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 Il était une fois... Une secte? O_o! [Pv alice]

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Kyouya Hibari
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MessageSujet: Il était une fois... Une secte? O_o! [Pv alice]   Jeu 27 Déc - 16:23

Il vivait dans un monde gris.
Il n’y avait aucune couleur dans sa vie.
Il n’y avait jamais de sourire sur son visage
.


Le garçon savait que le monde n’était juste, que les autres ne faisaient souvent que nous blesser. C’est pour ça qu’il vivait loin d’eux, dans un monde tout petit où il n’y avait que la place pour un seul être. Mais au moins, dans ce minuscule endroit, il arrivait à respirer. Kyouya était l’enfant avec le parapluie qui attendait tout seul à l’arrêt de bus chaque jour. Celui dont on a presque pitié de le voir toujours seul mais qui ne répond jamais lorsqu’on lui adresse la parole. De temps à autre, un véhicule aux couleurs vives et chatoyantes passait et s’arrêtait, pourtant, si jamais l’enfant s’en approchait, on lui disait que ce n’était pas son bus. Il observait donc les autres y monter en riant et continuait d’attendre sous la pluie, serrant son parapluie gris à s’en faire mal à la main. Pourquoi lui n’avait-il pas le droit d’être là ? Parce qu’il refusait de voir le monde comme les autres ? Qu’il était contre l’aquarelle que les enfants mettaient dans leurs mondes et dont les couleurs s’effaçaient à chaque goutte de pluie… Peut-être… Ce monde était trop incertain à ses yeux sombres pour que l’enfant puisse donner une réponse.

De fines gouttes de pluies tombaient ce jour là encore et pourtant, l’adolescent était dehors, marchant, entre les flaques d’eau, de son allure nonchalante. Son grand t-shirt gris et son pantalon de la même teinte lui donnait un air fantomatique tandis qu’il marchait entre les arbres, une main tendue effleurant le tronc des grands végétaux qu’il croisait. Ce qu’il faisait ici ? Eh bien, s’était dur à dire, sans doute cherchait-il juste à passer le temps ? Ou bien avait-il un but précis ? A première vue, ça n’avait pas l’air d’être le cas… Dans la tête de l’adolescent, des pensées tournoyaient, se mélangeaient, sans qu’il ne puisse vraiment réussir à les classer, les ranger soigneusement, comme il le faisait généralement. A ses yeux, tout devait toujours être caché, il ne devait jamais montrer aux autres sa vie, parce que les autres s’en serviraient sans doute contre lui. Ses êtres ennuyeux, qui ne voyaient pas plus loin que leurs petites vies d’une simplicité sans intérêt, lui inspirait juste l’envie de partir loin de ce lieu, de cette école et de cet univers.

Le seul bruit qui résonnait était celui du vent, qui agitait les branches des arbres mais dont l’enfant ne se préoccupait pas. Aujourd’hui, il n’avait pas de parapluie, donc rien qui risquait de s’envoler. Rien à quoi se raccrocher en cas de danger également. Songeant que tout était bien trop compliqué pour lui, le garçon baissa les yeux vers ses baskets, sa main continuant de toucher le tronc de chacun des arbres qu’il croisait. Peut-être était-ce un rite ? Un moyen de chasser le mauvais sort ? Ou bien juste un des autres troubles de la personnalité du garçon. Comme lorsqu’il ne pouvait s’empêcher de ronger ses ongles jusqu'à faire saigner le bout de ses doigts. Voyant qu’un de ses lacets était défait, il se baissa quelques secondes pour le remettre, faisant attention à ne pas poser son autre genou dans l’herbe mouillé. Se salir était une chose qu’il ne supportait pas de faire. A quoi ressemblait-on, couvert de saletés et de parasites, comme si on en avait pas déjà assez au milieu des autres. De ces personnes stupides qui ne pensaient qu’à des choses futiles. Malgré cela, il ne fallait pas se méprendre, Kyouya ne détestait pas les gens, leur présence l’ennuyait, voilà tout.

