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 Hi hi hi ~ [ Mallaury ]

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Belphegor Mistry
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MessageSujet: Hi hi hi ~ [ Mallaury ]   Jeu 29 Mai - 20:01

Oh, c’était amusant tout de même. Si on avait dit au prince sombre qu’il suffisait de manger un œuf au chocolat transformé en un truc bizarre par un lutin pour qu’il redevienne normal, il aurait sans doute rit à gorge déployée. M’enfin… Maintenant, il ne pouvait plus tellement se le permettre. Puisque c’était arrivé. Etrange coup du sort tout de même. L’adolescent aux cheveux blonds avait mit un moment avant de se rendre compte qu’il ne ressentait plus la moindre douleur. Et c’était sous le choc qu’il avait cherché, partout dans le château, un miroir. Bon, le résultat était assez convainquant. Pour preuve, il était redevenu le gamin souriant de seize ans qu’il était auparavant. Un peu désavantageux quand on savait qu’il avait vingt-huit ans, mais comme lui-même l’ignorait, c’était pas si grave. Ses vêtements, contrairement au reste de son corps, étaient restés dans un état pitoyable et le prince avait jugé ça indigne de lui. C’est pour ça qu’il avait choppé un élève innocent qui traînait, pour ne pas dire un serpentard à qui il avait déjà cassé un bras il y a quelques années et lui avait demandé de lancer un sort réparateur sur ses vêtements. Parce que Belphegor n’avait plus de baguette depuis pas mal de temps, étant donné que sous sa forme monstrueuse, il ne pouvait plus faire de magie. L’élève sollicité, ne cherchant même pas à comprendre la situation, obtempéra et le prince se regarda de nouveau dans le grand miroir d’un des couloirs de l’école. C’était étrange… Ses cheveux étaient gris avant… Et là blonds. Seuls ses yeux avaient gardé leur apparence un brin vide et maléfique. Mais, ils étaient cachés par la frange du garçon qui continuait de s’observer. D’une main hésitante, il toucha doucement le miroir, regardant son reflet pendant de longues minutes. Impossible, impossible… Et pourtant. Même sa tenue avait changé. De mauve, son haut était devenu verdâtre. Au moins, avait songé le prince, sa couronne était toujours là… Et elle brillait de nouveau. Affichant alors un sourire un peu tordu, l’adolescent s’adossa au mur à côté du miroir, serra le poing et…

Frappa dans l’objet de toutes ses forces. Des morceaux de verres atterrirent un peu partout alors que le blond regardait sa main, ensanglantée, tout en conservant son étrange sourire. Et puis, il porta ses doigts à ses lèvres pâles et lécha doucement le sang, comme un vampire affamé. Etrangement, ça n’avait plus le même goût qu’avant… Mais qu’importe. Les coupures de la pauvre main étant assez légères, il attendit d’avoir fini de saigner et reprit sa marche, les mains dans les poches. Les quelques élèves qui passaient dans le couloir lui jetait parfois un coup d’œil mais sans plus. En un sens, ils étaient tous occupés avec ce qui était arrivé avec leurs œufs eux aussi. Mais aucun n’avait eu autant de chance que le prince qui continuait d’arpenter l’école sans un mot. Il fut assez gentil dans l’ensemble… Sauf quand il poussa un première année dans l’escalier parce qu’il était sur son chemin, mais dans l’ensemble, il n’avait plus envie de tous les tuer.

Les voix… Les cris… Tout ce qui était dans sa tête, tout ce qui le rendait si… Noir… Où était-ce ? Bonne question. Mais il ne savait pas la réponse et c’était plutôt frustrant. Après tout, il aimait cette partie si sombre de lui, il appréciait le goût subtile d’une vengeance bien méritée. Et d’un seul coup, tout avait volé en morceaux. Il agita quelques instants les doigts de sa main gauche, celle qui avait frappé le miroir, dans sa poche et eut un sourire un peu plus grand. Ca faisait mal, ça c’était sûr. Mais c’était vraiment pas grand chose. Et puis, Belphegor avait besoin d’avoir mal. Il voulait souffrir. L’habitude sans doute… L’absence des voix, la disparition de la douleur… Sur le coup, ça avait manqué de le rendre dingue. C’était un peu logique en un sens, non ? Après tout, il vivait avec la douleur depuis plus de dix ans… Certes, il se sentait mieux… Mais son esprit restait un peu ailleurs, comme perdu. La colère… Elle était toujours là. Et ce n’était pas tellement bon signe ça. Ca voulait dire que Mistry restait un monstre, encore et encore… En fait, malgré son apparence normale, il foutait toujours autant les jetons.

