSujet: Re: Emma Natwick ~ Saska ~ [100%]   Sam 5 Jan - 15:45

Bienvenue, et désolée pour le retard...

Je trouve ta fiche tout simplement magnifique ! *o* [ 'fallait que j'le dise... J'espère avoir l'occasion de RP avec toi ^^ ]

Pour la Maison, j'hésite. Poufsouffle peut-être ? Puis-je te demander ton avis ?
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MessageSujet: Re: Emma Natwick ~ Saska ~ [100%]   Sam 5 Jan - 22:03

Je dirais plutôt Serdaigle, Elena =)

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MessageSujet: Re: Emma Natwick ~ Saska ~ [100%]   Dim 6 Jan - 0:02

Ouaaaaaaaais, je m'attendais à des "J'ai rien compris" qui auraient été parfaitement justifiés ^___^

Pour la maison, j'avais hésité entre Serdaigle et Poufsouffle aussi ^^,. Uh... donc, j'aimerais bien "qu'on choisisse pour moi", hsitoire de pas avoir à réfléchir mister green (Même si au niveau des persos, j'ai déjà "une majorité de Poufsouffle" (Joueuse d'Alice O., Hestia et Nymphaea).
... en fait, Serdaigle m'irait très bien XD (et puis ça me fait toucher à plus de persos ^^)

Pour le RP, ça sera avec plaisir ^^
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MessageSujet: Re: Emma Natwick ~ Saska ~ [100%]   Dim 6 Jan - 15:50

Très bien. Donc ...

Serdaigle, Cinquième Année (+ 10)

Bon jeu =)

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MessageSujet: Re: Emma Natwick ~ Saska ~ [100%]   

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Emma Natwick ~ Saska ~ [100%]
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