Perdu dans son monde, il ne remarqua même pas la présence de l’autre personne qui était apparue dans le lieu. Comment ? Ceci était un mystère, peut-être était-ce un fantôme [référence à de vieux rps XD] ou bien alors une illusion ? Ou une élève très discrète également… S’arrêtant de marcher tandis que la pluie commençait à cesser, malgré le fait que le ciel restait d’un gris sombre et triste, l’adolescent se posa contre un arbre. Un frisson parcouru sa colonne vertébrale tandis que le froid s’incrustait à travers son fin haut aux manches trop longues. Son regard se posa alors sur le ciel tandis qu’une très légère mélodie s’échappait de ses lèvres pâles. Presque comme si le son était interdit, comme si chanter était un tort, une faute, Kyouya chuchotait l’air doux et joyeux qui ne lui allait pas. Peut-être pour tenter de briser le gris et appeler le bus arc-en-ciel pour quitter ce monde. Mais cela ne marchait pas comme ça et il demeurait prisonnier de cet univers affreux. Seulement, il était peut-être possible qu’une solution existe, quelque chose pour fuir loin de cet endroit. Même si le garçon n’aimait pas particulièrement l’idée de fuite, c’était sans doute le dernier recours dans certaines situations. S’arrêtant dans sa mélodie, le garçon cessa de bouger, se contentant de regarder droit devant lui, tentant d’effacer ce qu’il ne voulait pas voir, même si, sur le coup, il ignorait vraiment de quoi il s’agissait. Il ignorait où était le monstre et quand il frapperait. C’est alors que ses yeux, son regard sombre qui semblait toujours vouloir dire au gens ‘Partez !’, se posèrent sur une la silhouette qu’il n’avait pas encore remarquer. Aussitôt, ses lèvres s’entrouvrirent de nouveau tandis que quelques mots tentaient d’échapper de lui-même, sans qu’ils puissent réussir sans être déformés. Ainsi le ‘Que fais-tu là toi ?’ se changea en :



‘Qui es-tu donc ? Etrange personne qui ne devrait pas être là à me troubler comme tu le fais. Pars.’
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Alice Oldfield
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MessageSujet: Re: Il était une fois... Une secte? O_o! [Pv alice]   Ven 28 Déc - 15:35

Il pleuvait depuis déjà plusieurs heures lorsque Alice était sortie. Le froid de ces derniers jours avait légèrement faibli jusqu’à faire fondre la neige, comme si elle n’avait jamais existé. Après le ciel blanc, les couleurs s’étaient assombries. Les couloirs du château avaient été, plus que de coutume, plongés dans un noir opaque. Les torches qui s’allumaient dès que des pas s’en approchaient ne répandaient aucune chaleur. Tout était devenu terne. Entendre la pluie commencer à tomber n’avait rien eu d’étonnant. Alice avait regardé d’un œil intéressé les élèves qui avaient cru en un soleil caché derrière les nuages rentrer précipitamment à l’intérieur, comme s’ils avaient d’un seul coup oublié leurs convictions. Et puis, progressivement, la pluie s’était substituée au monde.

Il avait fallu trouver la fenêtre dans un couloir. Alice avait fini par la dénicher, et s’était approchée d’elle. Il n’y avait plus personne dans ce couloir du deuxième étage. Elle se souvenait vaguement avoir vu quelques visages lors de ses recherches, mais, durant tout le trajet, les morceaux de l’école étaient restés calmes. Avant même qu’elle ne soit formulée, Alice avec annulée l’hypothèses des heures de cours. Même si elle n’avait plus aucune notion du temps depuis un moment qu’elle était incapable de dater, elle se rappelait vaguement avoir terminé ceux de la journée. Elle était libre, et contemplait cette obscurité glaciale qui avait envahi l’extérieur. Au début, elle avait hésité à poser ses mains contre la vitre froide, mais s’était finalement exécutée. Après tout, il s’agissait bien de la fenêtre. Quelques secondes plus tard, elle avait commencé à regarder, pour aussitôt plisser les yeux. Tout paraissait flou. Tout était vraiment flou. Sans un mot, Alice avait quitté son point d’observation, descendu les deux étages sans rencontrer âme qui vive, lentement, en essayant d’avoir conscience de chacun de ses pas, en effectuant des pauses à chaque marche, la main posée sur la rambarde comme si elle rééduquait ses jambes après une longue convalescence, et était sortie en passant négligemment à travers les portes grandes ouvertes du hall. Pendant quelques minutes, elle était restée ainsi, entre l’intérieur et l’extérieur, protégée de l’eau sans l’être de l’air et du froid à mesure que le bruit de la pluie se rapprochait d’elle, menaçait de l’engloutir à son tour. Alice ne l’avait pas laissée la submerger : elle avait descendu les dernières marches pour s’y noyer elle-même.