Une fois dehors, celui dont la veste lui tombait un peu des épaules, s’assit sur un banc en pierre du parc et regarda droit devant lui. Son étrange sourire fit place à un autre, plus calme, plus cruel et plus froid, mais plus vivant aussi. Il hésitait… Sur quoi penser, quoi faire… Dur de dire exactement ce qui lui était arrivé. Un léger soupir passa ses lèvres suivit de son rire caractéristique et effrayant tandis qu’il aperçut une jeune fille qui arrivait en face. Elle ne semblait même pas l’avoir vu, prise dans d’étranges pensées. Il ne fallut qu’une poignée de secondes à Belphegor pour la reconnaître et ouvrir la bouche pour parler.

« Hey ! Mallaury Chantal Félicité Sansouci, nommé Mad Mallo, grand préfète ! »

Les habitudes ont la vie dure dit-on… C’était sans doute le cas. Peut-être pour ça que Belphegor avait parlé à la jeune fille de la manière habituelle. Enfin, ils ne se connaissaient pas très bien non plus à vrai dire. M’enfin, c’était pas si important que ça. La voix du prince était un peu étrange pour le coup. Bien plus gamine qu’avant, mais toujours avec ce petit grain de folie qui n’appartenait qu’a Bel. Il leva sa main valide en l’air et fit un léger signe de la main à l’adolescente avant de ricaner une nouvelle fois, sans que personne ne sache pourquoi.

« Ca faisaiiiit longtemps. Ta joue n’est plus cassée ? »

Son ton était froid et amusé. Après tout, c’était tout de même lui qui lui avait cassé la pommette il y a quelques temps. Et, sur le coup, ça n’avait été qu’un jeu pour lui. Mais sans doute pas pour la jeune fille. Pour qu’elle le reconnaisse, il avait fait exprès d’allonger ses ‘i’ dans la seconde phrase qu’il avait dite, par habitude.
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Mallaury Sansouci
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MessageSujet: Re: Hi hi hi ~ [ Mallaury ]   Jeu 29 Mai - 21:10

Oh ! Dieu. Apostrophe, juron mal placé, sans doute, dans la bouche mielleuse mais décidément dépourvue de la moindre croyance de Mallaury. Il était dur, pourtant, d'exprimer ce qu'elle ressentait en cet instant autrement que par cette expression toute faite, d'une simplicité certes exagérée mais d'un expressionnisme prodigieux. Elle tombait des nues en ce moment ; elle avait l'impression que ses longs cheveux blonds la tiraient sauvagement vers le sol et que l'herbe humide à ses pieds faisait tout pour l'aspirer dans les profondeurs insondables d'un évanouissement soudain. Quoi ! Une vision lui était apparue, terrible et magnifique à la fois. Dans son petit cœur se battaient l'horreur et la fascination, la terreur et l'enthousiasme, le désespoir et la joie : voilà que venait de surgir devant elle, comme s'il eût été craché tout entier des profondeurs sordides de son cachot, le seul être qu'une Sansouci digne de ce nom ait jamais craint : le fantôme charnu, le mort cousu et éveillé, le monstre errant et sauvage qu'abritait Poudlard ... Eh oui ! Belphegor Mistry lui-même revenait la hanter.

Après un instant passé à baver presque sur l'herbe, les yeux ronds comme des soucoupes et luisant comme des vers, la bouche béante et vaguement en cul de poule, elle finit par trouver l'exclamation qui convenait à une telle situation :

    "Pois cassés."

En français, même pas exclamé en vérité mais chuchoté sur un ton sifflant et doux, comme une prière assourdie, une incantation, un râle retenu et qui pique toute la langue et la gorge tant l'émotion qu'il contient est grande ; et ça remonte picoter les joues - souvenir cuisant - et les yeux, au point qu'ils luisent plus fort encore, comme s'ils allaient s'épancher, pleurer ; mais ils ne le font pas. Mallaury demeura ainsi prostrée pendant un moment qui sembla s'éterniser car le temps se faisait distendre dans un tel état d'esprit. Elle fixa la bestiole devant elle, interdite, muette enfin - c'était décidément le seul qui arrivait à la faire taire.

Si elle s'était attendu à le trouver là, celui-là ! À vrai dire il lui était sorti de la tête, complètement sorti de la tête. La joue, elle n'aurait pas dû l'oublier pourtant : elle avait bien plus souffert de cette stupide blessure que de tous les coups violents et terribles qu'elle avait pu recevoir des cognards qu'elle n'avait su rattraper, à l'époque où elle en était encore à s'entraîner à tenir la batte - eh bien oui, maintenant elle n'en laissait plus filer un, elle les chopait tous et les envoyait valser loin, avec force, sans jamais se faire ne serait-ce qu'effleurer par l'une de ces balles maudites. Elle avait eu mal et s'était crue défigurée à jamais, surtout lorsqu'après coup elle était allée à l'infirmerie et que Miss Moore, demoiselle adorable s'il en est, lui avait pour la soigner aposer un onguent tout vert, tout granuleux et décidément terriblement puant. Mais tout s'était bien fini. Elle avait même fini par retrouver Sardine après quelques jours : la pauvre bête s'était allée planquer sous son oreiller, comme pour faire croire au mythe des Dents (mais sans dents, pour le coup). Elle avait eu l'air complètement traumatisée. Parce qu'elle n'avait pas pu ramener les renforts à temps, évidemment - quoi d'autre sinon ? Mais bref, si sa maîtresse avait eu l'audace d'oublier un temps sa rencontre avec le Prince, ce n'était pas son cas, et elle était là en train de trembler au fond de sa poche.

À l'origine, si Mallaury était sortie dans le Parc, ç'avait été pour chercher des œufs, encore et toujours, évidemment. Elle en avait bien trouvé un ce matin, et réussi à s'en faire offrir quelques petits bouts comme des offrandes respectueuses par les plus petites Années qu'elle avait croisé, impressionnés par son badge de Préfète et son air sauvage et affamé, mais son appétit insatiable n'était toujours pas satisfait, et il lui en fallait plus, toujours plus ! Or justement, elle venait d'en trouver un autre. Et c'est pour ça, principalement, qu'elle avait été surprise et presque choquée de retrouver le Prince, et par dessus tout de le retrouver maintenant ... C'est qu'en elle se battaient deux désirs contradictoires : celui de faire allégeance à l'unique personne qui eût pu prétendre connaître son respect, les professeurs mis à part, ou bien garder son trésor chocolaté pour elle, rien que pour elle, et ne surtout pas le partager même avec Belphichou. C'est le deuxième sentiment, néanmoins, qui était le plus fort ; aussi garda-t-elle soigneusement ses mains dans son dos lorsqu'elle s'approcha de la chose devenue jeune homme, histoire de bien cacher l'œuf qu'elle tenait avec amour et qui était encore tout entier, tout enveloppé dans son beau papier.

    "Oh ! Vénérable Grand Prince Belphégor Mistry ! Mon chou !"

Large sourire béat.

    "Oui, oui, ça faisait longtemps, c'est vrai. Hé ! Mais ça fait plaisir, oui, oui. Sinon ma joue va mieux. Hum."

Puis tout à coup, alors qu'elle observait toujours le Belphichou, avec un œil de travers qui tentait de vérifier l'état de l'œuf dans son dos (en vain, elle avait beau s'entraîner elle n'arrivait toujours pas à voir derrière elle sans tourner la tête), elle se rendit compte de la transformation qui s'était opérée en lui. Mais oui ! Comment avait-elle pu laisser échapper de tels détails ? Il n'était plus le même, il n'avait plus ni cicatrices, ni visage déformé ; ses cheveux étaient beaux, ses vêtements normaux, sa peau rose ; il n'avait plus sa lanterne et sa couronne brillait ; enfin, malgré la lueur diabolique au fond de ses yeux et son ton toujours grinçant et mystérieux, il ne faisait plus peur. Mallaury sourit davantage encore, avec les dents cette fois, et un petit rire lui échappa, léger.

    "Mais mon Belphichou, t'es tout neuf ! Qu'est-ce qui est arrivé à ton bras ?"

Le bras ne tombait plus ; miracle ?

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Belphegor Mistry
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MessageSujet: Re: Hi hi hi ~ [ Mallaury ]   Jeu 29 Mai - 21:58

Au moins, on pouvait dire qu’elle n’avait pas changé le moins du monde celle-là. Le prince la savait assez loin de la réalité mais l’entendre parler dans une langue dont il ne comprenait pas un traître mot avait réussit à rendre un peu moins sombre le sourire de l’adolescent. Qu’est ce qu’elle pouvait être bizarre cette Sansouci. Il n’avait jamais vraiment comprit pourquoi il ne l’avait pas achevé, ce jour là, dans les cachots. Alors que la colère bouillait en lui, le rendant presque fou, il avait abandonné. Comme ça, décrétant un game over incompréhensible pour la situation. Et la préfète n’avait pas protesté. A quoi bon après tout ? La détaillant de son regard, il constata également que ce dernier avait un peu changé. Avant, il voyait soit un peu flou, comme si ses yeux étaient embrumés par des larmes soit de manière trop perçante au point qu’il en avait encore plus mal. Mais là… Il observait, simplement, avec un regard effrayant mais normal. Il voyait enfin correctement le monde qu’il détestait tant. Un léger sourire brisé se dessina sur ses traits fins tandis que le prince se demandait si c’était vraiment une bonne chose. Après tout, il ne souhaitait pas forcément voir les autres, lui. Etouffant un soupir tandis que son sourire disparaissait, ses bonnes vieilles envies de tortures revinrent en entendant la manière dont elle lui parlait. Il lui avait dit quoi à propos des surnoms, hein ? Il semblerait que se soit tombé dans l’oreille d’une sourde tout ça. Lui décrochant alors son regard le plus noir, le prince se mit à réfléchir à ce qu’il pourrait bien lui offrir comme réponse. Ce n’était pas facile de trouver comment répondre à la préfète parce que lui-même ne savait pas tellement. Mais, il allait s’arranger pour trouver une parade à une explication compliquée, ne serait-ce pour avoir la paix.