La pluie s’était néanmoins abattue sur elle avec force. Si elle avait espéré un geste de clémence de sa part, ç’avait été un échec. Elle était effectivement glaciale, et Alice se rendit compte que, vêtue seulement de l’uniforme et d’une cape noire réglementaire, elle n’avait rien pris pour se protéger de la pluie. Elle n’était même pas sûre d’avoir encore sa baguette sur elle. Mais il était déjà trop tard, l’eau l’aspirait déjà, se frayait un chemin à travers ses vêtements, glissait contre sa peau. Rentrer était de plus en plus inutile à mesure que les secondes passaient pour la détremper un peu plus. Elle décida d’accepter son sort, et continua son immersion.
La terre n’était même pas glissante. Son pied s’y enfonçait légèrement plus qu’à l’accoutumée, certes, mais elle n’était pas instable. Elle détectait même une logique dans la succion qui s’opérait. Il fallait juste marcher un peu plus vite pour l’éviter, un pas après l’autre. Il fallait continuer d’avancer, et elle s’exécutait, sans la moindre idée de l’endroit précis vers lequel elle se dirigeait. Elle n’était même plus sûre d’être dans le parc. Les couleurs paraissaient avoir été effacées à tout jamais, comme si elle regardait une vieille photographie aux couleurs délavées, une photographie qui arrivait à faire ressentir le froid qui régnait dans son paysage. Il n’y avait plus que ses pieds, maintenant, qui menaçaient de se fondre dans le même univers flou pour se lever, tenter de s’y arracher, et y replonger aussitôt. Alice n’était même plus capable de dire si c’était eux qui étaient flou, ou bien son regard qui déformait les choses à travers le voile d’eau qu’elle croyait être parvenue à chasser à chaque battement de paupière. Elle ignorait même si c’était ses pieds qui étaient aussi hésitants, ou ses yeux qui les transformaient ainsi. Elle sentait sa tête se balancer à chaque pas, par à-coups, poussée par le froid et la pluie. Elle les vit également flous lorsqu’ils s’arrêtèrent sans s’enfoncer dans le sol, bientôt suivis par sa tête qui arrêta son balancement. Il faisait encore plus sombre. Alice leva son visage mouillée pour s’apercevoir qu’elle était à l’orée de la forêt, surplombée par des arbres qui ne la protégeaient en rien. Protéger ? De quoi pouvait-il bien la protéger ? Non… ça n’était pas ça… ils ne cherchaient pas à protéger. Ils voulaient juste l’éloigner de la pluie. Ils avaient choisi le mauvais camp. Six pas sur le côté, et elle avait retrouvé une place où la pluie pouvait directement l’atteindre, sans être chassée par les branches.
Alice ferma les yeux. Elle avait la sensation de mieux y voir sans eux. Il fallait qu’elle voit par ses oreilles. Elle se mit à écouter.



Les gouttes d’eau tombaient en formant un rythme clairement défini. Au début, tout n’avait été qu’un amas confus de sons indistincts, qui se mélangeaient, se percutaient, tentaient de s’imposer au-dessus des autres. Ils ne formaient alors rien qu’un capharnaüm de sonorités décousues qui se livraient une bataille muette, donc l’existence était seulement attestée par les clameurs des autres. C’était un milieu hostile, bien plus hostile que de les sentir se répandre le long de ses vêtement jusqu’à les coller contre la peau.
Mais maintenant… après plusieurs dizaines de minutes, peut-être des heures, Alice était parvenue à saisir la mélodie qui les composait. Elles étaient vivantes, ces gouttes d’eau. Elles s’abattaient de façon ordonnée, d’après un ordre divin particulièrement précis. Chacune était vivante, et chacune s’abattait ; chacune se fracassait sur le sol pour se noyer parmi les restes des autres. Et la musique qu’elle laissait comme trace… Alice était parvenue à en saisir la mélodie profonde. Elle aurait été incapable de la retranscrire, mais, à travers le froid, elle avait pénétré sa peau jusqu’à la lui faire ressentir dans la moindre parcelle de son être. Les gouttes d’eau, à chaque fois qu’elles tombaient sur elle, laissaient un petit quelque chose en elle. Elles l’avaient envahie comme si elles tentaient de prendre le contrôle de son corps, même de son esprit, à travers la musique de mort. Et, passive, sans bouger, Alice s’était laissée faire.

Son corps leur avait répondu. Il était resté sagement immobile, à l’image de son consentement. Deux ou trois fois, elle avait esquissé quelques gestes, avancé de quelques pas, mais uniquement sur leurs ordres, lentement, comme une marionnette dont on teste les réactions pour vérifier qu’elle est bien sous contrôle. A chaque fois, il fallait récupérer un certain type de goutte, une certaine goutte en particulier. Le corps d’Alice ferait réceptacle. Mais un humain étant grand, bien plus grand qu’elle, et elles avaient du mal à le maîtriser. Il était difficile de faire réagir un corps humain. Elles avaient alors demandé à Alice de se ranger de leur côté, de suivre leurs ordres, d’elle-même ; de cesser d’être absente pour mieux les servir. Et Alice, à travers les bruits sourds qui lui parvenaient, les formes floues et détrempées, le froid qui ne la glaçait même plus, avait, une nouvelle fois, accepté.

Le paysage n’avait pas réellement changé, mais elle avait conscience de son corps. Un léger spasme parcourut ses doigts, et Alice se rendit compte que sa tête était baissée, que la pluie avait emporté ses cheveux jusqu’à les coller contre son front et protéger ses yeux. Bien. C’était bien. Tout était parfait. Elles avaient décidé tout ce qu’il se passait, donc tout ne pouvait qu’être parfait. Ses doigts se refermèrent sur sa paume, sans pression. Elle se demandait si une partie de son corps était encore sèche. Si la réponse s’avérait affirmative… il faudrait l’exposer. Elle ne se serait pas assez consacrée à l’eau, sinon. Plus qu’une prêtresse, elle devait d’abord être leur sujet, obéir à leur volonté. Des bribes de pensées lui venaient déjà. Des sensations confuses de communautés, là-haut, tout en haut des nuages. Elles cherchaient à s’unir, sans rien posséder, elles souhaitaient rester solidaires. Mais, une à une, elles étaient poussées par les autres, celles-la mêmes qui étaient poussées par celles qui les précédaient. Le mouvement pouvait venir de loin, ainsi. Le responsable, c’était cette main qui avait créé cet intolérable mouvement. Leur dieu. Leur dieu de pluie et de mort. Chacune à leur tour, il les faisait tomber dans cette chute infinie, jusqu’à ce qu’elles se brisent sur le sol. Elles, elles ne demandaient qu’à être ensemble, à ne pas être toutes seules. Mais leur dieu, leur créateur, celui qui les avait rassemblées ici ou quel qu’il soit, ne les écoutait pas. Il leur faisait subir cette mort lente, sans qu’elles n’y puissent rien.

Alice releva lentement la tête. Elle avait l’impression de ne plus jamais pouvoir être capable de penser normalement avec toutes ces vies autour d’elle. Le froid qui s’était répandue lui procurait une étrange chaleur, notamment au front. Il avait dû être la partie de son corps la plus touchée par l’eau, par ces vies. Cette chaleur semblait se répandre à son tour, sans pour autant la réchauffer. Elle avait l’impression qu’elle allait se mettre à frissonner. Sans chercher à comprendre pourquoi, elle suivit à nouveau les voix silencieuses et avança encore, d’une démarche légèrement titubante et hagarde. Elles lui faisaient suivre la pluie. La pluie s’en allait. Il fallait la… suivre…

La Poufsouffle s’arrêta brusquement, comme on le lui ordonnait. Il était trop tard. Elle ne marchait pas assez vite, elle n’allait pas dans la bonne direction. La pluie s’en allait. Elle leva la tête vers le ciel, pour constater qu’il n’y avait plus que quelques gouttes survivantes, pour quelques instants encore. Bientôt, avant qu’elle n’ait pu faire quoi que se soit, elles seraient toutes mortes.
Alice ne fut pas surprise d’entendre une nouvelle mélodie s’élever, plus audible, plus forte, dont la structure était plus facilement repérable. Les restes de volonté des gouttes d’eau s’étaient réunis, et chantaient ce qu’il n’avait pu dire. Elles n’avaient pas d’âge, ces gouttes d’eau. Elles étaient aussi vieilles que le monde, si tant est qu’il y avait bien eu un monde un jour. A travers la fausse joie, Alice sentait bien leur rancœur, leur dégoût, leur tristesse, leur désespoir. Mais elles devaient cacher ces sentiments, feindre le bonheur, toujours. Il fallait tromper le dieu avant qu’il ne les trompe à nouveau.

La mélodie finit par s’arrêter, brusquement. Elle avait été à la fois proche et lointaine, forte et silencieuse, mais elle avait bien réussi à la surprendre : Alice, durant le temps qu’avait duré la pluie, avait appris à écouter. Maintenant, il n’y avait plus rien. Elles s’étaient tues. Elles étaient mortes, comme les autres avant elles. Les débris de leurs corps glissaient le long du sien. L’univers était resté flou. Alice avait du mal à voir. Il fallut attendre que la forme grise semble se rapprocher, ou qu’elle se rapproche d’elle, pour qu’elle puisse distinguer la forme grise. Peut-être… un agrégat de corps de pluie qui était venu la chercher ou bien… un élève, comme elle… qui avait entendu la pluie…

Le monde semblait tourner, se complaire dans son flou omniprésent. Le pied qu’elle reposa sur le sol lui indiqua que c’était bien elle qui s’était déplacée. Alice ignorait si c’était ses yeux qui voyaient mal, ou les corps de pluie qui cherchaient à les obstruer pour l’éloigner gentiment de l’univers. La voix qu’elle distingua ressemblait peut-être à celle d’un élève, mais elle n’en était pas sûre. Les corps de pluie s’agrippaient à sa peau, pour en contrôler chaque muscle ; elle les laissa faire, redevenant leur marionnette. Elle n’avait plus qu’à leur obéir, obéir à ces pauvres corps de pluie, et tout serait si simple…
Et ils avaient décidé qu’elle répondrait, calmement, poliment, avec une voix vide, comme ces corps qui avaient perdu leur âme, chassés de chez eux, poussés dans le vide par ce en quoi ils avaient si longtemps cru.