« Je t’ai diiiis quoi à propos des surnoms ? Je déteste ça ! Mon apparence ? Hum… C’est… Un secret. »

Pour souligner ses dires, il posa un doigt sur ses lèvres avant d’éclater de rire. Un rire effrayant, glacé et inadapté sur un adolescent de son âge. Mais parfait pour un prince sombre qui avait vécut dans le noir pendant des années. Il ne savait pas comment décrire ce qu’il ressentait à cet instant mais c’était… Reposant. Toujours un peu de colère et de haine, éternellement cette envie de vengeance, mais en un sens… Son cœur était apaisé maintenant. Et puis, il battait aussi. Oh, Belphegor n’avait jamais été mort, certes, mais auparavant, son cœur ne battait plus que d’un ou deux battements par minute. Et ça ne l’aidait pas à se sentir vivant le moins du monde, au contraire. A présent, le battement, le son calme et répétitif, était trop rapide. Il avait perdu l’habitude. Ce qui ne l’empêchait pas d’apprécier la sensation… En un sens. Lançant de nouveau un regard à la jeune fille, tandis que son rire se calmait peu à peu, il se rendit enfin compte qu’elle lui cachait quelque chose. Mais on ne peut pas tromper un prince très longtemps. Et, profitant d’un instant d’égarement de la part de l’adolescente, le blond se leva de son banc et lui arracha ce qu’elle cachait derrière elle en quelques secondes. Un œuf ? Encore un ? Non, ce n’était pas amusant du tout ça en fait… C’est sans doute pour ça qu’il lui lança, pas trop fort, pour lui rendre. Nan, il en avait rien à faire du chocolat, vraiment. L’autre œuf, celui qu’il avait mangé précédemment, c’était juste parce qu’il l’avait piqué à un première année et qu’il s’ennuyait. Mais l’adolescent n’aimait que guère ce qui était sucré en général.

« Humph… Dommage pour ta joue. Ca aurait été joliiii une ciiicatriiiice.»

Dire qu’il pouvait parfaitement parler normalement, mais non ! Ca l’amusait de jouer son rôle jusqu’au bout. Croisant ses mains derrière son cou, se fichant pas mal d’abîmer un peu plus celle qui avait été blessé par le verre, l’ex-créature se mit à songer quelques instants à sa condition. Sans que rien de bien intéressant ne lui vienne sur le sujet. Après tout, il avait été nommé résident ici à vie après son accident. Mais maintenant la donne avait changé, ce qui ne rendait pas la tâche facile au prince. Ce n’était pas comme s’il pouvait recommencer à être un élève après tout. Et puis, il se voyait trop bien jouer à lancer des couteaux sur ses professeurs ou ses camarades ce qui n’était pas tellement conseillé. Enfin… C’était trop compliqué de penser à tout ça. Un léger rire sortit de sa gorge sans que le moindre sourire ne s’affiche sur son visage.

« Hey, préfète ? On est en quelle année ? »

Voilà, l’ancien Syltherin avait enfin posé la question qui le tourmentait le plus. Enfermé dans son monde de peine et de colère, jamais l’idée de demander une date ne lui était venu. Et c’était peut-être tant mieux parce que le choc d’apprendre son âge aurait peut-être put avoir un mauvais effet sur lui. Ou bien, peut-être qu’il le prendrait bien… Mais comme il s’agissait de Belphegor, mieux valait se méfier. Attendant une réponse, il tourna un peu la tête pour voir une bande d’élèves de premières années de Hufflepuff passer et leur tira la langue tout en leur disant de dégager, ce que les gamins s’empressèrent de faire. Retrouvant assez vite son attitude neutre et un peu froide, le prince reporta son regard sur sa camarade pour savoir ce qu’il avait demandé. Après tout, il n’avait rien d’autre à faire pour le moment que de lui parler et puis… Mallaury était d’une compagnie pas si désagréable que ça, même si ça première impression en la rencontrant avait été de vouloir lui exploser la tête contre un mur. Oui, littéralement c’était exactement ça. Une pointe de gore dans un monde sombre. Cependant, de la part du prince, le fait qu’il ai eu ce type de pensées n’était guère étonnant. Belphegor restera toujours Belphegor me direz-vous…
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Mallaury Sansouci
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MessageSujet: Re: Hi hi hi ~ [ Mallaury ]   Jeu 29 Mai - 23:03