"Il sera fait selon vos désirs" répondit-elle en plongeant dans une révérence, sans toutefois esquisser un autre mouvement.

Au début, Alice avait presque eu peur. Savoir que toutes ces choses tombaient, et se démembreraient sur elle quoi qu’elle tente de faire avait été douloureux. Elle s’était sentie responsable, sale, d’une certaine manière, d’avoir reçu sur elle ces vies qui n’avaient rien demandé à leur dieu, qui s’étaient poussées les unes contre les autres pour ne pas tomber, et qui avaient finalement échouées. Elles avaient obéi au système. Elles formaient la musique de mort que leur dieu avait répandue sur terre. Elles tombaient, et disparaissaient avant de pouvoir avertir des effets de cette insidieuse musique. Elles mouraient, sur le sol, sur les arbres, sur les pierres et les êtres vivants ou déjà morts. Leurs restes ruisselaient le long des murs, essayaient de se rassembler pour tenter de recomposer quelque chose. Il était déjà trop tard. Et c’était triste, terriblement triste, que ces petites choses soient les seules à subir ce qu’avait décidé arbitrairement leur dieu. C’était triste. Si triste. Mais, au bout de tout ce temps, quelque chose s’était opéré. Comme beaucoup d’autres gens l’avaient fait pour d’autres choses avant elle, Alice s’était accoutumée.
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Kyouya Hibari
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MessageSujet: Re: Il était une fois... Une secte? O_o! [Pv alice]   Dim 24 Fév - 13:28

La phrase en elle-même, l’action de s’exprimer était en réalité la base du mensonge. Le garçon voyait ainsi les choses de cette façon. Dans ce monde, chacun possède un point de vue différent mais personne ne s’exprime de la même manière. Simplement, il faut savoir que toute personne ment. Ce n’était pas le cas de Kyouya ou, tout du moins, pas à sa connaissance. Les mots qui s’échappaient de ses lèvres étaient en effet empli de vérité, pour la simple et bonne raison qu’il avait peur de la déformer. Ainsi, il songeait, dans son esprit étrange, que s’il avait le malheur de tourner ses propos d’une autre manière il finirait par les croire plus existants que les réels. Une peur un peu étrange qui n’avait pas tellement de raison d’être quand on connaissait un tant soit peur le personnage. L’adolescent avait en effet une mémoire des plus aiguisée qui lui permettait de retenir presque tout ce qu’il souhaitait. Même si, dans son cas, cela n’était qu’un détail sans la moindre importance. Le garçon avait sa propre logique et celui qui osait le contredire risquait fort de se faire mordre à mort, comme il le disait si bien. D’où pouvait lui venir une telle expression au fait ? Cela, personne ne le savait. Il s’agissait d’un secret et son gardien resterait toujours muet à ce sujet. Comme l’individu ne souriait jamais, il était assez dur de voir ses dents cependant je puis vous assurer que les canines du garçon à la chevelure corbeau sont un peu plus développées que la moyenne. Rassurez-vous cependant, c’est loin d’être un vampire… On peut voir cela quand on sait qu’il dort environ une dizaine d’heures par nuit. Impossible pour un être de la nuit de pouvoir résister à l’appel de l’instinct, n’est-ce pas ? Bien que la probabilité du fait que Kyouya soit un manipulateur d’illusion soit aussi une possibilité. Après tout, qui ne disait pas qu’il créait une réplique de lui-même pour sortir mordre ses petits camarades ? Le fait qu’il était végétarien peut-être ?

En tout cas, la princesse pluvieuse ne semblait pas avoir envie de partir de ce lieu étrange pour lui laisser un semblant de paix. Pourquoi lui avait-il donné ce nom. Eh bien, il lui semblait que la pluie qui glaçait ses membres n’avait pas le même effet sur cette étrange personne. Autant lui-même avait l’air de s’engourdir, autant de son côté, elle semblait plus forte à chaque seconde. Peut-être était-elle venue la défier ? Elle souhaitait sans doute vérifier s’il était digne de l’accompagner dans son périple ? Mais quel était-il ? Les interrogations se bousculaient dans l’esprit de l’adolescent qui ignorait quelle était la manière de réagir face à celle qui semblait contrôler la pluie majestueuse et douloureuse. Ou bien, s’était un piège ! Peut-être que la jeune fille attendait juste que la pluie l’est privée de ses forces pour lui porter un coup fatal. Après tout, l’évidence était là. Les deux adolescents étaient solitaires dans ce lieu déserté et personne ne se rendrait compte de l’absence du garçon aux canines aiguisées. Surtout pas ses camarades de classe… Bon, peut-être Mukuro, mais ce n’était pas comme si le jeune ravenclaw allait manquer à quoi que ce soit… Son aîné se contenterait sans doute de poser des fleurs sur sa tombe de temps à autre… Ce n’était pas ça que Kyouya souhaitait cependant. Lui, voulait juste pouvoir rester là pour être un peu en paix, loin des autres. Mais, au lieu de rester bien sagement dans son coin en se taisant, il avait commit l’irréparable ! Oser donner un ordre à une grande princesse… La sentence risquait d’être exemplaire si jamais il ne lui présentait pas d’excuses dans l’instant ! S’avançant ainsi vers la jeune fille, l’adolescent posa un genou à terre, bien que profondément dégoûté par le contact glacé de la boue sur son pantalon et releva la tête vers la princesse. Son visage était comme toujours aussi expressif qu’un bloc de glace mais une lueur de respect brillait dans ses yeux sombres. Ce n’était pas tout les jours qu’on croisait une princesse pluvieuse après tout.