Bien sûr qu'elle se souvenait de ce qu'il lui avait dit à propos des surnoms. C'était quelque chose qui l'avait marquée, à ce moment là, marquée comme au fer rouge, parce qu'elle avait détesté se faire donner des ordres, se faire donner ce genre d'ordre, et par dessus tout devoir s'y plier. Nul n'ignorait le goût prononcé de Mad Mallo pour les surnoms les plus fous et les plus déjantés ; c'était comme une drogue, un besoin, dés qu'elle rencontrait quelqu'un il fallait, il fallait absolument qu'elle le renomme selon son inspiration. C'était sa façon de poser sa marque, de montrer qu'elle était passée par là ... Le besoin permanent de se faire présente dans toutes choses et tous êtres. Alors quand le "Belphichou" lui avait été interdit, elle avait souffert, la pauvrette, elle s'était sentie comme bâillonnée, et il aurait même été plus agréable, sans doute, d'avaler du plomb. Elle s'était contentée de le penser en son fort intérieur, de le murmurer à mi-voix, parfois, quand on n'entendait pas, sans quoi elle aurait probablement définitivement craqué ... Elle s'était retenue, oui, bien suffisamment.

Mais là ! Là le Prince n'était plus le Prince. Il avait toujours son air diabolique, oui ; il avait toujours sa couronne, et celle-ci brillait, même, à présent ... Mais il était redevenu jeune homme. Il n'était plus un monstre. Alors il n'était plus le même Prince, Mallaury n'avait plus peur de lui et elle n'avait plus de raison pour ne pas utiliser joyeusement tous les surnoms qu'elle désirait - ce dont elle était bien décidée à ne plus se priver ! Quand il lui fit ce reproche, elle ne dit rien néanmoins, et continua de lui sourire bêtement en affichant ses belles rangées d'émail blanches et scintillantes dans la douce lueur de ce début d'après-midi de Pâques. Un petit "mwi" vague et inaudible plus tard, elle se laissait bercer par la charmante musique du rire de psychopathe de Belphegor Mistry tout en admirant le charmant spectacle de quelques jeunes élèves effrayés qui couraient en cercles ou s'enfuyaient au loin en poussant de petits glapissements terrifiés. Et trop occupée à rire intérieurement de la folie des jeunes-de-nos-jours, elle fut prise au dépourvu quand la bise fut venue quand on lui arracha sauvagement son œuf tant chéri des mains.

    "Naan ! Nan mais oh ! Eh ! Là ! Mon œuf !!! Mon ..."

Et paf ! De manquer se le prendre en pleine tête. Absolument outrée qu'on traite avec aussi peu de considération un objet aussi précieux et digne de respect, elle en avait la moustache - ou absence de moustache - frémissante. Les yeux brillant toujours, mais cette fois d'une colère contenue, elle avait déjà commencé à brandir le point qui ne tenait pas l'ovoïde - elle avait réussi à le rattraper finalement, un miracle, avec classe et précision -, avec pour ferme intention de recommencer à déblatérer un discours moralisateur comme elle seule savait si bien les faire. Mais elle se coupa dans son élan - et merlin sait comme c'était rare ! - car il lui était venu à l'esprit une pensée fort intéressante : le Prince, ou ex-Prince, ne voulait pas de chocolat et n'en avait pas contre son œuf ... par conséquent cela signifiait qu'elle-même pouvait en manger sans risquer de le vexer ! Et puis de toutes façons, elle n'avait plus peur de lui. Rien ne s'opposait donc à son envie, et elle se faisait d'avance un régal - d'ailleurs elle avait pu apercevoir un bout du chocolat, aussi noir et corsé qu'elle aimait, et son ventre en gargouillant d'avance, sa langue en salivait abondamment.

    « Hey, préfète ? On est en quelle année ? »

La petite Préfète en question fut prise au dépourvu par cette question pourtant simple mais à laquelle, étrangement, elle ne se serait jamais attendu. Pas que le fait de demander en quelle année on était lui paraisse choquant ou quoi que ce soit, après tout elle aurait presque trouvé normal qu'on lui demande sur quelle planète on avait les pieds, mais ce qu'il y avait d'étonnant était simplement le fait même que Belphegor lui pose une question censée le renseigner sur un sujet dont il ne savait rien, et dont elle savait quelque chose. C'était ... quoi ? Comme un honneur, en quelques sortes. Une considération, que de lui demander ça. Bien évidemment, aux yeux de tous et même probablement du "Prince" lui-même, ça ne devait rien avoir d'extraordinaire, cette question ; mais dans l'esprit déluré de la petite Poufsouffle, c'était grand, très grand ! Laissez-la donc rêver.

    "Eh bien, Vénérable Grand Prince Belphegor Mistry ! Nous sommes aujourd'hui, comme j'ai l'honneur de te l'apprendre, en l'an de grâce 1970 ... et c'est Pâques !"

La dernière précision aurait pu sembler inutile ou superflue, surtout car le Belphichou, n'étant certainement pas bête, devait bien s'en être rendu compte, mais elle tenait à la dire dans le but de justifier en quelques sortes ce qui allait suivre ... N'y tenant plus en effet, elle s'empressa, ceci justifié, de briser le sommet de son œuf adoré pour en extraire quelques morceaux qu'elle avala goulument, mâchant à peine. Mais alors qu'elle se régalait, soudain envolée dans un monde parallèle fait de délices chocolatées et d'orgasmes gustatifs, elle sentit quelque chose d'étrange s'évaporer, semblait-il, de l'intérieur de l'œuf. Et avant d'avoir pu seulement comprendre ce qui se passait, elle se sentit envelopper d'une aura oppressante qui l'écrasait, l'écrasait, l'écrasait ... comme au point de la faire rapetisser, rapetisser, rapetisser ... Et elle se retrouva toute petite, minuscule, à peine un mètre de haut, mais toujours enrubannée dans une robe à présent dix fois trop grande pour elle.

    "Eh, mais ... !"

Et sa voix, toute petite voix, était, comme son visage et son corps, celle d'un enfant de sept ans.

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Belphegor Mistry
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MessageSujet: Re: Hi hi hi ~ [ Mallaury ]   Mer 4 Juin - 22:19

C’était quand même douloureux. Même pour celui qui avait réussit à gagner contre le temps… Ca lui faisait mal… Son cœur se serra pour la première fois depuis longtemps et l’adolescent ferma quelques instants les yeux pour effectuer un calcul simple et rapide. Certes, il n’avait jamais été un professionnel des mathématiques, mais tout de même. Ce n’était pas dur de savoir combien seize et douze faisaient. Beaucoup trop. C’était effrayant en un sens… De savoir que tant de secondes, de jours, de mois et d’années s’étaient écoulées sans que le prince ne s’en rende compte. Belphegor ne faisait plus le fier tout d’un coup tandis que son âge venait de le heurter violemment, le ramenant dans un monde d’une réalité effrayante. Vingt-huit ans… Il avait vingt-huit ans… Et demi qui plus est. Impossible, c’est la pensée qui le traversa à cet instant. Ses traits restaient ceux d’un gamin de seize ans, celui qu’il était encore au fond de lui-même et jamais il n’aurait crut que tant de temps avait passé. Son frère… Le jeune prince s’interrogea sur ce qui était arrivé à celui qui l’avait rejeté à cause de son apparence… Dans ses souvenirs, c’était un gamin qui pleurnichait un peu trop et qui était pénible… Malgré ça, Belphegor l’avait toujours aimé du plus profond de son cœur. Et maintenant, Mistear devait avoir bien changé. Voyons, quelle différence y avait-il entre eux ? Rouvrant les yeux, le prince les plissa légèrement pour mieux réfléchir à cette question. Ca faisait si longtemps… Le visage du cadet avait presque disparu de sa mémoire. L’adolescent avait dut faire d’énormes efforts pour ne pas l’oublier comme le reste de sa famille. La réponse lui vint lentement, six ans. Ou sept. Peut-être plus sept en effet. Donc, cela voulait dire que le gosse pleurnichard avait désormais… Vingt et un ans ? Presque vingt-deux…

Il ressentait quelques regrets. D’avoir demandé l’année où ils se trouvaient. Parce que, en fait, le jeune prince déchu aurait préféré rester dans son illusion froide et glacée plutôt que dans la vérité qui faisait mal à son cœur déjà meurtri tant de fois. Son frère avait dut l’oublier… Un vague souvenir lui revient, un fragment de mémoire brumeux qui ne reflétait que de l’horreur. Le jour… Où sa famille l’avait vu ainsi… En tant que monstre. Cet homme… Son père ? Revenu le lendemain pour l’accusé d’avoir tué celle qu’il aimait… Sa mère ? L’enfant qui fuit et refuse de le regarder parce qu’il a peur… Son frère ?