« Veuillez accepter mes sincères excuses, princesse la pluie, j’ignorais qui vous étiez et je me suis permis de mal vous parler. Je me nomme Kyouya Hibari et je suis votre humble serviteur. »


Mukuro aurait sûrement eut une parole moqueuse envers lui s’il avait vu son jeune ami agir de cette manière. Lui qui disait en permanence que Kyouya était si rebelle qu’il n’écoutait personne, pas même lui… Mais il fallait dire aussi que se prétendre le meilleur ami d’un garçon aussi solitaire que le gamin aux yeux sombres était déjà une hérésie à la base. Le cadet n’avait pas vraiment d’amis, il se contentait juste de traîner plus ou moins près des autres humains de temps à autre, histoire de ne pas être vu comme un glaçon solitaire. Pourtant, cette histoire ne regardait aucunement la princesse trempée. Ainsi, l’adolescent ne changea pas de position, continuant de la détailler du regard en attendant simplement un ordre de sa part. Peut-être lui demanderait-elle d’ôter la vie d’une personne mais son rang royal lui donnait tout les droits après tout ! Kyouya, en l’observant, se rendit compte qu’elle n’était pas très jolie ni très originale, plutôt quelconque et en conclut donc qu’elle avait changé d’apparence pour se fondre au milieu de ses fidèles sujets.

« Dîtes moi vos ordre princesse de la pluie et je les exécuterait.»
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Alice Oldfield
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MessageSujet: Re: Il était une fois... Une secte? O_o! [Pv alice]   Sam 1 Mar - 15:10

Alice avait attendu un mot, une réaction. Elle n’avait pas esquissé le moindre geste, une fois relevée, une fois son regard posé sur le garçon. Elle sentait les traits durcis de son visage à travers le masque des gouttes d’eau. Elle avait été influencée par leurs sentiments. Elle avait pris le droit de se sentir supérieur à celui qui lui faisait face, à celui qui était en face d’elles, à celui qui tentait, à travers Alice, de leur ordonner quelque chose à toutes. Mais il ne s’était rien passé. Une nuée imperceptible s’était abattue sur l’espace redevenu sauvagement contrôlé par ces entités individuelles. La Poufsouffle n’avait pas détourné le regard. Son visage restant obstinément immobile, prisonnier dans sa fixité permanente.

C’était un silence plein, bruyant, où les corps des gouttes interdisaient à Alice de les écouter. Elles communiquaient par une langue qui n’utilisait ni les gestes, ni les mots, ni les odeurs, ni les goûts, ni le toucher. Elles avaient partagé une telle proximité que, désormais, elles étaient capables de fonctionner ainsi, sans craindre qu’un ennemi ne vienne les importuner pour mieux briser leur union. Elle, la machine, devait rester calme et attendre leur décision, quelle qu’elle soit.

Alice resta statique même lorsque le garçon osa s’approcher d’elles. Elle sentit leur colère à le voir évoluer à travers les débris de leurs semblables, mais cette colère interdisait toute action de sa part. Elles attendaient, et Alice avec elle.
Elles notèrent le changement lorsque le corps du garçon s’affaissa pour lui permettre de poser un genou à terre. Alice ignorait si son corps l’aurait dépassée en tant normal, mais elle le regardait maintenant de haut, à la satisfaction des corps de pluie.

Au-delà des sens, la jeune fille sentit néanmoins les corps de pluie frémir d’un léger mécontentement à l’appellation de « princesse de la pluie ». La fonction qu’il lui attribuait outrepassait sa condition ! C’était une grave erreur qu’elle devrait rectifier. Alice s’apprêtait à regarder autour d’elle à la recherche d’un objet qui semblerait tranchant lorsqu’une nouvelle décision arrêta nette sa préparation de mouvement. Le pantin consentant ne devait pas être trop spontané. Qu’il la prenne pour plus importante qu’elle n’était ; elles le testeraient ainsi. Qu’elle conserve ce rôle dans le cœur du garçon. En étant le « serviteur » de celle qui s’était dévouée à Elles, il les servirait avec une force dont il n’avait probablement lui-même pas le moindre soupçon. La situation leur convenait, ainsi. Ils apprendraient leurs plans en même temps, lorsqu’elles jugeraient que le moment était venu.