« Je ne veux pas me souvenir… »

Un simple murmure, prononcé à mi-voix tandis que son visage se détendait un peu, ses traits cessant d’être marqués par ses émotions sombres. Le jeune garçon posa son regard grisâtre sur ses mains et les observa quelques secondes. Elles allaient bien. Pas de cicatrices, pas de marques confectionnées par des aiguilles… Tout était parfait. C’était comme si rien n’était arrivé. Cependant, les souvenirs du prince restaient vrais, malheureusement. Mais, à ce moment précis, son attention fut attiré par une gamine qui le fixait de ses grands yeux… Trop grands presque. Belphegor n’avait jamais aimé les enfants, en tout cas, pas depuis qu’il avait passé douze ans prisonnier de son école… Ils étaient si bruyants… Et puis… Trop… Vivants. Ouais, c’était ça. C’est peut-être pour ça qu’il en avait fait passer un par une fenêtre un jour ? Enfin, c’était juste pour s’amuser… Et puis, le gamin avait atterrit dans un buisson donc plus de peur que de mal. Comble de l’histoire, Belphegor avait rit au nez du professeur qui lui avait hurlé dessus avant de repartir, comme si de rien n’était, les cris du gamin qui s’était cassé une jambe couvrant le bruit de ses pas.

En tout cas, la petite préfète ne changeait vraiment pas… Toujours cette bonne vieille habitude de s’attirer des problèmes absolument étranges et hors-normes. Il aurait presque rit d’elle mais le fait était qu’il trouvait pas ça si drôle… Plus… Pénible en fait. Affichant cependant un de ses sublimes sourires à faire peur au pire des monstres, Belphegor croisa ses mains derrière sa tête et détailla la petite de haut en bas. En un sens, elle avait toujours l’air aussi étrange donc ça changeait pas grand-chose.

« La gourmandiiiise est un viiilaiiin défaut ! »

Encore ce ton qu’il avait prit l’habitude de faire. Même si c’était un peu douloureux à présent. En effet, sa gorge ne semblait pas tellement apprécier ce jeu puisqu’elle commençait déjà à lui faire mal. Seulement légèrement, mais tout de même. On ne joue pas avec un corps redevenu humain uniquement depuis quelques heures tout de même. En plus, l’adolescent trouvait que ce qui arrivait à la demoiselle était parfaitement juste. Après tout, elle subissait seulement une punition méritée pour ce qui lui arrivait. De toute manière, les gamins lui tapaient sur les nerfs d’une force pas possible. C’est sans doute pour ça qu’il décroisa les bras, se pencha un peu et la poussa. Pas très fort, mais suffisamment pour qu’elle tombe en arrière tout de même. Pourquoi ? Aucune idée. Il avait eu envie c’est tout. Belphegor était comme ça… Un brin cruel. Etre froid ne pensant qu’à sa petite personne en général et qui se fichait pas mal du sort des autres. Personne ne pouvait le changer. Et ça lui allait parfaitement.

« Je n’aiiime pas du tout les gamiiiins ! »

Continuant d’afficher son sourire effrayant, l’adolescent retourna s’asseoir sur son banc, posant un de ses pieds sur le rebord pour ramener sa jambe contre lui et poser sa tête sur son genou. Le tout assez rapidement. Jetant un regard à la petite fille, le prince songea que pâques était une fête qui était vraiment à double-tranchant. D’un côté, chouette pour lui, il était redevenu humain, de l’autre, une préfète timbrée était redevenue une enfant. Un léger soupir passa les lèvres du jeune garçon tandis que son regard se posait sur les restes de l’œuf maudit. La journée allait être longue. Beaucoup trop par ailleurs.
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Mallaury Sansouci
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MessageSujet: Re: Hi hi hi ~ [ Mallaury ]   Jeu 5 Juin - 15:43

Elle sentait quelque chose de bizarre au bout de ses orteils. Une sensation étrange et plutôt désagréable mais qu'elle ne parvenait pas vraiment à identifier ni à saisir dans son entier ; c'était flou mais bien là, diffus, ça lui picotait la chair et s'imposait sur et dans son corps, entre sa peau et le tissu, sa peau et son corps, dans les os ... Comme un vent invisible, inaudible, imperceptible qui se serait glissé juste entre elle et son existence pour installer là une distance - un creux et un trop plein à la fois. C'était vraiment, vraiment bizarre. Dressée sur ses petites pattes, elle cligna des yeux et observa le Prince en face d'elle qui la regardait d'une manière assez étrange. Qui la regardait de haut. C'est qu'il avait grandi en effet dans un temps incroyablement court pour la dépasser à présent à ce point alors que quelques instants plus tôt, il n'y avait que quelques misérables centimètres entre eux - et avec son habitude de toujours se dresser sur la pointe des pieds, elle arrivait à sa hauteur. Maintenant, elle avait beau tenter de se dresser, tirer, tirer sur ses petits petons, rien n'y faisait. Il la toisait toujours autant.

    « La gourmandiiiise est un viiilaiiin défaut ! »

Un petit nez tout rose se plissa violemment. Parmi la liste sans fin des choses que Mallaury ne supportait pas, et dans la section bien garnie des reproches relativement justifiés, apparaissait clairement la mention "Tout ce qui touche à la nourriture, gourmandise et goûts gastronomiques" ; on ne disait pas à la Grande Préfète qu'elle était qu'elle était gourmande, on le sous-entendait encore moins, et, surtout, on ne disait jamais que c'était un défaut, un vilain défaut - expression atroce probablement inventée par des êtres rachitiques et sans goût, incapable d'apprécier la profusion comme il se devait et par conséquent se sentant obligés de la blâmer, elle et tous ses adeptes ... Blasphème ! Heureusement que ce n'était personne d'autre que le Prince qui avait eu l'audace de ricaner ainsi, sans quoi il ne serait déjà plus de ce monde ; mais comme c'était le Prince, Mad Mallo fit exception à la règle et tenta d'ignorer vaguement l'impertinence de cette réplique. Comme la mention de gourmandise la ramenait au chocolat, elle reporta un moment son attention sur l'œuf qu'elle tenait toujours à la main. En partie brisé sur le dessus, celui-ci demeurait néanmoins toujours aussi beau et appétissant, avec cette volupté qui dansait gaiement dans le noir de sa coquille, cacao intense et langoureux. Mais ... Rêvait-elle encore ou y en avait-il plus que tout à l'heure ? Voilà qu'il lui semblait que l'œuf, lui aussi, venait de grandir.

    "Oui, oui, grandi, je crois !" siffla-t-elle doucement, comme pour elle-même et pour Sardine, bien qu'elle continuât à parler anglais. "Héhé, ça ça veut dire : plus de chocolat, plus à manger ..."

Et sans plus attendre, parce que ces pensées venaient de lui redonner faim et que l'arôme subtile du cacao lui faisait oublier tout ce qui ne se rapportait pas immédiatement à sa langue et son ventre, elle cassa à nouveau quelques petits bouts d'œuf avant de se les engouffrer goulument dans le trou béant et insondable qui lui tenait office de bouche. Mais alors que ses papilles s'activaient sauvagement pour ne pas laisser échapper le moindre grain de goût, elle manqua s'étouffer : Belphegor venait de la pousser, et comme d'une part elle ne s'y attendait pas et que d'autre part ses conditions physiques semblaient avoir étrangement diminué après avoir ingurgité ce chocolat maudit, elle ne put rien faire pour parer l'attaque et fini par chuter misérablement en arrière. Ce ne fut pas très violent, mais elle atterrit le cul par terre, dans l'herbe fraîche et humide, et son œuf lui échappa des mains pour finir de se briser sur le sol sale et gorgé des pas piétinants des élèves.

    « Je n’aiiime pas du tout les gamiiiins ! »

Et là quelque chose d'extrêmement inattendu se passa, même pour la concernée : un besoin soudain se manifesta, absolument impossible à maîtriser, et s'imposa sur le cœur chétif de la demoiselle pourtant si dure et si maîtresse d'elle-même, mais qui cette fois ne parvint pas à se retenir : son nez frissonna, ses yeux papillonnèrent, ses lèvres se tordirent alors que sa bouche s'entrouvrait ... et elle fondit en larmes. Voilà qui offrait un spectacle peu courant : si on avait dit à qui que ce soit dans cet établissement qu'il pourrait un jour avoir l'opportunité de voir Mad Mallo pleurer, geindre et renifler, assise par terre dans une position peu confortable, tout entortillée dans ses robes et ses propres membres, il aurait probablement sauté par la fenêtre dans les secondes à venir. C'est vrai que les cris stridents que poussait la présente gamine n'étaient pas des plus agréables à entendre, et il était à parier que si un vitrail ou un verre s'était trouvé à proximité, il aurait sans attendre cédé à la trop forte pression de cette petite voix criarde et aurait explosé en quelques milliards de morceaux. Le beuglement de bambin capricieux, quoique d'une intensité admirable, se calma néanmoins au bout de quelques secondes, quand la Mallaury "normale" qui avait été aspirée dans ce corps d'enfant aux réflexes primordiaux revint à elle. Les yeux écarquillés, elle tentait en vain de comprendre ce qui pouvait bien se passer en ce moment dans son esprit déjà assez complexe et déluré habituellement, ce qui pouvait bien avoir laissé à sa gorge suffisamment d'autonomie pour se mettre à couiner toute seule. Mais alors qu'elle levait des yeux en feu vers un certain Belphichou, lequel s'était allé réfugier sur un banc, elle eut une soudaine illumination ; l'instant d'après, elle était collée à sa jambe, ayant ramené tant bien que mal ses frustres envahissantes pour trottiner vers lui.

    "Belphichouuuu !" minauda-t-elle, ses grands yeux noisette dévisageant l'ancien monstre. "Je crois bien qu'en fait, c'est peut-être moi qui ai rapettissséééé ! Hihihihiiii !"

Le tout sans cesser de câliner la jambe.

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