"Kyouya Hibari" répéta-t-elle pour marquer un premier serment en marquant chaque syllabe de son prénom. "Relève-toi, Kyouya Hibari."


Il n’avait pas besoin de s’agenouiller pour symboliser son infériorité face à Elles ; leur force, leur éclat, leur suprématie étaient ailleurs. En douter relevait du sacrilège. Et était la preuve qu’il réagissait, comme un humain, avec des notions et des conceptions d’humains. Alice, en apprenant elle-même à changer ses lois humaines, allait devoir lui inculquer les axiomes des corps de pluie. Cela prendrait sans doute du temps. Mais il s’agissait là d’un sacrifice nécessaire pour celui qui remettait sa vie entre Leurs âmes.


"Elles ne te demandent rien. Elles te connaissent. Elles ne connaissent pas la profondeur de ta loyauté. Quelle preuve peux-tu leur sacrifier ? Quelle preuve peux-tu m’offrir ?"
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Kyouya Hibari
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MessageSujet: Re: Il était une fois... Une secte? O_o! [Pv alice]   Jeu 6 Mar - 12:27

Avec des gestes dénués de la moindre brusquerie, l'adolescent se redressa lentement, tout en prenant le temps de détailler sa princesse. Tellement ordinaire, comme il l'avait remarqué quelques instants auparavant. Simplement, sa puissance se cachait derrière cette fausse impression de simplicité et Kyouya le savait. Il ne pouvait pas se permettre d'exprimer le moindre doute sur la situation, sur ce que cette jeune fille allait faire de lui. C'était juste interdit. Cela était la raison qui le poussa à ne pas regarder la princesse dans les yeux. Qui pouvait savoir le châtiment qu'il receverait pour un tel acte... Lui-même, tenait à l'ignorer. C'est à cet instant précis, à la seconde où le temps sembla s'arrêter d'une manière invisible tandis que la pluie restait le seul élement vivant du paysage, qu'il cessa le combat. Les gouttes de cristal qui se déversaient par millier sur son corps frêle ne furent plus repousser. Il accepta, restant sourd aux vaines protestations de son corps, de se laisser envahir par la sensation qui lui semblait désagréable quelques secondes auparavant. Ainsi, ce geste marquait son abandon, il acceptait les règles qu'imposait sa princesse sans omettre une quelconque résistance. La manière de penser, emplie de logique tout en étant dénuée, de Kyouya lui avait fait comprendre qu'il avait enfin trouvé son but. Aider la pluie à avoir sa victoire sur le monde. C'est ce qui fit que, de manière cruelle, sa première pensée fut de sacrifier quelqu'un pour lui prouver sa loyauté.

Etrange songe à l'allure sombre qui exprimait à lui seul en quoi le garçon n'avait presque pas d'amis. Kyouya avait décidé d'exister, plus jeune, pour avoir la paix et être loin des gens qui l'ennuyait. Dans les activités de groupe, il était connu comme celui qui ne jouait que pour lui. Alors, pourquoi faisait-il parfois des efforts? Comme avec Hestia, qui était persuadé qu'il était une fille. Bien qu'il n'ai jamais comprit cette idée sans le moindre fondement, il s'était habitué à se faire appeler la petite Kyouya par les gens qui avaient eut vent de cette stupide histoire. Ses cheveux humides, surtout sa fine frange, le gênait quelque peu pour regarder la jeune fille, mais il ne fit pas un mouvement pour les arranger. Ses perles sombres, un peu trop d'ailleurs, fixèrent alors le sol boueux, dans une attitude simple attachée au respect de l'être ou plutôt des êtres supérieurs devant lui.

"Je ne sais que faire pour vous satisfaire. Ma première pensée fut d'achever une vie pour vous, peut-être la mienne? Simplement, je ne pourrais point vous servir si je faisais cela, princesse de la pluie. Ainsi, je m'en remet à votre jugement, meilleur que le mien."

Les paroles de Kyouya étaient simples mais ses pensées, sa manière d'imaginer sa princesse sous sa forme qu'il pensait réelle étaient bien trop difficile à suivre. Dans son esprit, il pensait que sa princesse cachaiut sa véritable apparence et l'imaginait faîte de brume, armée de sa voix et de son regard. Et la pluie, il commençait à douter, était-elle celle qui avait choisit la princesse? La jeune fille ne commandait sans doute pas à la pluie ou peut-être que si. Les choses étaient si complexe et il n'y avait aucune réponse possible à la chose. Le temps, de son côté, restait stoppé tandis que l'enfant terrible aux cheveux et aux yeux plus sombres que sombres et la fille choisie de la pluie qui semblait plus calme que calme restaient l'un en face de l'autre, sans bouger ni parler.

[Tapé et envoyé du lycée XD]
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Alice Oldfield
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MessageSujet: Re: Il était une fois... Une secte? O_o! [Pv alice]   Sam 8 Mar - 21:34

Quelque chose, une fissure, une soumission, sembla s’opérer. Le silence se teinta du relâchement progressif dans l’attitude du garçon, annonciateur d’un changement. Il était sur la bonne voie, constataient-elles en faisant naître un léger sourire d’espoir sur les lèvres humides – jusqu’à ce qu’il parle, jusqu’à ce qu’il lâche ces mots, ses mots, brisant le sourire pour le transformer en une moue pincée, désappointée, signe annonciateur de la colère à venir qui allait la submerger.

Elles laissèrent toutefois de précieuses secondes filer avec le temps. Devaient-elles le tuer maintenant, ou tenter de corriger sa pensée ? En valait-il la peine ? Ne risquaient-elles pas de le voir leur faire faux bond au moment décisif ? Le bourdonnement sourd vibrait le long des oreilles, sensation inaudible et muette. Peut-être que ce qui trancha leurs débats qu’elles savaient fertiles fut un débris de conscience d’Alice ; au moins, elles donnèrent leurs ordres, et le corps les exécuta en se reformant dans les carcans qu’Elles lui imposaient.



"… et tu crois, Kyouya Hibari, qu’Elles t’auraient laissé faire ?". Le fond de sa voix douce laissait entrevoir une agressivité acérée. Ca n’était pas une question. "Tu penses sincèrement qu’Elles t’auraient regardé faire sans vouloir y prendre part ?"


Il avait proposé d’agir en soulignant les lacunes du contrôle des corps de pluie, comme si ceux-ci n’avaient pas déjà pleine emprise sur lui. Il laissait entrevoir une liberté qu’il ne possédait plus – au moins à partir du moment où il avait pénétré Leur territoire. Peut-être était-il captif depuis déjà des années, en attendant cette rencontre ; peut-être n’avait-il jamais été libre. Les corps de pluie savait, mais elle, pas encore. Le corps de la jeune fille continua ses efforts pour effacer ce « elle » : il ne devait rester que les corps de pluie, pas une quelconque conscience humaine.

Même à travers le semblant d’abandon qu’il voulait fièrement exhiber, il leur résistait encore ; les servir, c’était leur laisser la place. Toute la place. Oublier sa conscience, oublier son identité propre. Les laisser se nourrir des différences qui séparaient les humaines, jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que des serviteurs anonymes – et entièrement dévoués à leur cause.

Et cet humain avouait que l’idée d’agir presque « par lui-même » l’avait effleuré ? Prétendait-il être libre ? Prétendait-il qu’il pouvait encore vive sans être un réceptacle pour Elles ?



"Ca jamais !"


Sa voix, brisée par une colère qui n’était pas la sienne et qu’elle ne faisait que transmettre, avait adopté une modulation sèche, tranchante, qui découpait les mots pour les enfoncer au plus profond de l’âme. Les syllabes s’accrochèrent fermement dans l’air, et se répondirent elles-mêmes à une distance que son corps n’évaluait pas. L’écho fut bientôt recouvert par des battements d’ailes frénétiques, et un restant de souvenir humain, Alice, releva lentement la tête pour observer d’un regard dur, un léger sourire fasciné accroché aux lèvres, deux corbeaux quitter précipitamment l’arbre qu’ils avaient élu pour perchoir, et ne s’en détacha que lorsqu’ils eurent totalement disparus au loin. Ils mourront avant ce soir, lui murmuraient toujours les mêmes voix inaudibles. Noyés.


Un premier pas décolla le corps de la boue dont il était prisonnier. Un deuxième, et il se retrouva prêt à exécuter Leurs ordres. Le corps qu’Alice avait jusque là considéré comme sien s’approcha lentement par des gestes mécaniques, les lèvres pincées, le regard noir. Elles étaient en colère, comme le confirma le bruit tonitruant de la gifle qui résonna entre les arbres. Le bras droit reprit place contre son flanc.



"Rappelle-toi ta condition, Kyouya Hibari. Croyais-tu que les adresses, que l’emploi qui est fait de ce que tu appelles « ton nom », soient un signe de reconnaissance ? Non. Ils devraient te montrer, avec la force nécessaire, que tu n’as pas franchi le premier cap. Ne prononce pas les noms, n’utilise pas les noms. Qui les a donnés ? Elles seules sont à même de te trouver un nom, si Elles considèrent que tu as le mérite de te distinguer des autres. Cesse de croire que des choses t’appartiennent. Cesse de croire qu’il y a encore quelque chose qui appartienne au corps qui est devant toi. Il n’est seulement là que pour servir de réceptacle, pour aiguiser ta vue, pour te permettre de Les voir."
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Il était une fois... Une secte? O_o! [Pv alice]
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